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Ecotourisme : Fontainebleau, une forêt d’exception !

Son histoire, ses écosystèmes, sa proximité avec Paris font de la forêt de Fontainebleau un site remarquable. Pour l’Office national de Forêts (ONF) en charge de la gestion de ce massif, le défi est triple : gérer économiquement ce domaine, le préserver et organiser sa fréquentation aussi importante que celle du Mont-Saint-Michel.

Reportage André Degon



Promeneurs en forêt de Fontainebleau (Crédit Photo DR)
Promeneurs en forêt de Fontainebleau (Crédit Photo DR)
Une des particularités de la forêt de Fontainebleau est d’être située près d’une mégalopole, avec pour conséquence une importante fréquentation.
 

A soixante kilomètres au sud de Paris, entre Brie et Gâtinais, sur 22 000 hectares s’étend le massif forestier de Fontainebleau qui regroupe deux forêts domaniales, les Trois Pignons (anciennement propriété privée) et Fontainebleau proprement dit, que gère l’Office national des forêts (ONF). Une des particularités de la forêt de Fontainebleau est d’être située près d’une mégalopole, avec pour conséquence une importante fréquentation. Indépendamment de la gestion de la forêt proprement dite, l’Onf doit donc prendre en compte sa fréquentation. Le massif est en effet un site emblématique au même titre que la Tour Eiffel ou le Mont-Saint-Michel.

Résultat : sur un budget annuel de gestion de trois millions d’euros, 300 000 euros sont destinés à la propreté et 200 000 euros à l’érosion des sols due essentiellement au piétinement.

la forêt de Fontainebleau obtient en 2013 le label de forêt d’exception

(Crédit Photos O.T.Seine et Marne)
(Crédit Photos O.T.Seine et Marne)
Il faut dire que chaque année, 17 millions de personnes foulent les chemins pédestres et que la forêt est traversée par des routes à grand trafic.

Cette situation unique - Fontainebleau est la seule forêt en France à devoir supporter cette énorme contrainte - engendre pour le personnel de l’ONF une activité complémentaire à celle dévolue traditionnellement à cet organisme : l’accueil du public et la gestion de son impact sur l’environnement. Et visiblement les efforts payent puisque la forêt de Fontainebleau a obtenu en 2013 le label de forêt d’exception. Initié par l’ONF, ce label distingue la mise en place d’une gestion concertée avec les différents acteurs des forêts domaniales reconnues pour leur patrimoine unique concernant la biodiversité, les paysages, l’histoire ou le bois de grande valeur. Fontainebleau est la première forêt de France à être ainsi labellisée. Dix huit forêts sont en attente de ce label.
 
 

On parle donc désormais d’écotourisme.

Centre d'écotourisme de Franchard (Crédit photo David Blondin/CRT Paris -Ile-de-France)
Centre d'écotourisme de Franchard (Crédit photo David Blondin/CRT Paris -Ile-de-France)
Le touriste ou le promeneur, se doit de respecter certaines règles, d’adopter des attitudes respectueuses vis-à-vis de l’environnement dans lequel il se trouve.
 
Pour l’ONF, il s’agit de passer de la sur-fréquentation subie à la fréquentation « choisie ». L’idée de protéger la forêt pour sa survie et pour le bien-être du promeneur, n’est pas une nouveauté. Tout a commencé en … 1861 lorsque, sur la pression des peintres de l’Ecole de Barbizon,  mille hectares fut décrétés « Réserve artistique ». Première mondiale, bien avant la création du Parc national du Yellowstone aux Etats-Unis, un espace naturel venait de bénéficier d’une mesure de conservation de la nature. Offrir aux visiteurs la possibilité de découvrir une forêt unique et en même temps la protéger, tel est le défi auquel les hommes de l’ONF doivent répondre tous les jours. C’est dans cet esprit qu’avec le soutien de la Région Ile-de-France, l’Etat et le Feder, le Conseil général de Seine-et-Marne a créé au cœur de la forêt, à Franchard, non loin des gorges, le Centre d’écotourisme du même nom. Ce lieu est l’un des plus fréquentés depuis le XIe siècle, époque à laquelle fut édifié un ermitage puis un prieuré dont il ne reste plus que les ruines de la chapelle.
Emblématique également puisque c’est là que fut créée en 1948 la première instance écologique internationale, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), avant d’être reconnu par l’Unesco comme réserve de la biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais et classé dans un secteur Natura 2000.

Au départ de Franchard, un grand nombre de chemins de promenades ont été balisés.

(Crédit Photos Valentine Lemoine et Max Bush/ONF)
(Crédit Photos Valentine Lemoine et Max Bush/ONF)
Certains circuits bénéficient de l’application numérique « Forêt de Fontainebleau »  qui permet d’avoir des informations thématiques sur l’environnement (faune et flore).
 
Au total, dans toute la forêt, ce sont plus de 1500 km de chemins, et notamment 400 km de sentiers balisés dont 288 km pour la randonnée ou la promenade, 68 km pour l’activité équestre, 127 km pour l’activité cycliste et 200 circuits d’escalade sur les fameux rochers de Fontainebleau. Non loin de l’arboretum « Arbor et sens » créé en 1973, un sentier balisé praticable pour les handicapés a été créé, pour Les personnes en fauteuil ainsi que pour les aveugles et les malvoyants qui peuvent se guider à l’aide d’un filin qui court de chaque côté du chemin.
 
 
 

Un écosystème exceptionnel

Bruyère en forêt (Crédit Photo DR)
Bruyère en forêt (Crédit Photo DR)
Le grand intérêt de la forêt de Fontainebleau réside dans la diversité de ses écosystèmes, de ses paysages forestiers due à sa végétation, à son climat et à ses sols.
 




On passe ainsi en l’espace de quelques mètres d’un milieu acide à un milieu calcaire, du sable fin au aux chaos gréseux qui font la spécificité de cette forêt, ce sable considéré comme l’un des plus purs au monde, tellement réputé qu’il est utilisé dans la verrerie.

Quant aux chaos gréseux, ils ont jusqu’en 1907 été exploités en carrière pour fournir Paris en pavés. Planté de 40 % de chêne et 60 % de pin, ce patrimoine représente l’espace sylvestre le plus riche par sa flore de toutes les forêts de plaines européennes

Barbizon le lieu de rendez-vous des peintres paysagistes

Le petit village de Barbizon en lisière des bois devint vers la moitié du XIXe siècle le lieu de rendez-vous des peintres paysagistes conquis par le lieu.A gauche l'auberge musée Ganne (Crédit photos DR)
Le petit village de Barbizon en lisière des bois devint vers la moitié du XIXe siècle le lieu de rendez-vous des peintres paysagistes conquis par le lieu.A gauche l'auberge musée Ganne (Crédit photos DR)
Si de grands naturalistes de renom furent attirés par ce réservoir biologique, un grand nombre d’artistes furent également séduits par la beauté de cette forêt. Et le petit village de Barbizon en lisière des bois devint vers la moitié du XIXe siècle le lieu de rendez-vous des peintres paysagistes conquis par le lieu.

 A son ami Georges Gassies qui le questionnait à propos de Barbizon, le peintre Amédée Servin répondait en 1851 : « C’est dans la forêt de Fontainebleau, à l’endroit le plus admirable. On fume des pipes sous les grands chênes et on peint des rochers de toutes les couleurs, tu verras comme c’est beau ! » Au fil des ans une colonie s’installa, l’Ecole de Barbizon naquit ainsi. Jean-Baptiste Corot, Théodore Rousseau, Jean-François Millet… et les impressionnistes Auguste Renoir, Claude Monet, Alfred Sisley… Sur trois cent habitants, cent cinquante étaient des peintres. Au petit matin, alors que les paysans partaient aux champs, les peintres les suivaient dans la plaine ou s’enfonçaient dans la forêt pour étudier « sur le motif » avec, sur le dos, le pinchard (le tabouret pliant), la boîte de couleurs, les tubes de peintures, un frugal casse-croute roulé dans le pochon et deux toiles, une pour le matin et une pour le soir. Le soir, une fois revenus au village, ils se retrouvaient à l’auberge Ganne et dans un joyeux brouhaha, les pichets de vin aidant, ils confrontaient leur travail de la journée avant de monter dans leurs dortoirs. Aujourd’hui, les peintres sont partis, l’auberge Ganne est devenue un musée,  leurs œuvres demeurent ainsi que la forêt de Fontainebleau.
 

A voir :

De haut en bas : L'auberge musée Ganne grand rendez-vous des peintres à la moitié du 19ème siècle. La troisième photo est une fresque  peinte à même le mur en bois de l'auberge (Crédit photos DR)
De haut en bas : L'auberge musée Ganne grand rendez-vous des peintres à la moitié du 19ème siècle. La troisième photo est une fresque peinte à même le mur en bois de l'auberge (Crédit photos DR)
A Barbizon

Musée des peintres de Barbizon
92, Grande Rue. Tél. : 01 60 66 22 27.
Fermé le mardi
www.musee-peintres-barbizon.fr .
L’auberge Ganne fut d’abord une épicerie avant de devenir le refuge des peintres qui découvrirent la forêt de Fontainebleau. Très vite le lieu devint le grand rendez-vous de tous les artistes « en résidence » chez Ganne. Le musée a conservé l’atmosphère de l’auberge. Au rez-de-chaussée, se trouve l’épicerie-cuisine-chambre à coucher de François et Edmée Ganne, les salles à manger avec les meubles peints. A l’étage à côté des chambres-dortoirs, on peut découvrir dans d’autres salles des peintures de Corot, Diaz de la Pena, Millet, Rouseau… A voir également, au 52, Grande Rue, l’atelier de Théodore Rousseau (uniquement pendant les expositions temporaires).
Maison-atelier de Jean-François Millet
27, Grande Rue.
Fermée le mardi (également le mercredi en janvier, février, mars, novembre et décembre).
Tél. : 01 60 66 21 55
www.atelier-millet.fr .
Dans la première salle orientée au nord, l’atelier, restée en l’état, le chevalet est toujours là qui supporta le célèbre tableau l’Angelus. Des toiles de l’Ecole de Barbizon exposées sur les murs retracent l’atmosphère de l’époque.
 En forêt de Fontainebleau :
Centre d’écotourisme de Franchard :
01 60 39 60 58.
Le Centre d’écotourisme de Franchard au cœur de la forêt de Fontainebleau est le point de départ de nombreuses ballades à pied et sorties à vélo. Pour tout ce qui concerne l’écotourisme en forêt de Fontainebleau, Franchard est le centre névralgique. Ouvertures : du 29 mars au 11 novembre les vendredis, samedis et jours fériés

Pour plus d’informations, voir le site :
http://www.tourisme77.fr/ecotourisme/seine-et-marne-ecotourisme.asp . .

Agenda :
les 8, 9 et 22 juin à 11 h. : visites commentées au musée des peintres
Le 22 juin, à 15 h. : à l’occasion de la naissance de Millet, croquis dans la plaine de Bière et lectures de textes.

Pour en savoir plus
Seine et Marne tourisme
tél. : 01 60 39 60 35.
www.tourisme77.fr
http://visit.pariswhatelse.fr/fr/affinities/nature , le site nature du département de Seine-et-Marne.
 

Plus d'infos

Ecotourisme  : Fontainebleau, une forêt d’exception !
Pratique :



Pour les Franciliens, le pass Navigo, qu’il soit mensuel ou annuel, est « dézoné » le week-end du vendredi minuit au dimanche minuit.



Application :

depuis le 15 mars, l’Office national des forêts (ONF) propose une découverte du massif forestier grâce à l’application « Forêt de Fontainebleau » sur Google play et Appstore. Cette application propose textes, audio, photos et vidéos. Grâce à la géolocalisation en 2D et en réalité augmentée, impossible de se perdre. On accède ainsi à la liste des sentiers et à leur cartographie. Il suffit de lancer le circuit pour activer le guidage. Pratique, non ?



Guide de programme de promenades ONF :
http://www.onf.fr/lire_voir_ecouter/++oid++110c/@@display_media.html
 

Vue aérienne de la ville de Fontainebleau, son château et sa forêt d'exception (Crédit photo O.T. Seine et Marne)
Vue aérienne de la ville de Fontainebleau, son château et sa forêt d'exception (Crédit photo O.T. Seine et Marne)


29/05/2014
André Degon





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