Culture

Barcelone, capitale espagnole où l'art conjugue sans complexe créativité, audace et patrimoine

Son quartier gothique en contrepoint de la Sagrada Familia de Gaudi ; ses chefs d’œuvre d’art médiéval à deux pas de la fondation de Miro… et, dans les parages, les ombres tutélaires de Picasso et de Dali. La capitale la plus contemporaine d’Espagne n’en finit pas d’afficher sa créativité et ses audaces sur fond d’un patrimoine ancien exceptionnel.

Reportage et photos Catherine Gary



Une architecture omniprésente de Gaudi
Une architecture omniprésente de Gaudi
En longeant les Ramblas, (la large rue piétonne qui grimpe à la verticale du port vers le centre), vous traversez les anciens quartiers jusqu’à la ville effervescente des affaires et du commerce. Et vous constatez vite que, des ruelles médiévales aux avenues de style moderniste, il n’y a qu’un pas. C’est cette symbiose harmonieuse des époques qui fait de Barcelone une capitale unique. Ancienne et contemporaine à la fois, voilà quelle est son identité très marquée et cet attrait particulier qu’on ne trouve pas dans les autres villes d’Espagne. De l’esthétique avant toutes choses semblent dire les façades qui se succèdent sur les larges avenues ou les ruelles plus anciennes. Mais attention, il faut prendre le temps de la découverte - la ville est grande et propice aux balades - et ne pas oublier de lever la tête pour surprendre les mille détails qui marquent le passage des plus grands architectes.

MNAC sur la colline de Montjuic
MNAC sur la colline de Montjuic

Sur les hauteurs, l’éclectisme s’affiche

Commencez par la colline de Montjuïc. Pas plus de 173 mètres de hauteur, mais la vue sur la ville qui descend vers le port est éloquente. C’est là aussi que commence la pérégrination à travers la haute culture catalane et ses surprenants contrastes. Le MNAC (Musée National d’Art Catalan) vous ouvre les portes de son édifice monumental construit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1929. Les collections de peintures romanes et gothiques n’y ont rien à envier aux écoles flamandes ou italiennes. Et c’est vraiment une surprise de taille ! Imaginez des voûtes d’églises des 12è et 13è siècles reconstituées grandeur nature pour accueillir les fresques recueillies pour leur préservation dans les églises de la région. En particulier celles des églises du Val de Boi, inscrites au Patrimoine mondial par l’Unesco. Viennent ensuite les riches retables des 13è au 15è siècles dont la fameuse Vierge des Consellers, une merveille de grâce et de spiritualité.
Sans transition, à quelques minutes, dirigez-vous vers la Fondation Joan Miro, une des figures de proue de l’avant-gardisme européen du 20è siècle. Ici, le foisonnement fait place à l’épure et à l’abstraction, dans une recherche de la couleur, du symbole où se mêlent tantôt la gaieté tantôt le dramatique. Mais toujours, l’ambiance demeure onirique et poétique. « Que mon œuvre soit comme un poème musical composé par un peintre », disait Miro. Avec ses formes suspendues dans l’espace, il souhaite «… se libérer de la gravitation » Toutes les techniques sont présentes dans cette collection des œuvres de l’artiste, la plus importante existant aujourd’hui : 200 peintures, 200 sculptures, 6 000 dessins, esquisses et notes, tapisseries… Le bâtiment est à lui seul un bel exemple du rationalisme méditerranéen, favorisant l’entrée de la lumière et la fusion du paysage et des salles d’exposition…

La Sagrada Familia
La Sagrada Familia
Du Gothique au Modernisme, il n’y a qu’un pas

De retour en ville, le quartier gothique vous plonge dans le labyrinthe de ses ruelles médiévales. Les marchands du temple occupent un peu trop la place de la cathédrale en temps estival. Mais oubliez les touristes et enfoncez-vous dans ce dédale le nez en l’air pour admirer les façades ornées de balcons en fer forgé, les fenêtres géminées et les lourdes portes sculptées. A deux pas, la Plaça Reial d’inspiration française et castillane, aligne ses façades ponctuées d’arcades de façon symétrique autour des touffes de palmiers et de réverbères dessinés par Gaudi. Prenez le temps d’une bière dans l’une des cervecerias de la place avant de vous aventurer dans la rue d’Avinyo dont les bordels inspirèrent les Demoiselles d’Avignon de Picasso. Le maître, libre-penseur, ne faisait pas référence à la cité des Papes comme certains ont bien voulu le croire ou l’espérer… Son musée, dans le quartier, est un incontournable pour découvrir le génie précoce du peintre dès l’âge de 14 ans, ainsi que sa relation avec la ville où il vécut jeune. Quant à Gaudi, il est omniprésent à Barcelone.Sa cathédrale, la Sagrada Familia, et, un peu à l’écart, le Parc Güell ont marqué de leur modernisme l’esprit de la ville. Le Palau Güell, la Casa Mila et la Casa Battlo surprennent toujours autant le passant par l’exubérance de cet Art Nouveau si caractéristique de la capitale catalane, mêlant la céramique, le verre, le fer et la pierre dans une profusion de couleurs chatoyantes. Dans ce même style, le Palau de la Musica Catalana est un autre chef d’œuvre du Modernisme catalan avec ses mosaïques colorées et ses musiciens sculptés qui se penchent sur l’estrade avec leurs instruments traditionnels. On y vient écouter, entre autres, l’Orféo Català qui diffuse la musique populaire de Catalogne depuis 1891…



Musée Dali
Musée Dali
A une heure de route : Figueras pour voir Dali !

C’est dans cette ville que Dali a grandi. Lieu de son enfance et adolescence, il lui a dédié le plus grand ouvrage surréaliste au monde : un musée qui porte la marque de sa méthode “critique-paranoïaque“. « Un gigantesque objet surréaliste, où tout est cohérent et rien n’échappe à mon entendement », prévient-il alors à ceux qui ne voudraient voir là qu’une autre de ses excentricités, un fruit de son imagination extravagante. Sa vision ironique du réel lui valut néanmoins l’exclusion du mouvement par le pape du surréalisme, André Breton, qui ne voyait pas les audaces sous cet angle… Pour ce mystificateur et acteur du réel, installer son musée dans l’ancien théâtre municipal a dû paraître une aubaine. Les espaces sont simplifiés, la scène est couverte d’une immense coupole géodésique en verre et les façades sont décorées d’œufs gigantesques et de choux…A l’intérieur, plus de 1 500 pièces sont exposées. Des peintures mais aussi des dessins, des sculptures, des bijoux, des images stéréoscopiques, des hologrammes, des installations. Dont celle de Mae West composée d’un sofa en forme de lèvres, d’une cheminée en forme de nez et de cadres pour les yeux. Effet bluffant ! Le public, amusé, perplexe et admirateur, raffole de ces lieux très fréquentés.

C.G.

Vierge des Consellers
Vierge des Consellers
Carnet pratique

C’est l’année de la Catalogne en France et, à ce titre, de nombreuses manifestations ont cours.

Pour en savoir plus :

Année de la Catalogne :
www.enviedecatalogne.fr
Agence catalane de Tourisme
3 rue de la Boëtie, 75008 Paris.
Tél: 01 40 46 98 92
www.catalunya.com

Sur place :

l’Articket, 22 euros, permet l’accès aux collections permanentes et temporaires les plus importantes de Barcelone.
Durée 6 mois.
www.barcelonaturisme.cat

Où dormir :

Hôtel Barcelona Catedral.
Idéalement placé dans le quartier gothique, près des Ramblas. Décor design avec piscine, terrasse, restaurant et accès gratuit à internet.
Tél. : 34 93 304 22 55
www.barcelonacatedral.com/fr/

Où bien manger

Facile ici car la cuisine est bonne et raffinée. Un peu chère parfois.
Le Tragaluz.
Dans une belle villa complètement redécorée pour une cuisine méditerranéenne novatrice. Choisissez la mezzanine, très arty et cosy à la fois, ou le bar et ses petits plats moins chers et imaginatifs. Très branché.
Tél. : 34 934 870 621
www.grupotragaluz.com

La Gavina
Belle adresse sur le port avec un assortiment vaste et original de poissons et fruits de mer.
1, Plaça pau Vila
Tél . : 93 221 05 95
www.lagavina.es
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Le Parc Güell de Antony Gaudi(crédit Photo SF.Frossard)
Le Parc Güell de Antony Gaudi(crédit Photo SF.Frossard)


28/09/2011
catherine gary





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