Culture

Le fabuleux destin de Pierre Marchand le virtuose mondial du diabolo !

Bluffant ! Captivant ! Renversant ! Sur la scène artistique mondiale, son nom est sur toutes les lèvres. Formé à l’âge de 8 ans à l’école prestigieuse du cirque d’Annie Fratellini et de Pierre Étaix, la chrysalide se transforme rapidement en papillon. Avec Pierre Marchand, les diabolos bondissent, s’extirpant de nœuds inextricables. Focus sur un diaboliste hors du commun…

Par Bertrand Munier



Pierre Marchand, le talentueux joueur mondial de diabolo. ©Royal Palace
Pierre Marchand, le talentueux joueur mondial de diabolo. ©Royal Palace
 « Je ne suis pas un enfant de la balle, confesse Pierre Marchand. Mes parents étaient enseignants ; l’un comme professeur de mathématiques et l’autre de français. Somme toute, loin des lumières zénithales. Puis, il y a une formidable rencontre avec l’univers circassien d’Annie Fratellini et de Pierre Étaix. Ils ont été mes guides et mes mentors pour le devenir de ma carrière professionnelle ».

Pierre Marchand entre de plain-pied dans le monde artistique à l’âge de 8 ans… il ne le quittera plus. ©Bertrand Munier
Pierre Marchand entre de plain-pied dans le monde artistique à l’âge de 8 ans… il ne le quittera plus. ©Bertrand Munier
 
Un itinéraire artistique peu commun
 


Mais avant d’être sous les feux de la rampe, le P’tit Pierre (son surnom à l’époque) a déjà un itinéraire loin d’être conventionnel.
 
Aîné d’une fratrie de trois enfants, il voit le jour à l’hôpital militaire de Saint-Mandé en région parisienne. « Par obligation, commente-t-il d’un grand éclat de rire. Mes parents étaient en mission de coopération pour l’éducation nationale et ma mère a vécu toute sa grossesse à Madagascar avant d’accoucher en France. J’en ai fait des kilomètres avant d’ouvrir les yeux sur le monde. »

Malgré ce cheminement cocasse, il puise essentiellement son énergie sur l’Île de Beauté et surtout de la région de Valle-di-Campoloro. Viscéralement attaché à la Corse, il grandit pourtant au Togo sur le continent africain. Là, sa vie d’enfant est magnifique.

Hélas ! Le retour de ses parents sur le sol hexagonal est programmé. Une véritable déchirure pour un bambin de 7 ans. La famille s’installe en région francilienne mais la douleur de ce déracinement est toujours vivace. Preuve en est, il va à l’école primaire pieds nus et il refuse de prendre des bains. « Rétrospectivement, avoue-t-il, mes parents ont eu l’idée lumineuse de mettre des poissons dans la baignoire. Du coup, j’avais la sensation de me baigner dans les eaux togolaises. »
 
Son tempérament explosif est canalisé quelques semaines plus tard. Sa maman l’inscrit à l’École nationale du cirque à Paris. De facto, Pierre Marchand tombe sous le charme circassien. Une révélation ! Avec une énergie et une générosité, à nulle autre pareilles, Annie Fratellini décèle en lui une âme d’artiste conjuguée à un talent précoce. En définitive, elle le choisit parmi les deux cents élèves de son école pour lui inculquer tous les rudiments du jonglage en soulignant : « si tes parents me donnent leur accord, tu feras du diabolo tous les jours. » Le fabuleux destin de Pierre Marchand est en marche…

Véritable showman, Pierre Marchand soulève des salves d’applaudissement à chacune de ses prestations. ©Pierre Marchand
Véritable showman, Pierre Marchand soulève des salves d’applaudissement à chacune de ses prestations. ©Pierre Marchand
Neuf années à l’École national du cirque
 
Quotidiennement, ses journées sont scindées en deux. Le matin est consacré aux cours scolaires enseignés à l’École des enfants du cirque et l’après-midi il parfait ses gammes à l’École national du cirque.

Il y reste neuf années en faisant trente heures de diabolo par semaine sous les conseils avisés, entre autres, d’Italo Medini pour le jonglage. Appelé le jongleur atomique, il lui enseigne tout ce qu’un diaboliste, digne de ce nom, doit savoir-faire. Majeur et pourvu de son baccalauréat, Pierre Marchand peut ensuite voler de ses propres ailes tout en mesurant le travail effectué pour atteindre les cimes de sa profession. Par extension, le chemin du succès suit…
 
En 2003, il a l’opportunité de rencontrer Vincent Lagaff, l’animateur phare de la chaîne TF1, qui lui offre sa première TV avec son émission Bigdil et une vitrine géante pour se faire connaître du grand public. Il s’ensuit des contrats dans plusieurs grands établissements de renommée mondiale étant donné que son numéro de diabolo est prêt. En cette période, il se présente aux plus notoires concours professionnels de cirque, avec à la clé, la plus haute des récompenses : médaille d’or au festival de Wiesbaden (2004), prix du cirque de Moscou et prix de la ville de Budapest (2006), prix du club du cirque au festival du cirque de Monte-Carlo ainsi que le Loyal d’or au festival du cirque de Bayeux (2007)….

Sur ces entrefaites, il participe à l’émission « La France a un incroyable talent » (2012).
 
Séducteur et showman dans l’âme, le public découvre un jeune homme au charme fou mais surtout un artiste insolite avec une joie de vivre palpable sur scène. Malgré l’empathie totale des téléspectateurs à son égard, il ne parvient pas à décrocher le Graal. « Certes, avoue-t-il rétrospectivement, j’ai été déçu du résultat final. D’autant plus, qu’en cas de victoire, j’offrais mon gain à deux associations caritatives qui me sont chères. Premièrement à l’association Helen-Keller International qui lutte contre la malnutrition et la non-voyance des enfants d’Afrique et d’Asie et deuxièmement pour celle de Grégory Lemarchal qui lutte contre la mucoviscidose. Mais je ne retiens que le positif de mes trois prestations. »

Un diaboliste hors du commun ! ©Bertrand Munier
Un diaboliste hors du commun ! ©Bertrand Munier

De gauche à droite : Pierre Marchand aux côtés de Philippe Lacroix, chef du Lido. Il restera huit années sur la scène prestigieuse du cabaret parisien. ©Bertrand Munier; La pêche est la seconde passion de Pierre Marchand. ©Pierre Marchand
De gauche à droite : Pierre Marchand aux côtés de Philippe Lacroix, chef du Lido. Il restera huit années sur la scène prestigieuse du cabaret parisien. ©Bertrand Munier; La pêche est la seconde passion de Pierre Marchand. ©Pierre Marchand
Huit minutes de pur bonheur

 
Loin de la coupe aux lèvres, il ne baisse pas la garde. Au contraire ! Les plus grands cabarets de la planète le sollicitent. C’est ainsi qu’il pose ses valises au Lido à Paris (2006).

« J’y suis demeuré huit ans, le temps de la revue Bonheur, rapporte-t-il. Au final, cela fait environ 8 500 représentations face à une dizaine de millions de spectateurs ».
Quasiment tous les soirs, à raison de deux représentations, il soulève des salves d’applaudissement. Son show est parfaitement huilé avec une mise en scène grandiose et une musique d’accompagnement excellemment choisie (Stéphan Eicher, Mike Oldfield…). « Contrairement aux apparences note-t-il, c’est très physique. Je perds environ 1,4 kg en 8 mn. En outre, il me faut environ 45 mn de préparation avant d’entrer en scène. »  Parallèlement à son spectacle sur la scène de la mythique enseigne des Champs-Elysées, il se produit au Cirque d'Hiver de la famille Bouglione, et ce, jusqu'en 2015. À cette période, une autre belle aventure se profile à l’horizon, en adéquation avec Le Moulin Rouge pour une saison (2016). Sollicité de toute part, il gagne ensuite la Scandinavie (Danemark, Suède…). Quoi de plus normal pour un pêcheur invétéré de joindre travail et loisirs sur un territoire bordé par la mer comptant des lacs à perte de vue (2017).

 

 


Pour la saison 2018-2019, le music-Hall alsacien « Le Royal Palace » @ DR (chers à Cathy et Pierre Meyer) lui ouvre ses portes en grand. ©Bertrand Munier
Pour la saison 2018-2019, le music-Hall alsacien « Le Royal Palace » @ DR (chers à Cathy et Pierre Meyer) lui ouvre ses portes en grand. ©Bertrand Munier
Un an plus tard, il gagne l’Alsace pour répondre à la demande récursive de Pierre Meyer. 




Le Royal Palace, perdu dans la campagne bucolique du petit village de Kirrwiller, l’attend depuis plusieurs saisons.

Avec ses 200 000 visiteurs par an, ce music-hall est le troisième cabaret le plus célèbre en France après Le Lido et Le Moulin Rouge.

Assurant le final de la 
revue Mysteria, Pierre Marchand conquit comme toujours le public qui lui délivre en permanence une standing ovation.

Sur scène ou dans la vie de tous les jours, Pierre Marchand demeure d’une simplicité totale. ©Bertrand Munier
Sur scène ou dans la vie de tous les jours, Pierre Marchand demeure d’une simplicité totale. ©Bertrand Munier
Diaboliste au talent artistique exceptionnel, ce Corse de cœur n’en finit pas de jouer les troubadours des temps modernes.

En juillet 2019, il prend congés de l’Alsace pour un détour sur le continent américain avant de se produire à Europa-Parck, le plus grand parc de loisirs d’Allemagne, puis repartir vers le Brésil, la Suisse…

Tel le caméléon, Pierre Marchand s’adapte aux lieux et aux circonstances tout en gardant en mémoire sa merveilleuse rencontre avec Henri Salvador. « À chaque fois que je décris cette scène, souligne-t-il, j’en ai les frissons. C’était lors d’une représentation au festival du cirque de Monte-Carlo. À l’issue de ma prestation, la famille princière se lève et m’acclame. Quelques secondes plus, un homme âgé, appuyé sur une canne, en fait de même. C’était mon idole. À cet instant, mon bonheur était immense. » Quoi qu’il en soit, Pierre Marchand a élevé sa maîtrise technique artistique à un niveau tel, que son spectacle est toujours un moment d’émerveillement.

Bertrand Munier


17/07/2019
Bertrand Munier





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