Gastronomie

« Vosges Terroir » : Un label de la Chambre d’agriculture vosgienne.

Dans les écheveaux du monde agricole moderne, la marque « Vosges Terroir » a su trouver son identité depuis sa création en 1987. Elle agglomère et fait la promotion des produits vosgiens locavore d’excellence aux quatre coins de l’Hexagone. Focus sur un label qui véhicule une image appuyée de son terroir gastronomique, de sa richesse patrimoniale et du savoir-faire de ses producteurs.

Par Bertrand Munier



Une Chambre datant de 1927…

La commission agrément « Vosges Terroir » de mai fut placée sous les auspices de deux chefs de renoms nés dans les Vosges. De gauche à droite : Jacques Hildenbrand (chef à la brasserie nancéienne Excelsior), Éric Gérard (directeur de la brasserie Excelsior), Tatiana Demeester (conseillère agritourisme) et Joseph Viola (chef des bouchons lyonnais Chez Daniel et Denise).  (Photo Bertrand Munier)
La commission agrément « Vosges Terroir » de mai fut placée sous les auspices de deux chefs de renoms nés dans les Vosges. De gauche à droite : Jacques Hildenbrand (chef à la brasserie nancéienne Excelsior), Éric Gérard (directeur de la brasserie Excelsior), Tatiana Demeester (conseillère agritourisme) et Joseph Viola (chef des bouchons lyonnais Chez Daniel et Denise). (Photo Bertrand Munier)
De par sa situation géographique, les Vosges égrènent majestueusement ses sommets arrondis, ses espaces boisés qui s’élancent à l’assaut du ciel… mais également une densité fourmillante d’ondulents ruisseaux, de rivières cristallines, de scintillantes cascades d’eaux…Territoire mâtiné de vert et d’azur, véritable balcon panoramique de la région lorraine, les Vosges s’étendent, se prolongent, de la Plaine à la Montagne !



À l’instant où la nuit s’estompe, les étoiles blêmissent, baissant leurs paupières. Dès lors, le jour commence à poindre. Un filament bleu s’impose au regard comme ligne d’horizon.
 
Cette contrée, située aux confins de l’Alsace, de la Champagne-Ardenne et de la Franche-Comté, offre à ses pèlerins, tout comme à ses habitants, un riche panel d’histoire, de diversité culturelle, d’architecture ou de traditions séculaires. Fier d’un riche passé industriel brassicole, métallurgique, textile… renfermant en son sein un terreau agricole ou forestier incomparable, des sources minérales et thermales très prisées, des massifs montagneux courus des randonneurs, des skieurs et des touristes, les Vosges aiguisent la curiosité, la sympathie… puis l’envie;
 

Entre nature et culture, la richesse de son terroir ne laisse personne indifférent. C’est pourquoi, suite à la loi du 3 janvier 1924, une Chambre d’agriculture a été portée sur les fonts baptismaux dans les Vosges en 1927, puis un label pour les produits locavore départementaux en 1987.


Pour mémoire, les différents présidents de cet organisme furent : le comte Thierry d’Alsace, parlementaire, maire de Frébécourt (1927-1934), André Barbier, vétérinaire, parlementaire, président du Conseil général des Vosges, maire de Darney (1934-1952), Georges Marin, agriculteur à Vomécourt (1952-1960), Maurice Pierson, (1960-1970), Roger Parmentier, agriculteur à Rupt-sur-Moselle (1970-1989), Daniel Gremillet, agriculteur à Deycimont, conseiller régional de Lorraine, parlementaire (1989-2014) et depuis 2014, Jérôme Mathieu, agriculteur à Cornimont, conseiller départemental des Vosges.

… et un label depuis 1987

Jérôme Mathieu (photo de droite), président de la Chambre d’agriculture des Vosges, promeut avec ses collaborateurs les produits de son département au Salon de l’Agriculture à Paris. (Photos Bertrand Munier)
Jérôme Mathieu (photo de droite), président de la Chambre d’agriculture des Vosges, promeut avec ses collaborateurs les produits de son département au Salon de l’Agriculture à Paris. (Photos Bertrand Munier)
Forts de ses atouts naturels, les  Vosges  ont voulu, au sortir des années 1980, développer une activité traditionnelle gastronomique autour de produits certifiés, sains et délectables.

C’est ainsi que la Chambre d’agriculture du département éponyme promut les produits de son territoire dès 1987, émanant des filières animales (lait et produits laitiers, viande bovine, ovine, porcine, volailles, lait de chèvre et de brebis, apiculture, pisciculture…) ou végétales (céréales, légumes, fruits, plantes…)  reconnus ensuite par un signe d’identification  sous le sceau de la qualité et de l’origine. « Vosges Terroir » voyait ainsi le jour ! Un label distinctif avec un graphisme coloré et épuré au fil du temps, où le sapin, les montagnes et le terroir, sont en symbioses totales.

Des comités d’agréments créés en 1994

Le label « Vosges Terroir » certifie des produits de qualités.  (Photos Bertrand Munier)
Le label « Vosges Terroir » certifie des produits de qualités. (Photos Bertrand Munier)
En adéquation avec l’idée de la Chambre d’agriculture, de nombreux producteurs vosgiens fourmillèrent progressivement d’ingéniosité afin de présenter le fruit de leur travail.

Les premiers logos poinçonnés « Vosges Terroir » apparurent dans les échoppes des artisans. « C’étaient une reconnaissance de notre savoir-faire au grand jour avec une médiatisation importante, soulignèrent ces derniers. Avant tout était diffracté. Avec ce label, notre réseau commercial s’est professionnalisé. Qui plus est, nous étions assujettis à un devoir d’excellence grâce à la mise en place de commissions d’agréments. » En effet, pour renforcer la crédibilité du producteur et mettre en exergue son résultat, des comités d’agréments sont installés en 1994. Deux ou trois fois par an, ceux-ci réunissent désormais un panel de restaurateurs, aubergistes, artisans ou de consommateurs lambda, soucieux d’apporter leur écot à leur région agricole.

Diligentée notamment par Tatiana Demeester, conseillère agritourisme, une de ses commissions s’est tenue dernièrement sous les voûtes du lycée hôtelier Notre-Dame Saint-Joseph à Épinal (88) où toute une classe participèrent pleinement à l’accueil des jurés, la préparation et la présentation des produits soumis pour la première fois à l’agrément ou à son renouvellement.
 

De gauche à droite : Jacques Hildenbrand écoute les avis des uns et des autres. Tatiana Demeester, la cheville ouvrière de ces commissions d’agréments. Joseph Viola scrute attentivement le produit présenté.   (Photos Bertrand Munier)
De gauche à droite : Jacques Hildenbrand écoute les avis des uns et des autres. Tatiana Demeester, la cheville ouvrière de ces commissions d’agréments. Joseph Viola scrute attentivement le produit présenté. (Photos Bertrand Munier)
Pour valoriser encore plus le potentiel des producteurs vosgiens, elle fit appel à deux chefs de renoms afin de présider deux séances d’agréments.

Telle la déesse Vishnou, tous les participants présents applaudirent des quatre mains son esprit d’initiative et d’entreprise… à l’image des deux « enfants » du pays : Jacques Hildenbrand aux pianos de la brasserie « Excelsior » à Nancy (54) et Joseph Viola à ceux du bouchon « Chez Daniel et Denise » à Lyon (69).

« Notre démarche n’est pas de faire plaisir à tout prix aux producteurs vosgiens, commente Tatiana Demeester, mais d’être honnête envers eux et leur travail. Une commission se compose d’environ 50 jurés très représentatifs de notre société de consommation. Au final, le produit agréé est largement diffusé via notre réseau de communication, et ce, bien au-delà des frontières vosgiennes. Notre Chambre organise et participe à de nombreux évènements, tels que le Salon de l’Agriculture à Paris, Trail des Terroirs, Salon de la Gourmandise… sans compter les guides « Produits de la ferme et des terroirs » ainsi que « Séjours et détours à la ferme » diffusés en milliers d’exemplaires. »

Des jurés plongés au cœur de leur sens !

Enfin, la dégustation à l’aveugle aiguise la curiosité des participants, emportés par un tel principe de jugement. (Photos Bertrand Munier)
Enfin, la dégustation à l’aveugle aiguise la curiosité des participants, emportés par un tel principe de jugement. (Photos Bertrand Munier)
Le jour venu, les jurés reçoivent des grilles de notations pour évaluer les produits sélectionnés et présentés anonymement. « C’est l’un des principes fondamentaux de cette commission  pour renforcer la crédibilité du jugement final », assure Anne-Marie Vieu, directrice de la Chambre.

Tout au  long de la matinée, avec discernement, occasionnellement avec perplexité, mais avec une extrême rectitude d’analyse, les jurés scrutent, hument, dégustent… parfois dans un silence monacale, avant de débattre librement sur leurs différentes observations car le panel de produits à noter est vaste et varié : vins, bières, escargots au court-bouillon, yaourts de brebis, pâté ou fuseau lorrain, gandoyau, tome de montagne, sirop de lavande, safran en pistil, gelée d’ortie, saucisson à l’ail des ours, bonbons gélifiés…

En cas de litige, le chef de renom donne son veto ou son acquiescement. Le produit doit obtenir au moins 13 de moyenne pour être agréer. En sus, des distinctions peuvent être attribuées aux produits phares, caractérisés par un, deux ou trois cœurs. Enfin, la dégustation à l’aveugle aiguise la curiosité des participants avant d’être emporté par un tel principe de jugement. Unanimement, les jurés exhortent Tatiana Demeester à poursuivre cette expérience très ludique.

En péroraison, les produits estampillés « Vosges Terroir » sont un gage de qualité, d’authenticité, et du savoir-faire de tout un pan professionnel vosgien.

Plus d'infos

De gauche à droite :  Les viandes fumées sont typiques de la gastronomie vosgienne. (Photo Bertrand Munier); Logo "Vosges Terroir)
De gauche à droite : Les viandes fumées sont typiques de la gastronomie vosgienne. (Photo Bertrand Munier); Logo "Vosges Terroir)






Chambre d’Agriculture des Vosges
« Vosges Terroir »
17 rue André Vitu
88026 Épinal Cedex
Tél : 03 29 29 23 23

Mél : contact@vosges.chambagri.fr
Site internet : www.cda-vosges.fr
 

Magnifique paysage vosgien où sur les vastes étendues verdoyantes paissent,tranquilles, les vaches du terroir. (Crédit photo DR)
Magnifique paysage vosgien où sur les vastes étendues verdoyantes paissent,tranquilles, les vaches du terroir. (Crédit photo DR)


05/06/2015
Bertrand Munier





Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 23 Avril 2017 - 18:48 La cuisine corsaire d’Emmanuel Tessier