Reportage

Pau la béarnaise, une ville où il fait bon vivre et Nay sa voisine, une bastide historique

Fière de ses origines royales Pau allie un bien-être à la gasconne à son patrimoine historique. Ses villas stylées, ses parcs et jardins rappellent qu’elle attira la gentry anglaise dans les années 1900. Aujourd’hui elle continue sur une lancée créative et ne cesse de se réinventer.

Par Catherine Gary



Le château se dresse à l'aplomb du gave de Pau ©d.guilhamassé ©pau pyrénées tourisme.
Le château se dresse à l'aplomb du gave de Pau ©d.guilhamassé ©pau pyrénées tourisme.
L’emblématique boulevard des Pyrénées dresse face aux sommets montagneux ses quarante-neuf piles de viaduc et une falaise qui domine le Gave. A ses pieds les jardins plantés d’arbres centenaires et de palmiers descendent en terrasses vers la ville basse le long des sentiers escarpés. En sortant de la gare en contrebas, l’importance du dénivelé donne déjà une idée du sacré caractère de la cité. 

Le Tour des Géants @C.Gary
Le Tour des Géants @C.Gary
Quand la gentry anglaise raffolait des lieux…
 

Depuis 1908 un funiculaire relie les quartiers du bas à la ville aristocratique dominée par son château. Cela permit à l’époque aux riches touristes anglais de rejoindre leurs villas et hôtels sans difficulté.


Car les Anglais raffolent alors de la ville. Depuis qu’un certain docteur Alexander Taylor a mis en avant les vertus curatives de son climat ils affluent et construisent sur les hauteurs plus de trois cents villas de luxe dont certaines se visitent aujourd’hui.

Ils fréquentent aussi l’hippodrome, les haras nationaux voulus par Napoléon III, le palais d’hiver Beaumont, les installations sportives et le plus ancien golf d’Europe continentale… Ces élégants vestiges donnent à Pau un caractère very british très singulier.

Avant de grimper dans le funiculaire les inconditionnels de “la petite reine“ ne manqueront pas un arrêt au Tour des Géants, une installation de 105 totems interactifs qui font revivre les grands moments du Tour de France et ses maillots jaunes, Pau étant quasi chaque année ville étape de la grande boucle.

Le boulevard des Pyrénées au couchant © Soazig de la Moissonnière.©pau pyrénées tourisme
Le boulevard des Pyrénées au couchant © Soazig de la Moissonnière.©pau pyrénées tourisme
 
 

De gauche à droite : L'ancien Palais d'hiver est devenu  le Centre des Congrès ©pau pyrénées tourisme.©d.guilhamassé  et Château de Pau statue Henri IV dans la cour ©CDT
De gauche à droite : L'ancien Palais d'hiver est devenu le Centre des Congrès ©pau pyrénées tourisme.©d.guilhamassé et Château de Pau statue Henri IV dans la cour ©CDT
Un balcon époustouflant sur les sommets
 
On compare volontiers la beauté du boulevard des Pyrénées à la Promenade des Anglais même si la mer n’y vient pas mourir sur les galets.

Le spectacle grandiose des sommets pyrénéens garantit en effet une promenade panoramique de haut vol sur près des deux kilomètres entre quartier du château et parc Beaumont.

Tout au long de la rambarde qui protège du vide des plaques indicatives signalent les sommets dont le fameux Pic d’Ossau tandis que défilent de l’autre côté les élégants édifices du siècle passé où le style Art Déco s’affirme dans la blancheur des façades. Par beau temps posez-vous en terrasse le temps de déguster un verre de jurançon sec ou moelleux, le délicieux vin blanc local.

Le funiculaire vous a déposé à hauteur de la place Royale où se dresse la statue en marbre immaculé de Henri IV, le roi bien aimé. Continuez vers l’autre extrémité de cette vaste terrasse dont le poète Francis James disait qu’elle était « l’éventail d’azur des Pyrénées sur les coteaux du Gave aux villas fortunées ». La belle architecture du Palais Beaumont coiffée de ses campaniles 1900 fut d’abord un palais d’hiver aux ellipses de métal et de verre, haut-lieu de la vie mondaine bâti à l’emplacement d’une propriété de la comtesse de Noailles. Il est aujourd’hui un Centre des Congrès.

Tout autour il fait bon flâner à l’ombre des séquoias de Californie, des cèdres de l’Himalaya, des arbres de Judée, des cyprès, des magnolias et des palmiers dans le grand parc Beaumont aux allées sinuant entre lac et plans d’eau.  Pau est une ville jardin et la nature n’est jamais loin.

château de Pau ©d.guilhamasse.©pau pyrénées tourisme
château de Pau ©d.guilhamasse.©pau pyrénées tourisme
Longtemps on y mena une vie de château
    

Dressé sur son éperon rocheux dominant le Gave le château s’imbrique étroitement dans le plus ancien quartier.

Il garde en ses murs la mémoire de Gaston Fébus, fier comte de Foix, vicomte de Béarn qui érigea au XIVe siècle une citadelle imprenable. Catherine de Navarre et son époux Jean d'Albret chassés d’Espagne s’y replient en 1512.

Devenu fastueuse résidence des rois de Navarre le château s’orne de jardins sous le règne de Jeanne d'Albret et d'Antoine de Bourbon. Et c’est là que va naître le futur Henri IV un 13 décembre 1553 dans un berceau en carapace de tortue toujours présent dans sa chambre qui se visite, le château étant devenu musée national.

Il garde entre autres une collection exceptionnelle de tapisseries des Flandres et des Gobelins, des porcelaines de Sèvres et un mobilier d’époque. Les carrés de jardins au pied de la terrasse sont une merveille de plantations florales, aromatiques et potagères joignant jadis l’utile à l’agréable.  

De gauche à droite : Le Souloir Modèle Montmartre laine pommies-semelle cuir et  Fabrication des parapluies de Berger avec 9 baleines en rotin @ C.Gary
De gauche à droite : Le Souloir Modèle Montmartre laine pommies-semelle cuir et Fabrication des parapluies de Berger avec 9 baleines en rotin @ C.Gary
Chaussure de montagne et parapluie de berger, les recettes d’un succès
 
Designers, stylistes, maroquiniers donnent à la ville son look contemporain, tonique et branché. Une initiative en témoigne, Le Chemin des Créateurs, proposant un itinéraire à la découverte de quelques belles adresses misant sur la créativité.

Côté tradition locale revisitée, Le Souloir est une référence locale. On doit à deux passionnés la reprise de cette maison créée en 1925 et spécialisée dans la confection de chaussures de montagne “durables“ montées à la main et façonnées sur mesure. De quoi les garder toute une vie à ses pieds !

Les cuirs de grande qualité sont travaillés à Espelette comme pour certains cuirs d’Hermès. L’atelier (qui se visite) fabrique en moyenne huit paires par jour et il faut patienter deux mois après avoir commandé ces pièces uniques, choisi leurs couleurs et leur ligne. 

Autre tradition locale Le Parapluie de Berger. Hervé et son fils Christophe Pando sont les derniers en France à fabriquer artisanalement cet emblème pyrénéen avec ses neuf baleines en rotin, sa toile bleue résinée et son manche en hêtre. Un parapluie pour la vie ici aussi, qui protège et résiste à la pluie et au vent avec son 1,35 mètre de diamètre. Il sert même de paratonnerre et, devenu très mode, se décline dans toutes les couleurs.


 

L'artiste David Ferreira, un joyeux plasticien @ C.Gary
L'artiste David Ferreira, un joyeux plasticien @ C.Gary

De gauche à droite : Les Chauvins. Des souvenirs drôles et emblématiques de la ville @ C.Gary et  Verrier Labelle Ikeya masques @ C.Gary
De gauche à droite : Les Chauvins. Des souvenirs drôles et emblématiques de la ville @ C.Gary et Verrier Labelle Ikeya masques @ C.Gary
Artistes, designers et verriers en leurs ateliers
 
Si vous aimez la couleur, direction la galerie/atelier de David Ferreira. Ce jeune plasticien inspiré par le peintre Basquiat est un créateur joyeux et prolifique qui a, selon ses mots, « appris à peindre tout seul comme un cuisinier ».

Autodidacte il manie acrylique, colle, résine, vernis, techniques mixtes avec maestria mais il ne vous donnera pas sa recette et semble s’amuser à couvrir les toiles de signes abstraits avec partout l’icône de son enfance, Toto, et une couronne en guise de signature. David customise aussi les objets et peint des coussins histoire d’y poser la tête pour faire de beaux rêves.

Dans la tradition de Murano Agnès et Pascal ont ouvert leur magasin/atelier il y a deux ans et se partagent les étapes de la création de perles et de bijoux de verre sous la marque Labelle Ikeya. Ils exposent leur travail et métamorphosent sous vos yeux des baguettes de verre multicolores avec le feu du chalumeau. Trois galeries/salon de thé ont également ouvert leur porte. Les Chauvins, Suzani et Cozyn. Ils surfent sur une tendance nouvelle et sympathique qui permet de se laisser tenter par quelques beaux objets tout en dégustant un thé ou des gâteaux maison.

De gauche à droite : Les excellents  foies gras de la Maison Biraben  et A l'entrée de L'Amateur de Thé le rafiement à la japonaise vous accueille.@ C. Gary
De gauche à droite : Les excellents foies gras de la Maison Biraben et A l'entrée de L'Amateur de Thé le rafiement à la japonaise vous accueille.@ C. Gary
Côte saveurs la terre gasconne s’y connaît
 
La poule au pot voulue pour son peuple par le bon roi Henri est devenue une recette locale qui se décline de cent façons.

Mais il y a aussi la garbure, le jurançon, le foie gras, les salaisons et la fameuse pêche Roussane à couleur violacée… Un Pass Gourmand permet de goûter tous ces délices en se baladant : charcuteries de la maison Abadie, foie gras chez Biraben et Laguilhon, piment fumé de Pyrénéssime, confiseries de Francis Miot...
  
Les bonnes tables foisonnent en ville. Mention particulière pour celle d’Alexandre Paget* le chef du Jeu de Paume sis à l’hôtel Parc Beaumont. Après avoir fait ses classes au Meurice puis Chez Ruffet ** à Jurançon sa cuisine inventive mêlant produits locaux et saveurs d’ailleurs remporte depuis 2014 un franc succès. Citons sa Lotte braisée au thym, courgettes, amandes fraîches, sauce crustacé, gnocchi ricotta. Un régal.

L’Amateur de Thés joue, lui, sur un dépaysement complet et un raffinement orchestré par Yuri Nagaya, une chef japonaise reconnue comme l’une des plus influentes à l’heure actuelle par de nombreux guides. Elle propose une cuisine familiale japonaise aux saveurs de la région comme son Porc noir de Bigorre rôti, graines de sarrasin au miso et riz au foie gras. …

Chez le très branché Plat Beroi à la fois resto et magasin de producteurs on déguste en terrasse des tapas salées et sucrées dans une ambiance rock très sympa le week-end.
 
 
 

Jean Bernard Larrieu Le Clos Lapeyre  et  Les caves de Jurançon au Clos Lapeyre.@C.Gary
Jean Bernard Larrieu Le Clos Lapeyre et Les caves de Jurançon au Clos Lapeyre.@C.Gary
Et si on goutait au Jurançon du clos Lapeyre?
 
Henri VI on le sait fut baptisé en lui frottant les lèvres d’une gousse d'ail et de quelques gouttes de jurançon... Depuis, ce vin blanc, sec ou moelleux, n’a cessé de faire connaître sa robe jaune pâle ou dorée.

Il est devenu un emblème entre Pau et Oloron-Sainte-Marie. Quelques vignerons instigateurs de renouveau vous accueillent sur leur domaine pour faire découvrir leur vignoble et la saveur de leurs vins.

A l’exemple de Jean-Bernard Larrieu du Clos Lapeyre et sa Jurançonada qui a conçu un sentier didactique balisé et jalonné de panneaux pour petits et grands décrivant le travail de la vigne, la géologie des parcelles, l’histoire des cépages. Avec comme il se doit une dégustation au cœur du vignoble. Le sien compte 18 ha dont une moitié en terrasses face au Pyrénées et se compose surtout de Petit et Gros Manseng travaillé en biologie et biodynamie depuis une dizaine d’années. Plus de désherbage chimique, réintroduction du cuivre et du souffre, traitements à base de plantes, vendanges manuelles… Jean-Bernard propose toutes sortes de visites thématiques et pendant l’été un super casse-croûte vigneron ou un panier pique-nique à la béarnaise.

Nay. On traverse le Gave  avant de pénétrer dans cette bastide historique @ DR
Nay. On traverse le Gave avant de pénétrer dans cette bastide historique @ DR

Nay. La Maison Carrée, un musée du textile rappelant que la bastide fut jadis un “petit Manchester“ @ C.Gary
Nay. La Maison Carrée, un musée du textile rappelant que la bastide fut jadis un “petit Manchester“ @ C.Gary
Petite virée jusqu’à la bastide de Nay le jour du marché
 


A une vingtaine de kilomètres de Pau, Nay (prononcez Naï) en bordure de Gave s’anime chaque mardi matin sous la halle centrale et sur la grande place bordée d’arcades où les producteurs locaux exposent leurs marchandises.


Ce gros bourg fortifié dont la vocation marchande fit jadis la prospérité vous immerge dans l’authenticité des siècles passés.

Au XVIe siècle, malgré des conflits religieux incessants, Nay s’affirme comme un centre textile de premier ordre et obtient le titre de Manufacture royale.


La Maison Carrée dont la cour s’inspire du Colisée avec colonnes et loggias sur quatre niveaux est unique en Aquitaine.

Devenue musée elle rappelle la prospérité des marchands drapiers, des tisserands, teinturiers, tailleurs et brodeurs.

Aujourd’hui Nay demeure avec Oloron Sainte Marie le fief du béret béarnais. @ DR
Aujourd’hui Nay demeure avec Oloron Sainte Marie le fief du béret béarnais. @ DR

Autre tradition à la Maison Daban, l’un des derniers fabricants de sonnailles dans cette région de transhumances. @ C.Gary
Autre tradition à la Maison Daban, l’un des derniers fabricants de sonnailles dans cette région de transhumances. @ C.Gary
Béret béarnais et sonnailles, deux spécialités
 

Aujourd’hui Nay demeure avec Oloron Sainte Marie le fief du béret béarnais. Cet emblème français un peu ringardisé a su évoluer jusque sur les podiums des défilés.

Au Musée du Béret on observe la vingtaine d’étapes de sa fabrication depuis le tricotage, feutrage, teinture, mise en forme et cardage jusqu’aux finitions. L’achat est tentant et seyant.

Autre tradition à la Maison Daban, l’un des derniers fabricants de sonnailles dans cette région de transhumances. On y voit la coupe des tôles d’acier et de laiton brasées au four, les soudures, les finitions.

De beaux objets aux résonances musicales soigneusement travaillées pour s’adapter aux vaches qui vont les porter. Ensuite on se pose avec délice en bordure du Gave, face à la chaîne des Pyrénées, au restaurant/poissonnier Le Saint Pierre pour se régaler de plats de poissons, de fruits de mer et de crustacés.


de haut en bas : Atelier du Souloir @ C.Gary Cozyn  un concept cosy qui allie mode, design et coworking @ C.Gary
de haut en bas : Atelier du Souloir @ C.Gary Cozyn un concept cosy qui allie mode, design et coworking @ C.Gary
Plus d’infos

 Office tourisme Pau

www.pau-pyrenees.com/
 www.tourisme-bearn-paysdenay.com
 

Nos bonnes adresses
 
Le Souloir.
Les meilleures chaussures de montagne et de marche !
2 rue des Cordeliers. Pau
Atelier : 25 rue Maréchal Foch. Pontacq.
Tél. : 05 59 53 50 63

https://lesouloir1925.com/boutique
Parapluies de berger.
Chez Pando
12, rue Montpensier. Pau
Tél. 05 5927 53 66
 
Artiste David Ferreira

www.davidferreira.fr

Labelle Ikeya
3 rue Henri IV. Pau

https://labelleikeya.com

Les Chauvins
9 rue Henri IV. Pau

www.les-chauvins.fr

Suzani 
Galerie/ Salon de thé
2bis, rue Saint Louis

www.suzani.fr

Cozyn
Boutique/Restaurant/Coworking
Avenue Gaston Lacoste, Pont Lalanne. Pau

www.cozyn.com


Se régaler :

 

Le Pass Gourmand est en vente à l’OT. 45 spécialités à déguster, 22 artisans à découvrir.
Prix : 6 tickets : 6 euros. 12 tickets : 15 euros
Jurançon du Le Clos Lapeyre
257 Chemin de Couday, La Chapelle de Rousse, 64110 Jurançon

www.jurancon-lapeyre.fr/fr/ballade
www.jurancon-lapeyre.fr/  
 

Pau La rue Joffre ©JM.Decompte
Pau La rue Joffre ©JM.Decompte
Foie gras de Biraben
www.maisonbiraben.fr
Foie gras Laguilhon
https://www.foiegras-laguilhon.fr


Restaurant gastronomique Le Jeu de Paume
 Chef Alexandre Paget*
Hôtel Parc Beaumont

www.hotel-parc-beaumont.com/gastronomie/carte-restaurant-jeu-de-paume/


L’Amateur de thé.
Chef Yuri Nagaya

https://lamateurdethes.jimdo.com


Plat Beroi
www.platberoi.fr


Où dormir :


Hôtel Parc Beaumont MGallery
Idéalement situé à l’orée du parc du même nom. Contemporain, calme et design. Spa, piscine chauffée, hammam et sauna.

www.hotel-parc-beaumont.com/gastronomie/#_restaurant
 

De gauche à droite :Nay. Chambre d'hôtes L'Estancat. Bel accueil et grand jardin @ C.Gary  Nay. Régal de poisson au restaurant Saint Pierre @ C.Gary
De gauche à droite :Nay. Chambre d'hôtes L'Estancat. Bel accueil et grand jardin @ C.Gary Nay. Régal de poisson au restaurant Saint Pierre @ C.Gary
Escapade à Nay

Musée du Béret
Place Saint-Roch. Nay
64800 Nay
Tél. : 05 59 61 91 70
Sonnailles Daban
Z.A. Samadet, 64800 Bourdettes
 Tél. :
05 59 32 04 68:blank
Restaurant Le Saint Pierre
2, rue du Saillet. Nay
Tél. : 05 47 92 49 00
Chambre d’hôtes L’Estancat.
Charmante maison dans un grand et beau jardin. Décoration cosy. Excellent accueil et petit-déjeuner copieux.
18 rue de l’Eglise 64800 Pardes Pietât
Tél. : 05 59 27 03 50

 


28/07/2020
Catherine Gary





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