Reportage

Saint-Dié-des-Vosges : la géographie dans tous ses états mais pas que….

Les projecteurs viennent de s’éteindre sur la 28ème édition du Fig (festival international de géographie) de Saint-Dié-des-Vosges dont le thème porteur était « Territoires humains, mondes animaux », et ce, articulé autour du pays invité : l’Afrique du Sud. Géomatique, littérature, conférences… se sont succédés à un rythme effréné durant trois jours sans pour autant faire obstacle à la gastronomie.

Par Bertrand Munier



David Valence, maire de Saint-Dié-des-Vosges et conseiller régional du Grand-Est, lança les hostilités de la 28ème édition du Fig. ©Bertrand Munier

De gauche à droite : Célèbre et emblématique pâtisserie alsacienne, le kouglof trouva grâce auprès des festivaliers par l’intermédiaire du traiteur vosgien François Gremillet. ©Bertrand Munier; ) Professeur de pâtisserie au lycée hôtelier Jean-Baptiste-Siméon-Chardin de Gérardmer (88), où jadis le triple étoilé Frédéric Anton apprit l’abécédaire de son métier, Serge Pierrel donna de son temps pour une démonstration de Panna cotta au thé du Cap et à la figue. ©Bertrand Munier
Que vive la géographie gastronomique !
 

Dès que le brigadier eut retenti les trois coups sur la vaste scène du Fig, les festivaliers déodatiens tournèrent essentiellement leur regard vers la thématique annuelle proposée.


Toutefois, dans ou à l’ombre de la majestueuse Tour de la Liberté (sise intra-muros), la gastronomie se voulait également fédératrice. Quoi de plus tangible, au regard d’une région du Grand-Est, riche en produits locavores d’exception et de producteurs avisés et professionnels.
 
Certes, la nourriture sud-africaine aurait due être en haut de l’affiche pour aiguiser l’envie et l’appétit des participants. Malgré tout, il y a loin de la coupe aux lèvres… la faute à un pays hôte éloigné des rives de la Déodatie et à une cuisine trop peu variée, à base essentiellement de viande. Celle-ci trouve son autorité entre sa terre d’adoption, des influences anglaises, françaises ou néerlandaises (suite aux différentes colonisations), sans compter les saveurs et les épices d’inspirations indiennes (en raison du parcours commercial bordant les côtes du pays). Ces miscellanées culinaires n’ont indubitablement pas la prétention de faire autorité mais il est un tantinet regrettable de les voir confiner aux rangs trop souvent de l’oubli. Les organisateurs du Fig ont essayé de réparer cette injustice sans pour autant soulever les clameurs de la foule. Aussi, cette dernière se réfugia-t-elle vers les valeurs sûres, véhiculées par les produits du terroir. Il suffisait de déambuler dans les coursives des différents halls dédiés à la gastronomie pour se rendre compte du succès populaire.
 
 

Laurent Mariotte, le chroniqueur culinaire médiatique, qui plus est, vosgien, est venu débattre sur les produits locavores et leur consommation. ©Bertrand Munier
Afin d’étayer cette affirmation, le médiatique chroniqueur vosgien, Laurent Mariotte, est venu prôner et débattre sa vision culinaire lors d’une conférence axée sur… « Le Cap des 4 saisons : on se régale, on mange local et de manière saisonnière ! »

De haut en bas : Grâce à Alexandre Maire, l’héliciculture a fait une entrée remarquée et remarquable au Fig. ©Bertrand Munier; Le chef Philippe Thomas du restaurant « Au Bon Gite » mit l’accent sur une recette à base d’escargots. ©Bertrand Munier; Chef vosgien de talent mais exerçant son art au Luxembourg, Arnaud Deparis sublima l’agneau, au plus grand bonheur d’un public totalement voué à sa cause. ©Bertrand Munier
Les papilles gustatives en émoi
 






« Faute de grives on mange des merles », souligne l’adage mais dans le cas présent, il y a longtemps que le salon de la gastronomie locale ou hexagonale à conquis ses lettres de noblesses au pays de Jules Ferry.






En définitive, de nombreux chefs sont invités au festin et font la démonstration en public de diverses recettes, parfois en adéquation avec les produits des exposants présents.

La réponse fut donnée entre autres par Philippe Thomas dont le nom scintille de mille feux dans l’ancien comté senonais de Salm où jadis Voltaire aimait se ressourcer.

Ayant abandonné quelques instants le piano de son restaurant « Au bon Gîte » (l’univers des gourmands et des gourmets), il mit l’accent sur des tortellinis d’escargots au bouillon d’ail doux.

Une recette originale à base de Gros Gris, surprenante et tout aussi séduisante pour les papilles.

Cette réalisation rappela le travail minutieux et fastidieux du jeune héliciculteur régional Alexandre Maire… avec une production annuel de 500 000 gastéropodes.

Le Fig, le rendez-vous incontournable des géographes mais également des gastronomes. ©Bertrand Munier
La Scandinavie dans les starting-blocks



 
 


Avant de baisser définitivement le rideau sur l’édition aux accents et couleurs sud-africaines, il fut annoncé l’arrivée de la Scandinavie pour 2018, avec comme thème « La France demain ».



Un message prometteur pour découvrir notamment une cuisine des pays du Nord de l’Europe avec des mets simples et chaleureux, mariant le sucré et le salé, sans oublier les recettes iodées faisant la part belle aux produits de la mer provenant du Danemark, Finlande, Norvège ou Suède. Cela va sentir gravement bon… le saumon gravlax dans les lacis du Fig 2018 !


En définitive, si la géographie habille l’esprit, la gastronomie n’est pas en reste. Un mariage subtil et enivrant que la marraine de l’Amérique a su épouser depuis de nombreuses années. 




Bertrand Munier
 
 

Scandinavie : croisière dans les plus beaux fjords de ce pays où écologie est le maître- mot. Copyright visitnorway.com
 

 

De gauche à droite : Tour de la Liberté à Saint-Dié-des-Vosges ; Dans les fjords de Norvège. Copyright Lindigomag/Pixabay
Plus d'infos








Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges

Les 5,6 et 7 octobre 2018
Thème 2018 : « La France demain »

Invité : « LaScandinavie »

 
www.facebook.com/festival.international.geographie

 


16/10/2017
Bertrand Munier




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