Culture

Le musée des Beaux-Arts de Rouen accueille So British !

L’exposition So British est un ensemble d’œuvres de la collection François Pinault en même temps que Simon Hantaï, peintre emblématique de la deuxième Ecole de Paris. Un événement.

Par Catherine Gary



So British Gilbert & George Cry @  @ Musée des Beaux Arts de Rouen
So British Gilbert & George Cry @ @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Quelques mois avant l’ouverture de la collection Pinault à la Bourse de Commerce de Paris Rouen accueille So British en quelques œuvres contemporaines majeures.

Cette heureuse initiative incarne le fort engagement en faveur de l’art contemporain de Sylvain Amic, directeur de la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen (RMM). Elle permet aussi de découvrir ou redécouvrir les chefs d’œuvre des collections historiques du musée des Beaux-Arts dont les paysages, portraits, natures mortes, vanités, scènes héroïques ou religieuses sont redynamisés par ces confrontations fructueuses.
 
 

So British Nigel COOKE, 1989; @ Musée des Beaux Arts de Rouen
So British Nigel COOKE, 1989; @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Pour So British François Pinault a prêté 10 œuvres d’artistes britanniques contemporains disposées dans différentes salles du musée afin d’interroger les liens historiques entre les deux pays au-delà du temps et des pratiques picturales.

« François Pinault souhaite que les œuvres qu’il a rassemblées soient mises à la disposition du public, aussi largement que possible. Elles le sont dans nos propres musées mais, aussi, grâce à de nombreux prêts consentis pour des expositions temporaires, au bénéfice de nombreux musées publics et privés. À Rouen, c’est une nouvelle forme de coopération qui s’est engagée. Elle prendra la forme du dépôt pour une période d’un an d’œuvres qui entreront en résonance avec celles du musée rouennais qui les accueillera » avait précisé Sylvain Amic.

So British Jonathan Wateridge, Re‐Enactment Society @ Musée des Beaux Arts de Rouen
So British Jonathan Wateridge, Re‐Enactment Society @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Dans cette exposition Gilbert and George, Damien Hirst, et Keith Tyson surprennent le visiteur et l’incitent à la réflexion par leur intervention très inattendue dans les salles de la Renaissance et du Siècle d’or Hollandais.

Même surprise avec la composition hyperréaliste de Jonathan Wateridge qui voisine avec les grands formats de la peinture académique. Dans une autre salle le naturalisme poussé à l’extrême du Christ de Paul Fryer, le corps couvert de sang et de blessures assis sur un semblant de chaise électrique, interpelle la peinture religieuse du XVIIe siècle français et plus encore espagnol. La galerie des portraits romantiques héberge trois têtes de noirs anonymes peints par l’artiste ghanéenne Lynette Yiadom-Boakye et interrogent la représentation africaine dans la peinture orientaliste du XIXe siècle dont le Radeau de la Méduse de Géricault. Dans un esprit futuriste le tableau de Nigel Cooke fait écho aux grandes heures du paysage français en y insérant un être connecté qui semble rendre dérisoire la peinture comme mode d’expression tandis que la toile de Toby Ziegler oscille, elle, entre abstraction et figuration.

So British Damien Hirst  Dark Soul, Affiche de l'exposition @ Musée des Beaux Arts de Rouen
So British Damien Hirst Dark Soul, Affiche de l'exposition @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Exposition So British





Jusqu’au 11 mai 2020


Musée des Beaux-Arts de Rouen




Accès gratuit
 

Oeuvre de Simon Hantaï @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Oeuvre de Simon Hantaï @ Musée des Beaux Arts de Rouen

 

Oeuvre de Simon Hantaï @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Oeuvre de Simon Hantaï @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Simon Hantaï au musée des Beaux-Arts de Rouen
 


Une grande salle est réservée au peintre qui forma avec Hartung, Soulages, Fautrier, Atlan, Vieira da Silva la seconde École de Paris et le renouveau de l’art abstrait dans les années 50.  





C’est à cette époque que Simon Hantaï quitte sa Bulgarie natale pour venir travailler à Paris. Proche des peintres américains Joan Mitchell et Sam Francis, il se lie aussi avec les Surréalistes avant de prendre ses distances et d’affirmer son identité dans une peinture où le hasard tient une place première.

Dans cette optique il travaille la toile en la froissant préalablement puis laisse les formes apparaître au gré d’une gestuelle qui s’aide de pliages, de grattoirs et de multiples petites touches. Une technique qui travaille entre l’obscur et le clair « pour venir à ce que je ne sais pas » disait-il.

Le collectionneur d’art Jean-Claude Gandur dont la Fondation pour l’art comporte plus de 3200 objets du monde antique et moderne -1200 pour l’art égyptien, grec et moyen oriental et près de 1000 pour l’art moderne et contemporain - s’est particulièrement intéressé à cette seconde École de Paris et au travail de Simon Hantaï.

Nous lui devons ce partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Rouen avec un prêt d’œuvres majeures du peintre allant de 1951 à 1962.

Le musée des Beaux Arts de Rouen et l'exposition So British avec des toiles de Simon Hantaï  @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Le musée des Beaux Arts de Rouen et l'exposition So British avec des toiles de Simon Hantaï @ Musée des Beaux Arts de Rouen
Exposition Simon Hantaï




Jusqu’au 27 avril 2020

Musée des Beaux-Arts de Rouen




Accès gratuit

 


04/02/2020
Catherine Gary





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