Culture

Race, de David Mamet

La pièce arrive en France après l’énorme succès rencontré à Broadway il y a 2 ans.Avec YvonAttal, Sara Martins, Alex Descas et Thibault de Montalembert.
Adaptation et mise en scène Pierre Laville, assisté d'Antoine Courtray.
Décor : Jacques Gabel.



Yvan Attal,  Sara Martins,Alex Decas,Thibault de Montalembert (photo de J.P. Lozouet)
Yvan Attal, Sara Martins,Alex Decas,Thibault de Montalembert (photo de J.P. Lozouet)
En scène, deux avocats, l’un blanc, l’autre noir, et une assistante, noire. La discussion s’annonce animée : faut-il accepter la défense d’un riche blanc accusé de tentative de viol sur  une jeune femme noire ? Ce client arrogant vient de se faire évincer par le plus grand cabinet de la ville et de gros honoraires méritent-ils une affaire qui va réveiller de vieux démons ? On craint les dérapages dans cette Amérique marquée par la question raciale…. Prudence !  Le choix cependant  leur échappe : ils apprennent que le procureur les impose au procès. Jack Lawson (Yvan Attal ) et son associé Henry Brown, (Alex Decas) envisagent donc les éléments possibles de la défense sans grand enthousiasme. Leurs avis divergent, sous le regard de Susan (Sara Martins), l’assistante peu bavarde. Rapport consenti on non ? Histoire d’amour, assure l’accusé, mais pourtant la jupe a été arrachée… L’affaire DSK  n’est pas loin et on y pense inévitablement même si la pièce lui est antérieure. Le sujet ici c’est le mensonge et la vérité : quel est celui qui ment ? « Tout repose sur des mensonges. Lorsque le mensonge est avéré, la pièce est finie. ». C’est ainsi que David Mamet présente sa pièce. Dans cette enquête quasi policière, chaque mot a son importance. Il faut suivre l’avancée des arguments et des rebondissements menés de main de maître. Race parle de malaise racial, voire de discrimination et de justice, sensiblement différents selon qu'on soit noir ou blanc. La surprise vient du renversement des rapports de force auxquels l’Histoire nous a habitués : le blanc devient lui aussi objet de revendication raciale. Le malaise est bien là dans un suspens savamment ménagé jusqu’à la fin.
Yvon Attal revient magistralement sur les planches après 23 ans d’absence et incarne avec talent toutes les ambiguïtés du personnage et du métier accompagné par les non moins talentueux comédiens  Sara Martins, Alex Descas et Thibault de Montalembert.

Catherine Gary
 


Race
Jusqu'au 13 mai 2012

Comédie des Champs-Élysées, Paris.
Réservation : 01 53 23 99 19.


27/02/2012
Catherine Gary





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