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Suisse : Au pays de la Bénichon, nature et tradition.

La Bénichon, un moment de partage où on offre tout ce qu’on a sur la table, une occasion de célébrer un pays qu’on aime. Voilà comment les Fribourgeois convoquent la tradition pour conforter leur sentiment d’appartenance.

Par André Degon



Vue sur la ville médiévale de Gruyères (Suisse) surplombée de son magnifique château.  © DR.
Vue sur la ville médiévale de Gruyères (Suisse) surplombée de son magnifique château. © DR.


Fête de la Benichon. Cette fête marque la fin des travaux des champs. On parle alors de Bénichon de septembre, c’est aussi le moment de la descente des troupeaux en plaine après avoir passé tout l’été dans les pâtures de montagne : la désalpe, la « Rindyà » après la montée au printemps à l’alpage, la « Poya ».  © André Degon
Fête de la Benichon. Cette fête marque la fin des travaux des champs. On parle alors de Bénichon de septembre, c’est aussi le moment de la descente des troupeaux en plaine après avoir passé tout l’été dans les pâtures de montagne : la désalpe, la « Rindyà » après la montée au printemps à l’alpage, la « Poya ». © André Degon
C’est bien connu, les Suisses aiment bien leur pays. Et on ne badine pas avec la tradition. Dans le canton de Fribourg encore moins. Pour paraphraser un homme politique célèbre, avec la Bénichon c’est du sérieux…

Etonnant ce mot un tantinet vieillot, la Bénichon. On le dirait tout droit sorti du roman de Flaubert, Bouvard et Pécuchet. Et pourtant cette fête populaire, née au XVe siècle est toujours vivante et rythme les moments de la vie durant l’année. A l’origine, il s’agissait d’une fête paroissiale qui correspondait à l’anniversaire de la bénédiction de l’église. Très vite, cette « bénission » est devenue une fête de village, profane où l’on ripaillait, dansait pendant trois jours, du dimanche au mardi. Et comme chaque paroisse avait sa Bénichon, Il y avait des petits malins qui se rendaient de village en village pour en profiter. Et le taux d’absentéisme dans les fermes connut des records. Il fallut donc légiférer : chaque Bénichon se déroulerait le deuxième dimanche de septembre, « auquel jour seulement il sera permis de danser et de se divertir, quoique avec modération, tant sur les places publiques que dans les cabarets et les bouchons et dans les endroits où se vend ordinairement du vin ».

Mais le Fribourgeois est frondeur et l’ordonnance des autorités n’eut qu’un effet restreint. L’on continuait à festoyer dans tous les villages à son gré. Il fallut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que les Bénichons à date fixe soient respectées. Cette fête prend alors une toute autre importance, elle marque la fin des travaux des champs. On parle alors de Bénichon de septembre, c’est aussi le moment de la descente des troupeaux en plaine après avoir passé tout l’été dans les pâtures de montagne : la désalpe, la « Rindyà » après la montée au printemps à l’alpage, la « Poya ».

Ambiance festive lors de la désalpe qui marque la fin des travaux et la paye pour les armaillis. A planfayon, toutes les activités traditionnelles sont présentes : lancer de drapeau, cor des Alpes, orchestre, danses  avec le groupe folklorique, Trachtengruppe de Düdingen, chants Yodl etc...  © André Degon
Ambiance festive lors de la désalpe qui marque la fin des travaux et la paye pour les armaillis. A planfayon, toutes les activités traditionnelles sont présentes : lancer de drapeau, cor des Alpes, orchestre, danses avec le groupe folklorique, Trachtengruppe de Düdingen, chants Yodl etc... © André Degon
Près de mille vaches

Cette année la Grande Bénichon se déroulait près de Fribourg le dernier week-end de septembre à Planfayon, Plaffeien en allemand, puisque le village se trouve dans la partie germanophone du canton.

La fête dans toute sa splendeur, car a lieu en même temps la Rindyà. Près de mille vaches de vingt-et-un troupeaux convergent de tous les alpages de la région vers le village. Devant chaque troupeau, les « armaillis », gardiens des vaches, une canne à la main, coiffés d’un « capet », chapeau de paille, portent le « bredzon » du dimanche, veste brodée d’edelweiss sur le col avec des manches courtes et bouffantes, et en bandoulière le « loyi », sacoche de cuir contenant du sel destiné aux vache et de la graisse à traire. Les femmes sont vêtues du « dzaquillon », la tenue traditionnelle destinée au travail des champs. Derrière, les vaches bichonnées, soigneusement étrillées défilent fièrement, avec leurs bouquets de fleurs sur la tête, et, pour la plupart, de grosses sonnailles attachées à belles courroies cirées autour du cou. Les malles des armaillis, leurs outils et les ustensiles servant à la fabrication du fromage en alpage sont transportés dans un char tiré par un mulet, le « train du chalet ». Ambiance festive puisque la désalpe marque la fin des travaux et la paye pour les armaillis. A planfayon, toutes les activités traditionnelles sont présentes : lancer de drapeau, cor des Alpes, orchestre, danses  avec le groupe folklorique, Trachtengruppe de Düdingen, chants Yodl, marché traditionnel, balançoire et bien sûr la grande tente dressée pour abriter le fameux déjeuner de la Bénichon.

Il y a autant de menus que de familles qui préparent la Bénichon. Mais c’est la même volonté de faire la fête, d’être ensemble et se retrouver pour faire ripaille. © André Degon
Il y a autant de menus que de familles qui préparent la Bénichon. Mais c’est la même volonté de faire la fête, d’être ensemble et se retrouver pour faire ripaille. © André Degon
Le moment des retrouvailles

Le repas de la Bénichon n’est pas pour les chichiteux, c’est le moment des retrouvailles. Il n’est donc pas question de faire maigre ! La tradition de partager un repas à la fin des travaux se traduit donc par une nourriture abondante.

Si des différences de menus existent selon les régions (ragoût de mouton, gigot de mouton, ou abats varient selon les époques et les lieux), certains produits demeurent dans toutes les versions : la cuchaule,  brioche de lait au safran tartinée de moutarde dite de Bénichon, sorte de confiture d’épices aigre-douce composé de vin à base de poire, de farine de moutarde de sucre et d’épices (cannelle, anis, clous de girofle) ; le jambon fumé à la borne (à la cheminée. En Franche-Comté on dirait au tuyé) ; le ragout d’agneau aux poires à Botzi (petites poires A0C fribourgeoises qui poussent en grappes, « botset » en patois) et les fameuses meringues à la crème double de Gruyère ainsi que les bricelets. Sans doute il y a autant de menus que de familles qui préparent la Bénichon. Mais c’est la même volonté de faire la fête, d’être ensemble qui demeure et c’est sans doute le plus important.

La maison du gruyère à Gruyères se visite , on y découvre sa fabrication et on peut même déguster les spécialités de la région dans son restaurant.  © DR
La maison du gruyère à Gruyères se visite , on y découvre sa fabrication et on peut même déguster les spécialités de la région dans son restaurant. © DR

Louis Cotting d'Aeschli revêtu de son bredzon  © André Degon
Louis Cotting d'Aeschli revêtu de son bredzon © André Degon
Le Gruyère AOP

Fabriqué traditionnellement depuis le XIIe siècle dans la région de la ville de Gruyères, ce fromage est fabriqué avec du lait cru provenant de vaches nourries d’herbe l’été et de foin en hiver. Le gruyère d’alpage AOP est fabriqué d’avril à octobre dans une trentaine de chalets. Il faut 400 litres de lait pour une meule de 35 kg. L’affinage dure entre 5 et 18 mois.


A visiter

La maison du Gruyère,
3, place de la gare 
Pringy-Gruyères.
Tel. : 41 (0)26 921 84 00.

 

Photo du haut : Fribourg, La sarine au pied e la ville haute  © André Degon ; En bas : A visiter sans modération le Château de Gruyères (Suisse) surplombant la petite ville médiévale située dans le canton de Vaud  © DR
Photo du haut : Fribourg, La sarine au pied e la ville haute © André Degon ; En bas : A visiter sans modération le Château de Gruyères (Suisse) surplombant la petite ville médiévale située dans le canton de Vaud © DR
A visiter
A Fribourg

La ville basse, ses ruelles, ses charmants bistrots, les nombreuses fontaines en grande partie construites par Hans Geiler au XVIe siècle, les bords de la Sarine avec le pont de Berne, pont couvert du XIIe siècle, les fortifications, exemple de l’architecture militaire suisse du Moyen-Age, l’hôtel de ville de style gothique tardif, la Grand-rue et ses maisons patriciennes, la cathédrale Saint-Nicolas étonnante par sa taille par rapport à la ville.
Le musée d’art et d’histoire, 12 rue de Morat et son annexe l’espace Jean Tinguely – Niki de Saint Phalle, place Notre-Dame ; le musée suisse de la machine à coudre et des objets insolites, rue Saint-Nicolas ; le musée de la marionnette, 2, Derrière-les-jardins (dans la ville basse).



A Gruyères
Le village médiéval classé en 2014 par le magazine L’Illustré plus beau village de Suisse romande.
Le château : en haut de la petite ville, ce château datant du Moyen-Age est, après celui de Chillon, le plus visité de Suisse. Il propose des animations et des expositions temporaires.
Le musée consacré à Hans Ruedi Giger, plasticien, sculpteur designer étonnant pour ses créations fantastiques. Il est à l’origine de la « créature » dans le film Alien. A voir également le café face à l’entrée du musée dont l’intérieur est inspiré du film.
Le musée tibétain sur l’art bouddhique.


A Broc
La chocolaterie Cailler.
Visite guidée très organisée et très prisée des touristes. Lieu incontournable des tour-opérateurs… Pour la boutique et ses nombreuses sortes de chocolats..
www.cailler.ch

1/ La terrasse du restaurant fribourgeois l'Aigle Noir avec vue sur la ville  © DR ; 2/ Façade et entrée de l'Auberge de la Halle à Gruyères (Suisse)  © DR
1/ La terrasse du restaurant fribourgeois l'Aigle Noir avec vue sur la ville © DR ; 2/ Façade et entrée de l'Auberge de la Halle à Gruyères (Suisse) © DR
Où se restaurer

A Fribourg

Le restaurant L' Aigle Noir
10 rue des Alpes.  41 (0)26 322 49 77.
Deux fourchettes au Michelin, 15 au Gault et Millau. Pour le filet de veau avec son jus à la pistache avec risotto et légumes du marché ou bien le mignon de porc au bolet avec joue confite au cidre. Menus de 60 à 140 francs suisses. Petit menu du jour : 26 francs suisses. Après un passage au Grand Hôtel du Parc à Villars-sur-Ollon et au Lausanne Palace, le chef Jean-Marc Rohrbac s’associe avec Roland Blanc, après ses séjours dans différents hôtels au Canada et à la Réunion, dans le but de servir et promouvoir les produits de la région.

 www.aiglenoir.ch



Café du Gothard, 16, rue du Pont-Muré. 41 (0)26 322 32 85.
Si vous n’avez pas dîné une fois au Café du Gothard, vous ne connaissez pas Fribourg. Cette brasserie traditionnelle qui date de la fin du XIXe siècle est un lieu incontournable où se croisent hommes politiques et notables de la ville. On y trouve toutes les spécialités du Pays de Fribourg comme la Bénichon, les roesti Poya (julienne de jambon et poireaux émincés, copeaux de vacherin) ou la saucisse à rôtir sauce oignon avec roesti. On le voit, le chef Charles-André Torche sait soigner ses hôtes… Le plat environ 20 francs suisses.

 
A Gruyères

Auberge de la Halle

24, rue du Bourg (sur la place principale)4.1 (0)26 921 21 78.  
            
Plats 25/30 francs suisses, menus 45 et 65 francs suisses. Sans hésiter : la fondue moitié-moitié (vacherin et gruyère) : rare et onctueuse à souhait et légère.


www.aubergehalle.ch

Fribourg, café du Belvédère au-dessus de La Sarine  © André Degon
Fribourg, café du Belvédère au-dessus de La Sarine © André Degon
Où séjourner à Fribourg

Hôtel-Restaurant Au sauvage, 12, Planche-supérieure. 41(0)26 347 30 60.
Un hôtel de charme au cœur de la vieille ville avec un restaurant gastronomique. Chambres pour deux pers. de 270 francs à 375 francs suisses (grande junior suite).
                                           

Comment se rendre à Fribourg

TGV Lyria dessert Lausanne au départ de Paris avec quatre trains quotidiens. Un train via Genève en Euroduplex les lundis, mardis, mercredis et jeudis.


Prix à partir de 29 euros AS en 2nde classe et 59 euros AS en 1ère classe. Pour connaître la
correspondance pour Fribourg : www.cff.ch
Consultation horaires et prix : www.tgv-lyria.com ,
réservations : www.voyages-sncf.com ou www.tgv-europe.com
                                           

1/ Gruyères, musée de Hans Ruedi Giger. La créature  © André Degon; 2/Gruyères, musée de Hans Ruedi Giger, peinture  © André Degon
1/ Gruyères, musée de Hans Ruedi Giger. La créature © André Degon; 2/Gruyères, musée de Hans Ruedi Giger, peinture © André Degon
Bon plan pour un week-end



Le bon plan pour un week-end dans la région, le « Passeport la Gruyère »,
dès 205 Euros par personne en chambre double comprenant 2 nuits avec petit-déjeuner gruérien (hôtel 3***), une boisson de bienvenue, une soirée fondue et un Pass pour les transports publics sur tout le réseau Frimobil et des visites touristiques d’une valeur de 145 Euros inclus – Château de Gruyère, Musée gruérien à Bulle , Maison du Gruyère et fromagerie de démonstration à Pringy, Maison Cailler - La chocolaterie suisse à Broc, parmi les plus attractives

www.la-gruyere.ch/passeport
                                        



 

Le drapeau suisse et  celui du canton de Fribourg  © André Degon
Le drapeau suisse et celui du canton de Fribourg © André Degon
Pour en savoir plus :








Fribourg Region 
41 (0)26 407 70 20.
www.fribourgregion.ch

Désalpe à Planfayon. Les armaillis portent le costume traditionnel  © André Degon
Désalpe à Planfayon. Les armaillis portent le costume traditionnel © André Degon



25/10/2015
André Degon





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