Reportage

La géographie dans tous ses états à Saint-Dié-des-Vosges

Si la 27ème édition du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges avait pour thème « Un monde qui va plus vite ? », cet évènement annuel en Déodatie a désormais atteint son rythme de croisière automnal. Retour sur le FIG 2016 avec une fenêtre grande ouverte sur la Belgique…


Par Bertrand Munier



Séance inaugurale d’ouverture du FIG 2016 par David Valence, maire de la cité déodatienne. ©Bertrand Munier
Séance inaugurale d’ouverture du FIG 2016 par David Valence, maire de la cité déodatienne. ©Bertrand Munier

Le salon de la BD a tenu toutes ses promesses. Ce n’est pas Claude Dubois, le père actuel de « Sylvain et Sylvette » qui le démentira. ©Bertrand Munier
Le salon de la BD a tenu toutes ses promesses. Ce n’est pas Claude Dubois, le père actuel de « Sylvain et Sylvette » qui le démentira. ©Bertrand Munier
Le 9ème Art ou la BD… comme grande première !

Les années n’ont pas d’emprise sur le FIG (Festival International de Géographie). Preuve en est, les puristes ou néophytes en géographie ont stationné encore en nombre aux confins des Vosges et de l’Alsace où jadis Saint Déodat fut le premier patron d’un vaste ban montagnard centré sur la haute vallée de la Meurthe.
 
Malgré son succès autant populaire que scientifique jamais démenti, le FIG ne baisse à aucun moment la garde. Remettant chaque année l’ouvrage sur le métier, les organisateurs tentent d’apporter d’importantes nouveautés. En ce mois d’octobre 2016, ils ont mis l’accent sur le FIG junior, un salon de la BD et un chapiteau dédié au pays invité. Des initiatives saluées par des salves d’applaudissements par les milliers de visiteurs venus au pays de Jules Ferry.

Au-delà du parterre de personnalités regroupées autour de David Valence, maire de la cité déodatienne, tous les protagonistes présents ont applaudi des quatre mains comme la déesse Vishnou, ce rendez-vous en terre de nouveautés. Il suffisait de parcourir les coursives des différents salons (géomatique, livre, gastronomie…) pour se rendre compte réellement de la portée mondiale du FIG.

Une grande première au FIG et dans les Vosges  pour Marie-Laure Soriano, professeur d’histoire géographie dans le Gard. ©Bertrand Munier
Une grande première au FIG et dans les Vosges pour Marie-Laure Soriano, professeur d’histoire géographie dans le Gard. ©Bertrand Munier
Effectivement, à l’image de Marie-Laure Soriano, le salon de la BD fleurait bon les souvenirs pour les afficionados des planches à dessins dédiées entre autres à « Sylvain et Sylvette » avec son père actuel, le dessinateur lorrain Claude Dubois, mais également avec la présence de Rémy Waeldin, le tintinophile le plus connu de l’histoire du petit reporter en culottes de golf et à la houppette.

Toutefois, au même titre que le thème du FIG 2016, cette petite touffe de cheveu est synonyme de… vitesse. Rémy Waeldin en convient :

« Quand Hergé  (alias Rémi Georges-R.G)) se lance dans son incroyable aventure de dessinateur scénariste le 10 janvier 1929, Tintin n’affiche pas sa houppette dressée sur le sommet de la tête dans le premier album Tintin au Pays des Soviets. En feuilletant les premières pages de ce livre, le lecteur s’aperçoit que Tintin a les cheveux collés sur le front. Soudain, à la faveur d'un coup de vent, on le voit sauter d’un arbre dans la décapotable de malveillants et démarrer sur les chapeaux de roue. Le vent du démarrage redresse sa mèche, faisant apparaître une houppette qui jamais plus ne s’effacera. »

En définitive, La houppette de Tintin voit donc le jour dans une voiture lancée à pleine vitesse. Tout un symbole… pour être en corrélation avec le thème précis du FIG 2016.

De gauche à droite : Tintin et Milou fleurent bon les souvenirs de BD. ©Bertrand Munier; L’Alsacien Rémi Waeldin est tombé enfant dans l’univers d’Hergé. ©Bertrand Munier
De gauche à droite : Tintin et Milou fleurent bon les souvenirs de BD. ©Bertrand Munier; L’Alsacien Rémi Waeldin est tombé enfant dans l’univers d’Hergé. ©Bertrand Munier
Cette exposition sur Tintin a ravi petits et grands… de 7 à 77 ans. Bien sûr !

Une collection d’une richesse inestimable au sens propre comme au sens figuré. Le regard du visiteur se porte sur les figurines, les tableaux, les objets les plus divers à l’effigie de Tintin mais aussi envers des albums inédits en couleur ainsi qu’en noir et blanc, affichant parfois des cotes avoisinant les 20 000 euros.

L’album « Les 7 Boules de Cristal et le professeur Hippolyte Bergamotte alias Hippolyte Streszincski. ©Bertrand Munier
L’album « Les 7 Boules de Cristal et le professeur Hippolyte Bergamotte alias Hippolyte Streszincski. ©Bertrand Munier
Hergé et son personnage nancéien

Très peu connu des Tintinophiles, il y a cette histoire du littérateur nancéien Hippolyte Streszincski (1893-1955) qui se trouve malgré lui au centre de l’album « Les 7 Boules de Cristal ». Cet ouvrage relate l’histoire des sept membres de l’expédition Sanders-Hardmuth envoyés au Pérou de 1946 à 1948 à la recherche du fameux trésor d’Oscar Capac : « celui qui déchaîne le feu du ciel ». Ces membres sont plongés dans un mystérieux sommeil léthargique. Parmi ceux-ci se trouvent le professeur Hippolyte Bergamotte alias Hippolyte Streszincski.

Né dans une famille polonaise, son père souhaitait que sa descendance reprenne son étude notariale nancéienne. Mais épris de langues étrangères, il est envoyé à l’université de Louvain en Belgique, évitant également les souffrances de la Grande Guerre. Après avoir obtenu la nationalité belge, il se lance dans l’écriture sous le pseudonyme de Bergamotte (avec deux « t »), allusion au bonbon mythique de sa ville natale nancéienne de la confiserie Lefèvre, étant donné que son vrai patronyme était la source de nombreuses fautes d’orthographe. Au sortir de ses années d’études, il devient professeur à l’université libre de Bruxelles, s’attirant toute la sympathie de ses collègues et de ses étudiants. Marié et père de plusieurs enfants, il part ensuite en Amérique du Sud pour une série de communications demandées par l’ambassade de France. C’est outre-Atlantique qu’il ferme ses yeux à jamais lors d’un accident de chemin de fer au Pérou.

En péroraison, Hergé (se serait inspiré de l’existence d’Hippolyte Bergamotte (Hippolyte Streszincski) pour son ouvrage « Les 7 Boules de Cristal » puis pour  « Le Temple du Soleil ».

Les groupes folkloriques belges d’Arlon : les Pierrots, les Sangliers et les Géants. ©Bertrand Munier
Les groupes folkloriques belges d’Arlon : les Pierrots, les Sangliers et les Géants. ©Bertrand Munier
La province d’Arlon en guest star
 
L’un des autres temps forts du FIG 2016 demeure indéniablement la présence d’au moins 200 belges venus de la province d’Arlon avec leurs cohortes de costumes folkloriques chamarrés et dans une cacophonie sonore bon enfant qui sied parfaitement à leur tradition festive. Pour mémoire, faut-il rappeler qu’Arlon fut la marraine de Saint-Dié au lendemain de la destruction de la ville durant la Seconde Guerre mondiale. Une cinquantaine de sinistrés déodatiens trouvèrent refuge en terre arlonaise avant que d’autres compatriotes prennent plus tard le même chemin. Cette amitié franco-belge se matérialisa par un jumelage entre les deux villes en 1961.

Les lumières viennent de s’éteindre sur la 27ème édition du FIG de Saint-Dié-des-Vosges. Vivement la 28ème… en octobre 2017. ©Bertrand Munier
Les lumières viennent de s’éteindre sur la 27ème édition du FIG de Saint-Dié-des-Vosges. Vivement la 28ème… en octobre 2017. ©Bertrand Munier
Pour 2017, le FIG prend la direction de l’Afrique du Sud




La Belgique avait déjà conquis le cœur des Déodatiens mais ces trois jours intenses de festival l’ont renforcé d’avantage. Comme quoi, la géographie même montrée de manière très studieuse… rapproche avec efficience les peuples.


Pour 2017, le FIG prend la direction de l’Afrique du Sud avec pour thème : "Terre des animaux et terres des hommes".

Une destination lointaine mais la 28ème édition… c’est déjà demain !

Bertrand Munier





www.fig.saint-die-des-vosges.fr
fig.saint-die-des-vosges.fr

 



14/10/2016
Bertrand Munier





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