Culture

Exposition : Le Kerala en toile de fond

C’est dans le sud-ouest de la péninsule indienne, que Florence Labord a puisé son énergie créatrice. Ses tableaux mettent en valeur de façon moderne des traditions séculaires, où se retrouvent la richesse de la peinture murale du Kerala et la pureté des pigments du Rajasthan.

Reportage Patrick Cros



Florence Labord (Photo Patrick Cros)
Florence Labord (Photo Patrick Cros)
Le souffle chaud aux parfums étranges, balaie le cœur historique de la ville, dans le quartier de Fort Cochin, sur la presqu'île de Mattancheri. Tout est là pour inspirer : les couleurs, les bruits, les odeurs, l’animation de cette région du sud-ouest de la péninsule indienne. « La découverte du Kerala a été un véritable choc », se souvient Florence Labord. L’imaginaire, la culture, l’histoire, l’art et les traditions sont ici étroitement liés à l’eau.  Pas moins d’une quarantaine de fleuves prennent leur source dans les Ghats occidentaux, une chaîne de montagne d'environ 1 600 km de long qui se déroule le long de la mer d'Oman,  et se  jettent dans l’océan Indien. « Ces cours d’eau émaillés de lacs, de canaux et d'estuaires forment la magie de ce que l'on appelle les backwaters », explique l’artiste montpelliéraine. Autrefois dédiés au transport d'épices, ils permettent aujourd'hui « le transport d'indolentes rêveries touristiques sur des péniches aux toits de chaumes qui glissent sur l'eau, source infinie d'inspiration artistique ». En s’arrêtant dans les villes, on peut découvrir les temples, lieux de culte et de culture,  « et admirer des acteurs de Kathakali, ce théâtre hautement stylisé qui se représente sous forme de drame dansé ». Les personnages, aux maquillages élaborés et aux costumes raffinés reconstituent des épisodes tirés des épopées hindoues, le Mahâbhârata, le Rāmāyana et de la vie de Krishna. Les formes et les couleurs du maquillage sont toutes codées, selon l'interprétation du personnage représenté sur scène : prince vertueux, personnage démoniaque, sexe, hiérarchie et qualité.
 

Artistes du Kerala Kathakali (photos Slenglart)
Artistes du Kerala Kathakali (photos Slenglart)
Une rencontre déterminante
 

« Ma rencontre avec les artiste du Kerala Kathakali Centre (Kathakali Mandapam), à Fort Cochin, fut déterminante, se souvient Florence Labord. En effet, les maquillages, très complexes,  demandent plusieurs heures de travail avant la représentation, et sont souvent assurés par les artistes eux-mêmes quand ils en ont les compétences. Comme je m'initiais aux tablas (les percussions sont largement  utilisée dans le Kathakali), j'ai pu me lier d'amitié avec la troupe  et revenir de nombreuses fois en fin de spectacle. Un des acteurs m'a fait découvrir que les maquillages très complexes sont réalisés à partir de pâtes de riz, et de pigments très pur qui servent aux techniques de peintures murales ». Les fresques "frecco secco" sont l’un des autres trésors du Kerala. Elles sont réalisées sur des murs secs dans un milieu de chaux. Les fresques du palais de Mattancherry relatent ainsi des épisodes des légendes locale.« C'est ainsi qu'est née mon inspiration pour peindre les paysages et divinités indiennes, avec les pigments et les couleurs primaires traditionnellement utilisées entre le IXème et le XIIème siècle : ocre jaune, ocre rouge, blanc, vert, vert bleuâtre et pur, explique Florence Labord En rentrant en France, mes rencontres avec des artistes aussi variés que Jacques Fourcadier, Gisèle Cahizac et Jean Leccia, m’ont apporté une inspiration originale, mixant des sujets traditionnels indiens avec un regard plus  occidental dans leur variation et dans leur composition picturale ».


Portrait, backwater, scène de la vie quotidienne à Fort Cochin
Portrait, backwater, scène de la vie quotidienne à Fort Cochin
C'est ainsi que Ganesh se perd dans une jungle végétale, qu'un rat mécanique, symbole de la passion maitrisée, se retrouve au pied d'un bébé Bouddha  assis sur les fesses, ou qu'un papillon volette au coté de Sarasvati, des lacets dans les ailes.
La démarche conduit aujourd’hui Florence à présenter son travail. Une exposition est prévue pendant 3 semaines au quartier Sainte Anne à Montpellier.. (blabla bar, 4 rue Candolle un vernissage le vendredi 1er juin  2012 à 19h30). « Après une première exposition à l'abbaye de Montpeyroux, mes rencontres avec d'autres artistes comme Jacques Fourcadier et Gisèle Cahizac va me permettre, je l'espère, de continuer  à échanger, donc de  progresser.... ».

P.C.


Oeuvres de Florence Labord (Photos Patrick Cros)
Oeuvres de Florence Labord (Photos Patrick Cros)
Exposition prévue en juin au quartier Sainte Anne à Montpellier




Vernissage :  vendredi 1er juin  2012 à 19h30

BLABLA BAR
4 rue Candolle 
MONTPELLIER(France)




Contact :  flo.painting@gmail.com

 

Kerala :  la Côte (photo Florence Labord)
Kerala : la Côte (photo Florence Labord)


12/04/2012
Patrick Cros





Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 14 Décembre 2017 - 16:52 A livre ouvert avec Jean Picollec