Reportage

Ibiza, célèbre et méconnue !

Mais non, l’île mythique n’est pas qu’un repaire de fêtards et de soixante-huitards ! Il est vrai que les discothèques sont le passage obligé des DJ du monde entier et que les marchés hippies ont toujours leurs groupies. Mais partout ailleurs, l’île vous réserve les secrets de sa beauté.

Par Catherine Gary



Elvissa, la capitale d’Ibiza perchée sur son rocher fut protégée des pirates par ses remparts, les mieux conservés d’Europe. Les coupoles de San Domingo et la  plaza de Vila, très animée l’été, ajoutent à son charme (crédit photo Catherine Gary)
Elvissa, la capitale d’Ibiza perchée sur son rocher fut protégée des pirates par ses remparts, les mieux conservés d’Europe. Les coupoles de San Domingo et la plaza de Vila, très animée l’été, ajoutent à son charme (crédit photo Catherine Gary)
Elvissa, la capitale, un patrimoine historique très animé l’été !
     

Avant que les hippies et la culture underground n’en fassent un paradis psychédélique, Ibiza fut le refuge des artistes et intellectuels fuyant la dictature de Franco. Quant à son histoire elle remonte  beaucoup plus loin. Autour du VIIè siècle avant Jésus-Christ. Quand les Phéniciens et les Carthaginois, navigateurs infatigables, se posent sur ces terres prospères, Elvissa est l’un des ports de commerce les plus prospères de la Méditerranée. Les sites archéologiques de Sa Caleta et la nécropole de Puig des Molins, très visités par les touristes et inscrits aujourd’hui au Patrimoine mondial, témoignent encore de leur passage sur l’île. Charles-Quint fait plus tard construire l’enceinte fortifiée qui domine la capitale pour en finir avec les invasions de pirates qui ravageaient l’île. Avec leurs 2,3 kilomètres de périmètre, 20 mètres de haut et 3,5 mètres d’épaisseur, ce sont les remparts les mieux conservés d’Europe ! On y grimpe après le pont-levis jusqu’au sommet de Dalt Vila, la ville haute, pour une vue plongeante sur la côte et ses plages, la cathédrale dédiée à la Vierge, les coupoles de l’église Saint Domingo. Avec, au loin, l’île sauvage de Formentera. Pas mal pour un premier contact avec cette île qu’on croit souvent réduite à ses plages !
 

A l’intérieur, on découvre des villages tranquilles comme Puig de Misa ou Santa Eularia del Riu, et En bas vous attend le quartier des restaurants, des terrasses et du marché. (Crédit photo Catherine Gary)
A l’intérieur, on découvre des villages tranquilles comme Puig de Misa ou Santa Eularia del Riu, et En bas vous attend le quartier des restaurants, des terrasses et du marché. (Crédit photo Catherine Gary)
On redescend ensuite à travers le lacis des ruelles, entre de hauts murs blanchis à la chaux sur lesquels dégringolent les bougainvilliers mauves et orangés. Les vieux palais ont gardé leur superbe derrière les balcons en fer forgé.



En bas vous attend le quartier des restaurants, des terrasses et du marché, très fréquentés il est vrai en été. Surtout  l’incontournable succession de boutiques où s’expose depuis des décennies la mode Adlib aux lignes amples et légères, aux cotons brodés ou crochetés, aux robes, blanches souvent, ornées de dentelles… Une mode lancée à l’origine par les hippies et qui perdure comme un symbole de bien être et de liberté. Plus loin, la grande Marina aligne les yachts de la jet set, au repos en hiver, face aux hôtels et aux résidences de luxe, dont l’une des dernières, Las Boas, est l’œuvre de Jean Nouvel. C’est là qu’en été s’agite le monde de la nuit, Ibiza se proclamant “capitale mondiale des discothèques “… Amateurs de calme, fuyez alors le Pacha, l'Amnésia, le Privilège ou le Space 8 qui attirent ce que le monde compte de people voyageurs !

Les plages sont innombrables. Baignées par une eau cristalline, certaines criques sont protégées des projets immobiliers par leurs falaises ou leur difficulté d’accès. Parmi les plus belles : Las Salinas, Cala d’Hort…(Crédit photo Catherine Gary)
Les plages sont innombrables. Baignées par une eau cristalline, certaines criques sont protégées des projets immobiliers par leurs falaises ou leur difficulté d’accès. Parmi les plus belles : Las Salinas, Cala d’Hort…(Crédit photo Catherine Gary)
A l’écart des lieux trop fréquentés, la nature reste à l’état pur !

On vient à Ibiza surtout pour la beauté sauvage de ses criques et son eau turquoise. Sait-on que cette transparence cristalline est due à un écosystème unique au monde, classé au Patrimoine mondial ? L’île possède en effet les prairies de Posidonies océaniques les mieux conservées de la Méditerranée. Une espèce endémique fixée sur les fonds marins qui stocke le carbone atmosphérique, oxygène et régénère le milieu. Ces prairies garantissent également une transparence de la mer jusqu’à cinquante mètres de profondeur, protègent et entretiennent plus de deux cents espèces de la biodiversité locale dont certaines, comme le phoque moine ailleurs menacé ! Heureusement pour la préservation des criques, il existe peu d’accès faciles à la mer en même temps que les falaises empêchent aussi l’exploitation immobilière des côtes les plus sauvages. On se rend donc avec bonheur après un peu de marche sur les plages les plus tranquilles, nombreuses à souhait. Celle de  las Salinas, par exemple, au cœur du parc naturel de l’île. Un sable blanc cerné de pins et de dunes où chantent les cigales avec quelques yachts ou voiliers ancrés dans la baie se balançant mollement… Ou la Cala d’Hort, une étroite plage qui a gardé elle aussi son caractère sauvage face au fameux rocher d’Es Vedra

Sur les collines et dans les vallées de terre rouge couvertes de forêts de pins, les fincas vivent éparpillées. Les lignes épurées des maisons à toits plats, blanchies à la chaux, auraient inspiré Le Corbusier. (Crédit photo Catherine Gary)
Sur les collines et dans les vallées de terre rouge couvertes de forêts de pins, les fincas vivent éparpillées. Les lignes épurées des maisons à toits plats, blanchies à la chaux, auraient inspiré Le Corbusier. (Crédit photo Catherine Gary)
Sur les collines et dans les vallées de terre rouge couvertes de forêts de pins, les fincas vivent éparpillées. Toits plats, murs chaulés de blanc, ouvertures étroites pour la fraîcheur…



Leurs formes cubiques précédées d’un porche, clôturées de murets envahis de végétation, auraient inspiré Le Corbusier pour leur esthétique fonctionnelle, leur sobriété, et leur adaptation au milieu. Santa Eularia del Rio et son église perchée, une véritable forteresse à la façade plate, nue et immaculée en donne une belle idée. Tout près, à Puig de Misa, on grimpe le long des calades étroites du village perché le plus typique de l’île avec ses maisons blanchies à la chaux.

Les hippies font toujours partie du paysage. Vous les retrouvez les samedis au marché de Las Dahlias : broderies, cuir, bijoux venus de partout…(Crédit photo Catherine Gary)
Les hippies font toujours partie du paysage. Vous les retrouvez les samedis au marché de Las Dahlias : broderies, cuir, bijoux venus de partout…(Crédit photo Catherine Gary)
La tour adossée à l’église du XVIe siècle avertissait alors les habitants de l’arrivée des pirates, mais les temps ont changé…  et il suffit de quelques kilomètres pour s’immerger dans l’ambiance rétro du fameux marché hippie de Las Dalhias, à San Carlos de Peralta. Un incontournable chaque samedi pour tous les curieux et les nostalgiques de ces années  qui ont fait connaître l’île dans le monde entier…

Hôtel Hacienda Na Xamena 5*. Un must absolu au sommet d’une falaise (Crédit Photo Catherine Gary)
Hôtel Hacienda Na Xamena 5*. Un must absolu au sommet d’une falaise (Crédit Photo Catherine Gary)
Pratique :

Se renseigner :
www.spain.info/fr_FR en collaboration avec l’Office Espagnol du Tourisme à Paris et Tourisme d’Ibiza.
Y aller :
Vueling assure les vols Paris-Ibiza, via Barcelone. Prix en fonction des dates.
www.vueling.com
Voir aussi : Easyjet, Air Nostrum/Iberia…

Séjourner :
Hôtel Hacienda Na Xamena 5*. Un must absolu au sommet d’une falaise. Chambres de luxe creusées dans le roc et piscines à débordement descendant en cascade sur la mer ! Pour un déjeuner sinon pour une chambre.
www.hotelhacienda-ibiza.com

Hôtel Insotel Fenicia Prestige 5*. Idéalement situé à Santa Eulalia del Rio face à la mer. Magnifiques jardins, terrasses sur la grande piscine extérieure, Spa de 1 200m2 et restaurant gastronomique réputé.
www.insotelhotelgroup.com/prestige/ibiza/insotel-fenicia-prestige-suites-y-spa





De gauche à droite : Une rue du Centre de la capitale; Gastronomie fine et variée dans laquelle la pêche tient sa place mais aussi les plats traditionnels comme le “arroz a la marinera“, le “bullit de peix“ (bouillabaisse locale) (Crédit photo Catherine Gary)
De gauche à droite : Une rue du Centre de la capitale; Gastronomie fine et variée dans laquelle la pêche tient sa place mais aussi les plats traditionnels comme le “arroz a la marinera“, le “bullit de peix“ (bouillabaisse locale) (Crédit photo Catherine Gary)
Se régaler



Gastronomie fine et variée dans laquelle la pêche tient sa place mais aussi les plats traditionnels comme le “arroz a la marinera“, le “bullit de peix“ (bouillabaisse locale), la “borrida de rajada“ (raie à l’ail et aux amandes parfumées au  safran) ou les “sobrasadas“, (charcuteries typiques d’Ibiza). Nous vous recommandons ces restaurants d’agrotourisme, installés dans des bâtiments traditionnels magnifiquement restaurés :


Agroturimo Can Cureu. Excellente cuisine locale revisitée avec légèreté dans un cadre  naturel de rêve et une cette maison ancienne réhabilitée.
www.cancurreu.com


Can Berri Vell, à Sant Agustí, une petite ville du centre de l’île qui a gardé tout son charme. L’accueil est chaleureux et la cuisine vraiment authentique.
www.canberrivell.com

Yachts et voiliers mouillent à proximité des plages (Crédit photo Catherine Gary)
Yachts et voiliers mouillent à proximité des plages (Crédit photo Catherine Gary)


20/11/2013
Catherine Gary





Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Mardi 25 Juillet 2017 - 19:23 Gien la discrète se découvre au fil de l’eau