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Festival interceltique de Lorient, interview de Lisardo Lombardia, breton des Asturies et d’ailleurs

Depuis 2008, Lisardo Lombardia est le directeur du Festival Interceltique de Lorient dont la 43e édition du 02 au 11 août est consacrée aux Asturies, sa patrie d’origine. Sinead O’Connor, Nolwenn Leroy, Hevia, Clannad, Capercaillie, Imelda May, mais également le groupe corse I Muvrini seront cette année à l’affiche du plus grand rassemblement des cultures celtiques. Rencontre avec le chef d’orchestre de cet événement hors norme qui rassemble chaque année plus de 700 000 festivaliers…

Propos recueillis par David Raynal



Festival interceltique de Lorient, Stade de Moustoir (photo Michel Renac)
Festival interceltique de Lorient, Stade de Moustoir (photo Michel Renac)
Quel est votre parcours au sein de la culture celtique ?  

Lisardo Lombardia : Je suis impliqué dans l’étude et la défense de la culture celtique depuis la fin des années 70. A l’époque j’étais étudiant en médecine et déjà très intéressé par la culture de mon pays, les Asturies. La première fois que je suis venu en Bretagne, c’était en 1997 en tant qu’étudiant en psychiatrie et j’ai tout de suite été frappé par l’énorme ressemblance entre les cultures bretonnes et asturiennes. Les années suivantes, je suis retourné en Bretagne, en Ecosse et en Irlande pour faire des voyages d’études. En 1983, j’ai commencé à organiser le  festival des Nuits Celtiques d’Oviedo, la capitale des Asturies. Au total, j’ai produit environ 150 disques de musique asturienne et je me suis lancé dans l’organisation de beaucoup de festivals autour de la musique celtique dans lesquels la Bretagne a toujours eu un rôle majeur en raison de notre grande proximité culturelle.


Le directeur du Festival interceltique de Lorient, Lisardo Lombardia est impliqué dans l’étude et la défense de la culture celtique depuis la fin des années 70. (Photo David Raynal)
Le directeur du Festival interceltique de Lorient, Lisardo Lombardia est impliqué dans l’étude et la défense de la culture celtique depuis la fin des années 70. (Photo David Raynal)
Qu’est-ce que vous avez gardé et fait évoluer depuis que vous gérez le Festival Interceltique de Lorient ?

L.L : Comme du temps de mon prédécesseur et ami Jean-Pierre Pichard, nous avons toujours à cœur de mettre chaque année un pays à l’honneur.  J’ai maintenu la structure globale du festival tout en préservant un point d’équilibre entre les pays du Nord de l’Atlantique et les autres pays celtiques, Asturies, Galice ou possédant des communautés celtes, Canada, Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande. J’ai également tissé des liens avec les communautés celtes de certains pays d’Amérique latine mais aussi du Vietnam ou de Guadeloupe. Je pense également avoir renforcé les aspects culturels du festival par le biais d’expositions, de rencontres ou de conférences. L’un des grands tournants a sans doute été la 40ème édition du festival qui a mis à l’honneur la Bretagne et où nous avions construit une exposition en collaboration avec l’Université de Bretagne Sud, l’école des Beaux-arts et la cinémathèque de Lorient. J’ai toujours pensé avec Jean-Pierre Pichard, qu’il fallait développer le festival qui est plus qu’un simple événement musical à l’extérieur, afin d’avoir un ancrage solide dans les territoires.  Par la suite en 2011, nous avons organisé l’année des diasporas celtiques. C’était l’occasion de montrer comment l’émigration d’origine celte a évolué pour devenir un véritable moteur culturel contemporain. Nous devons montrer de quelle manière la culture celtique existe aujourd’hui et comment elle a contribué par le passé à construire de nombreux pays du monde. Je pense par exemple à l’apport des Irlandais aux Etats-Unis, la présence des Bretons partout dans le monde ou la force des communautés asturienne et galicienne en Amérique latine

de gauche à droite : Le maire de Lorient Norbert Métairie entouré par des aborigènes d’Australie,  Un bagad guadeloupéen défile dans les rues de Lorient., Lisardo Lombardia en compagnie du musicien asturien José Angel Hévia. (Photos David Raynal)
de gauche à droite : Le maire de Lorient Norbert Métairie entouré par des aborigènes d’Australie, Un bagad guadeloupéen défile dans les rues de Lorient., Lisardo Lombardia en compagnie du musicien asturien José Angel Hévia. (Photos David Raynal)
Après une baisse de la fréquentation ces deux dernières années et des subventions publiques, le festival est-il selon vous sur la voie du renouveau ?

L.L : Nous avons eu une légère baisse de fréquentation en 2011 et 2012, après le pic des  800 000 visiteurs pour la 40e édition en 2010. Cette baisse était due en grande partie à la crise et à une météo maussade. Nos différentes études montrent que le festival doit effectivement toujours se renouveler tout en se référant à ses racines. Il faut être attentif aux nouvelles générations d’artistes qui arrivent tout en ne tombant pas dans le piège d’une programmation basée exclusivement sur des têtes d’affiches. Mon grand souhait serait de pouvoir ouvrir un jour à l’année sur Lorient une Maison de l’Interceltisme, où l’on pourrait programmer des expositions, des concerts, des manifestations culturelles ou encore déguster dans un cadre approprié et convivial les spécialités culinaires des pays celtes. Nous devons aussi être présents sur tous les gros événements celtiques qui se produisent en dehors de Lorient. C’est le cas lorsque nous organisons des concerts à Cardiff au Pays de Galles ou que nous sommes partenaires de la Celtic Connection de Glasgow.   


La Grande Parade des nations celtes est un moment unique et inoubliable qui réunit 3.500 artistes en costumes traditionnels, danseurs, musiciens, bagadoù, cercles, pipe bands, groupes de danzas et bandas de gaita, venus de tous les pays celtes .(Photos David Raynal)
La Grande Parade des nations celtes est un moment unique et inoubliable qui réunit 3.500 artistes en costumes traditionnels, danseurs, musiciens, bagadoù, cercles, pipe bands, groupes de danzas et bandas de gaita, venus de tous les pays celtes .(Photos David Raynal)
Avec un déficit en 2012 de plus de 300 000 € quelles sont vos solutions pour revenir prochainement à l’équilibre ?

L.L : Aujourd’hui, si nous voulons rétablir durablement les comptes, nous ne pouvons plus maintenir les 60% de taux de gratuité qui existe actuellement sur le festival. Nous avons donc imaginé des solutions alternatives et décidé de prendre des risques mesurés en créant notre propre économie par le biais du mécénat, des partenariats ou d’un catalogue de produits dérivés. Cette année, nous mettons pour la première fois en place un badge de soutien vendu 3 €. Ce badge aux couleurs des Asturies, permettra au festivalier d’afficher publiquement son adhésion aux valeurs du festival. Il donnera également accès à une quarantaine de concerts et d’animations sur différents sites, comme le Port de Pêche pour le final de la Grande Parade, la salle Carnot pour les festou-noz ou le Palais des Congrès pour les Master Class…

de gauche à droite : Capercaillie (photo Liève Boussauw) , Clannad (Photo DR), Nolwenn Leroy (Photo David Raynal)
de gauche à droite : Capercaillie (photo Liève Boussauw) , Clannad (Photo DR), Nolwenn Leroy (Photo David Raynal)
domaines de la culture celte que vous voudriez mettre aujourd’hui en avant ?

L.L : En fait, je voudrais approfondir ce que nous avons déjà. Dans l’esprit du salon littéraire qui existait auparavant, nous avons organisé un espace « Paroles » qui est d’ailleurs de plus en plus suivi. Je suis persuadé que la connaissance de nos racines à travers notamment l’étude de la culture celtique ancienne va nous permettre de créer prochainement les nouveaux moteurs de la création celtique contemporaine.

Après 43 éditions que peut-on encore souhaiter au festival ?

L.L : De revenir à l’équilibre financier dans deux ans. C’est l’objectif que nous voulons atteindre avec toute l’équipe du Festival Interceltique de Lorient pour 2015. Mais pour l’heure, nous pensons déjà à l’année prochaine et à notre invité d’honneur l’Irlande. Un pays qui est à l’image de notre festival, fort dans ses racines et complètement ouvert aux autres… 
D.R.

Affiche du Festival 2013 -   1 et 2  Parade (Photos David Raynal)
Affiche du Festival 2013 - 1 et 2 Parade (Photos David Raynal)
Plus d'infos











43e édition du 02 au 11 août 2013 du
FESTIVAL INTERCELTIQUE DE LORIENT
11, Espace Nayel 56100 Lorient
Tél. +33 (0)2 97 21 24 29
festival@festival-interceltique.com
www.festival-interceltique.com/



Un concept unique et vivant !

Le Festival Interceltique de Lorient est l’un des festivals les plus importants d’Europe. Pendant 10 jours et 10 nuits de fêtes, plus de 700 000 festivaliers se retrouvent chaque été dans le port de Lorient pour « le plus grand rassemblement des cultures celtiques». Festival de recherche, de créations et de rencontres, ouvert sur le monde, le FIL accueille plus de 4500 artistes venus d’Irlande, d’Écosse, du Pays de Galles, de Galice, des Asturies, de l’Ile de Man, d’Australie, du Canada... et de Bretagne !

De gauche à droite : A mi-chemin entre le Pays Basque et la Galice, les Asturies sont une étape du chemin nord de St-Jacques de Compostelle. Les Asturies possèdent une tradition musicale vivante d’une grande richesse. La gaita, cornemuse du pays, est d’ailleurs considérée comme un véritable instrument « national ».(Photos OT Asturies)
De gauche à droite : A mi-chemin entre le Pays Basque et la Galice, les Asturies sont une étape du chemin nord de St-Jacques de Compostelle. Les Asturies possèdent une tradition musicale vivante d’une grande richesse. La gaita, cornemuse du pays, est d’ailleurs considérée comme un véritable instrument « national ».(Photos OT Asturies)
la Celtie du Sud à l’honneur

Situées au Nord de la Péninsule Ibérique, Les Asturies, pays à la fois montagneux et maritime bénéficient d’un climat océanique et d’un paysage verdoyant. Sa géographie, couronnée par la couleur blanche des Pics de l’Europe (2648 m), véritable phare naturel pour les marins, est une succession de vallées, de rivières et de montagnes qui descendent vers une côte alternant falaises et longues plages dorées. Encerclées par des limites naturelles abruptes, on a souvent parlé de « l’insularité asturienne », dont la mer a joué un facteur important de désenclavement depuis l’antiquité, dans le cadre de l’Arc Atlantique européen. Celtisées pendant l’Age de Fer, le nom Asturies est par exemple directement en lien avec le mot celte « stura », rivière (« ster », en breton). Les Asturies possèdent enfin une tradition musicale vivante d’une grande richesse. La gaita, cornemuse du pays, est d’ailleurs considérée comme un véritable instrument « national ».



Festival interceltique de Lorient (photo Jack Fossard)
Festival interceltique de Lorient (photo Jack Fossard)


02/08/2013
David Raynal





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