Culture

Expositions : La Hollande célèbre son Siècle d’Or

Cette année la Hollande célèbre ses grands maîtres avec les expositions « Rubens, Van Dyck et Jordaens » jusqu’au 16 mars 2012 au musée de l'Hermitage d'Amsterdam et « Les Maîtres modernes viennent en visite » au Musée Mauritshuis de La Haye, jusqu’au 11 décembre. A ne pas rater celles de « Bloemaert » à Utrecht jusqu’au 5 février 2012 et du " Siècle d’or fait la fête » jusqu’au 6 mai 2012 au Frans Hals Museum à Haarlem. L’occasion exceptionnelle de découvrir le temps d’un week-end la richesse artistique de cette époque et de flâner le long des canaux de ces villes tranquilles.

Par Catherine Gary




"Joyeuse Fête" de Vinckboons
Le Siècle d’Or fait la fête au musée Frans Hals de Haarlem

Dès l’entrée, les toiles exubérantes vous entraînent dans une succession de fêtes de village et de banquets. Les gens festoient, rient, dansent, chantent, titubent parfois sous l’effet euphorisant d’abondantes victuailles et de vin généreusement versé. Nappes dressées à même les prés ou maisons de maîtres, robes fastueuses ou simples tabliers, joyeux bourgeois ou humbles paysans, tous à l’évidence aiment festoyer. Une soixantaine de tableaux s’offrent au visiteur. Noces rustiques, carnavals, bals, processions, kermesses, fêtes au village, réunions animées ou célébrations religieuses…

"Joyeuse compagnie" de Dirck Hals
Les peintres s’inspirent des scènes de la vie quotidienne
 
Les peintres répondent à leurs commanditaires en fixant sur la toile le reflet de ces moments privilégiés. Chez Jan Steen par exemple où les fêtes de village mêlent les classes sociales dans une joie partagée. On n’est jamais loin du grotesque, parfois même du scabreux comme cet homme qui se soulage dans le tableau La Fête à Warmond. Des fêtes plus galantes pour David Vinckboons où se mêle au raffinement de la danse l’ivresse d’un homme couché au sol (Elégante compagnie dans un jardin d’ornement). On retiendra bien sûr les portraits majestueux de Frans Hals (Banquet des Officiers de la Garde civile) et ceux, plus respectueux, de Jan Steen se moquant sans doute de l’emphase des Rhétoriciens à la fenêtre.
 

" l'Adoration des Mages" de Bloemaert
 L’effet Bloemaert au Central Museum d’Utrecht


Moins connu que les grands maîtres de l’âge d’or comme Rembrandt, Vermeer, Rubens, Van Dick, Frans Hals ou Jordaens, Bloemaert mérite vraiment le déplacement.. Pas moins de 47 peintures et 48 œuvres sur papier, présentées de façon à décrypter le cheminement de l’artiste depuis ses dessins très travaillés jusqu’à ses toiles. Les dessins se suffisent pourtant à eux-mêmes car Bloemaert, dessinateur hors pair, suscitait il faut le savoir l’admiration de l’immense Rubens.

Il est aussi le père de l’école d’Utrecht, berceau de styles et de thèmes qui influencent alors les grands maîtres de la peinture du XVIIè siècle. Le Joueur de flûte accueille le visiteur à l’entrée. Ses thèmes favoris se déclinent en scènes religieuses (L’Adoration des mages de 1624 est un chef d’œuvre du genre), mythologiques (voir Bacchus et le Triomphe de Neptune) et charmants paysages, très typiques de la campagne hollandaise, et souvent idéalisés.

Le  Museum Catharijneconvent mérite également la visite pour ses chefs d’œuvre d’orfèvrerie religieuse, de retables et de sculptures de très belle facture.On y trouve, pour poursuivre la découverte de Bloemaert, Le Siècle d’or fait la fête et un tableau majeur récemment acquis par le musée, Les quatre pères de l’Eglise Latine, dissertant sur l’eucharistie.
 

"Paysage champêtre "de Bloemaert
 Un âge d’or qui explique l’éclosion de chefs d’œuvres


« Y a-t-il un pays dans le monde où l’on soit plus libre, où le sommeil soit plus tranquille, où les lois veillent mieux sur le crime, où les empoisonnements, les trahisons, les calomnies soient moins connus ? » s’interrogeait Descartes en 1634…

Ce petit pays tranquille qui à l’époque ne dépasse pas les deux millions d’âmes, devient à l’orée de ce XVIIe siècle une puissance économique, navale et coloniale hors pair et une pépinière artistique de premier ordre.

En Hollande, pas de castes aristocratiques mais une classe moyenne entreprenante, et une tolérance qui laisse affluer les connaissances et talents des populations réfugiées : juifs portugais, huguenots français... Les Arts fleurissent et permettent à la bourgeoisie aisée d’afficher sa prospérité.

C.G


vue sur les canaux d'Utrecht
 


"Le Joueur de Flute" de Bloemaert
Pratique :
 
Y aller :

En train : aller simple en Thalys Paris-Amsterdam à partir de 35 euros en Comfort 2, 79 euros en Comfort 1 avec repas, journaux gratuits et accès internet Informations au 08 92 35 35 36  www.thalys.com Ensuite,
 
Les expositions du Siècle d’or :

- Exposition  Rubens, Van Dyck et Jordaens à Amserdam (jusqu’au 16 mars 2012) :
www.hermitage.nl
- Exposition Les Maîtres modernes viennent en visite à La Haye (jusqu’au 11 décembre 2011)
www.mauritshuis.nl
- Exposition Le Siècle d’or fait la fête à Haarlem (jusqu’au  8 janvier 2012)
www.franshalsmuseum.nl

- Exposition  L’Effet Bloemaert  à Utrecht (jusqu’au 5 février 2012)
centraalmuseum.nl
 

Balade sur les canaux
A faire :

Balade le long des canaux d’Utrecht à la découverte du charme de cette petite ville tranquille. Prendre un bateau-salon pour faire le tour des anciens canaux qui encerclent la ville. Très sympa le soir quand l’animation gagne le centre le long des quais animés et des façades historiques. Faire un tour du côté de la place du Dom, une  cathédrale  dont il ne reste que le campanile de 112 mètres, le plus  haut de Hollande, la nef ayant été soufflée en 1674 par une tempête.
 
Dormir :

- A Utrecht : le Grand Hotel Karel V *****, un ancien monastère médiéval entouré de jardins à deux pas du centre.
- A Haarlem : Hôtel Golden Tulip Lion d’Or, tout confort  à cinq minutes du centre historique.
 
Lire :

Le Guide Vert Pays Bas
Editions Michelin
 



03/12/2011
Catherine Gary




Dans la même rubrique :