Reportage

Japon, balade en terre samouraïs

Dominées par les Alpes japonaises, les cités d’art et d’histoire de Kanazawa et Takayama offrent un fabuleux voyage au cœur des traditions nipponnes. L’artisanat et les arts s’y transmettent de génération en génération.

Reportage et photos de Patrick Cros



"Accueil traditionnel au Kincharyô, ancienne demeure de Kanazawa reconvertie en ryokan".
Dans les ruelles parfois étroites du quartier Higashi-Chaya, à l’Est de Kanazawa, des maisons en bois de cèdre abritent les dernières « maisons de thé » du Japon. Derrière ce nom poétique, se cache l’une des traditions locales les plus pittoresques du pays. Près d’une vingtaine de geishas en élégant kimono de soie y perpétuent un art de la séduction raffiné où se conjuguent danses, musique, chants, et conversations autour d’une cérémonie de thé. Une atmosphère de mystère continue à entourer ces femmes qui s’entrainent dans des lieux secrets, n’apparaissent jamais dans la rue et ne se dévoilent que pour assurer des spectacles privés. Okami San a ouvert l’une de ses maisons au public. Derrière une épaisse porte, apparaissent des pièces sobres, à la décoration et au jardin soignés, avec bois laqué, poignées en émail, instruments de musique et mobilier du XIXème siècle. On y découvre ce charme oriental, art de vivre local qui a su éveiller l’imagination des Occidentaux. Tout comme ce quartier de Nagamachi, au centre de Kanazawa, qui témoigne d’une époque révolue où les samouraïs assuraient la protection de la ville. Ces fidèles du seigneur Maeda, l’un des plus puissants du Japon, dont la famille régna près de trois siècles sur la région de 1583 à 1868, vivaient dans de jolies demeures avec jardins qu’il est possible aujourd’hui de visiter.

Kenroku-en, ancien « jardin » des Maeda
Une richesse culturelle

Au cœur de l’ancienne cité féodale, le château de Kanazawa, détruit en quasi-totalité par plusieurs incendies, retrouve peu à peu de sa splendeur grâce au travail d’artisans qui tentent de reconstruire à l’identique la demeure des Maeda. Il jouxte un parc paysager de 11,4 hectares, le Kenroku-en, ancien « jardin » du seigneur local, considéré comme l’un des plus beaux du Japon.
Préservée des tremblements de terre, des bombardements de la Seconde guerre mondiale, épargnée de toute trace de radioactivité après l’accident de Fukushima, Kanasawa a su mettre en valeur son patrimoine. Il se découvre aussi au Musée du spectacle noh, où des masques étranges donnent vie à des personnages de théâtre, à l’atelier de céramique Kutani Kosen, dans la brasserie de saké Yachiya, ou encore dans des ateliers de fabrication de feuilles d’or, de teinture sur soie, de laque ou de kimonos. « Le règne des Maeda a apporté une prospérité et une paix à la région qui a permis de soutenir l’art et l’artisanat pendant des siècles », commente Mohamed Ghanem, spécialiste du Japon qui travaille actuellement pour la Ville de Kanazawa. Une richesse qui se perpétue aujourd’hui et se tourne même vers l’avenir avec le Musée d’art contemporain du 21e siècle (21st Century Museum of Contemporary Art). Ouvert en 2004, il fait déjà figure d’institution et un peu le lien avec les quartiers modernes de la ville, aux panneaux lumineux et larges buildings. L’avenue principale est, quant à elle, bordée de grands magasins, où se distinguent les enseignes comme Vuitton et autres marques de luxe et mode  tendance.

Maison traditionnelle dans le village folkorique de Hida à Takayama"
Takayama, ancienne capitale de Hida

La route conduit en 1h30 de Kanazawa à Takayama, de la Mer du Japon au centre des Alpes japonaises. C’est l’occasion de faire une escale dans le village de Shirakawago, classé au Patrimoine mondial de l’humanité pour ses grandes habitations en bois aux toits de jonc. Entourée de montagnes qui s’élèvent jusqu’à plus de 3 000 mètres, la ville de 100 000 habitants a conservé tout son caractère avec son centre historique classé, aux maisons traditionnelles. Des commerces s’y sont installés, donnant vie à ces rues séculaires. On peut y déguster du saké, goûter des spécialités de gâteaux locales au riz, acheter de la soie, des objets en laque ou autres souvenirs et antiquités pittoresques. Les charpentiers ont fait la gloire de cette ancienne capitale de la province de Hida. Dans cette zone montagneuse pauvre en riz, ils s’acquittaient de leurs impôts en allant exercer leur métier dans la capitale Heian-kyō (l’actuelle Kyoto) pour y construire certains des plus beaux temples et palais. Parmi les témoignages de l’histoire locale, le Takayama-jinya a été remarquablement restauré. Cette ancienne résidence du seigneur Kanamori devint le tribunal et centre de collecte des impôts de Hida de 1692 à 1868. Pour en savoir plus, le tout nouveau Musée des arts de Hida-Takayama présente toute la richesse culturelle locale accumulée au cours des siècles. Un voyage à travers le temps ,dans cette région du Japon préservée qui offre un regard exceptionnel au cœur des traditions nipponnes.

Le tourisme prêt à repartir

Malgré la chute du nombre de visiteurs au Japon, les tour opérateurs français gardent le cap. « La production 2012 reste identique à l'année dernière avec quelques ajustements et même deux petits nouveaux au Sud du Japon comme alternatives aux produits plus au Nord », confie Julie Dewavrin, chef de produit chez Asia. En tant que spécialiste et l’un des précurseurs de la destination, le voyagiste couvre presque l'ensemble du territoire Japonais dans sa brochure FIT intitulée « Toute l’Asie », notamment l'itinéraire « Chemin des montagnes » dans la région de Kanazawa er Takayama, via Shirakawago. Un combiné original Corée / Japon en liberté est également proposé (4 nuits en Corée et 6 nuits au Japon, vols internationaux et régionaux, hôtels et transports inclus, à partir de 2884€ TTC).



Les Japonais s’organisent pour valoriser leur pays et tourner la page du Tsnunami de mars 2011 suivi de l’accident nucléaire de Fukushima. Pour montrer que les touristes n’ont aucune crainte à avoir dans cette partie du Japon, la Ville de Takayama a même mis en page d’accueil de son site internet le taux de radioactivité local, renouvelé tous les 15 jours. Pour la première fois, les villes de Kanazawa et Takayama ont organisé en commun, fin octobre, la découverte de leur région auprès d’agents de voyage français. Le symbole de l’amorce d’une nouvelle dynamique au pays du Soleil levant.

P.C.


Y aller 

Japan Airlines (JAL) assure un vol direct quotidien de Paris CDG vers l’aéroport de Tokyo Haneda (12h de vol), puis vers Komatsu (1h), à 30 mn de route de Kanazawa.

Asia propose toute une palette de produits pour découvrir le Japon, dont la région de Kanazawa et Takayama 
http://www.asia.fr/brochures-voyages
 




"Route des "momiji" (route des érables) en automne, entre Kanazawa et Takayama "


03/03/2012
Patrick Cros




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