Culture

Visite guidée au Musée Georges Clemenceau à Paris 16ème

En cette année dédiée aux anniversaires des deux guerres, une visite à l’appartement où vécu Georges Clemenceau permet de faire un voyage dans le temps et de se replonger dans une époque
passionnante de notre histoire.

Par André Degon



Le célèbre regard de Georges Clemenceau surnommé le "Tigre " (Crédit Photo Fondation Ile de France)
Le célèbre regard de Georges Clemenceau surnommé le "Tigre " (Crédit Photo Fondation Ile de France)
« Je ne veux pas vivre en meublé », ainsi s’exclamait Clemenceau qui aurait pu tout aussi bien habiter les palais de la République lorsqu’il était au gouvernement.

Il emménagea donc en 1895 au 8, rue Benjamin-Franklin dans le seizième arrondissement de Paris, au rez-de-chaussée d’un petit immeuble sans prétention, dans un appartement de cinq pièces sur jardin dont « l’aménagement avait été conçu pour le travail, le repos et le commerce des amis ». La propriétaire Madame Morand sachant le peu de fortune de son illustre locataire tint à ne jamais augmenter son loyer. Elle avait de plus demandé à ses héritiers d’en faire de même après sa mort. Mais le sort en voulu autrement et après la disparition de la brave propriétaire, l’immeuble fut mis en vente en 1926. Clemenceau en fut contrit, se résolvant à l’idée d’aller habiter sa « bicoque » - c’est ainsi qu’il appelait sa petite maison de campagne en Vendée louée en 1919, au lendemain de la signature du traité de paix de la Grande Guerre.

Différentes photos du bureau de Clemenceau.(Crédit S.Ageorges et musée Clemenceau)
Différentes photos du bureau de Clemenceau.(Crédit S.Ageorges et musée Clemenceau)
James Douglas permis à Clemenceau de conserver son appartement


L’immeuble de la rue Franklin fut mis en adjudication. Deux acheteurs se manifestèrent, les pères jésuites de l’école adjacente, Saint-Louis de Gonzague et James Stuart Douglas, un américain, ami et grand admirateur de Clemenceau, propriétaire d’une mine en Arizona et qui donna à sa cité ouvrière le nom du grand homme en témoignage de son estime.

James Douglas remporta les enchères et Clemenceau put poursuivre sa vie dans son appartement jusqu’à sa mort en 1929.


Après sa disparition, une fondation fut créée pour perpétuer son souvenir en conservant intact l’appartement qui devint un musée en 1931 avant que James Stuart Douglas fasse don de l’immeuble à la fondation.

Au premier étage, une « galerie documentaire » expose de nombreux objets, livres, photos, journaux et manuscrits retraçant la vie et l’œuvre du « Tigre ». Mais c’est au rez-de-chaussée dans son appartement où les meubles n’on pas bougé de place, où les velours aux murs sont identiques qu’on se sent au plus proche de l’homme d’état, on attend sa venue...

De gauche à droite : La chambre de Clemenceau; Vue sur le jardin au 8, rue Benjamin-Franklin dans le seizième arrondissement de Paris                                                                            		Crédit : L. Lentignac et musée Clemenceau
De gauche à droite : La chambre de Clemenceau; Vue sur le jardin au 8, rue Benjamin-Franklin dans le seizième arrondissement de Paris Crédit : L. Lentignac et musée Clemenceau
Dans sa chambre, de nombreux souvenirs rapportés de ses fréquents voyages à travers le monde, notamment d’Asie.
 
Pour exemple à gauche de son lit, cette étonnante armoire au style japonisant, travail du célèbre ébéniste Gabriel Viardot réputé pour son éclectisme où la Renaissance le dispute à l’Extrême-Orient. Dans le bureau, la fabuleuse table de travail de Clemenceau en forme de U supportée par huit pieds fait face à la bibliothèque abritant près de cinq mille livres serrés les uns contre les autres jusqu’au plafond. Œuvre de Viardot également, cette table qui serait inspirée d’un bureau situé dans la bibliothèque de l’abbaye Sainte-Geneviève, occupe, devant l’impressionnante cheminée, la plus grande partie de l’espace. Au bout du couloir qui sépare la chambre de la pièce de travail, une terrasse donne accès à un petit jardin avec vue sur le boulevard Delessert et la Tour Eiffel. Sur la gauche, le haut mur mitoyen sépare le jardin de la fameuse école Saint-Louis de Gonzague qui faillit acheter l’immeuble. Heureusement la chance  venue d’Outre-Atlantique en décida autrement. Ainsi chacun peut découvrir, aujourd’hui, l’environnement familier de Clémenceau.

Plus d'infos

Georges Clemenceau dans son bureau de la rue Franklin, septembre 1898 (Crédit photo Dornac - Paris, coll. musée Clemenceau)
Georges Clemenceau dans son bureau de la rue Franklin, septembre 1898 (Crédit photo Dornac - Paris, coll. musée Clemenceau)
Musée Clemenceau,
8, rue Benjamin-Franklin
75116 Paris (métro Passy ou Trocadéro).
Tél. : 01 45 20 53 41.

Ouvertures :
du mardi au samedi de 14h à 17h30.
Fermé en août et jours fériés. Tarif : 6 euros ; 12-25 ans : 3 euros ; moins de 12 ans : gratuité.
Mise à disposition d’un audio-guide en français et en anglais.
 
Et aussi
24 mai et 28 juin : 15 h, visites commentées (10 euros, entrée plus visite guidée)

A voir : http://youtu.be/OmHGVjmDJsE

Du 30 avril au 30 juin :
 Exposition des peintures de l’artiste japonaise Nao Kaneko en hommage à Clemenceau et Monet.
 
Jusqu’au 16 juin :
exposition au musée Guimet « Clemenceau, le Tigre et l’Asie »
6 place d’Iéna, 75116 Paris.
Tél. : 01 56 52 53 00.
Tarif : 7,50 euros ; tari réduit : 5,50 euros.
Tarif billet jumelé Clemenceau, le Tigre et l’Asie et musée Clemenceau : 9,50 euros ; tarif réduit : 7 euros.
 

La table de travail dans la chambre de Clemenceau dans son appartement du seizième arrondissement à Paris devenu aujourd'hui un musée  (Crédit photo : S. Ageorges et musée Clemenceau AD)
La table de travail dans la chambre de Clemenceau dans son appartement du seizième arrondissement à Paris devenu aujourd'hui un musée (Crédit photo : S. Ageorges et musée Clemenceau AD)


08/05/2014
André Degon





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