Reportage

Taïwan, l’autre Chine

A l’Est de l’Asie, Taïwan a développé une personnalité originale, héritage des Chinois venus s’installer au cours des siècles, mais aussi des Japonais qui ont gouverné l’île du Pacifique de 1895 à 1945. Voyage dans cette autre Chine mystérieuse.

Reportage et photos Patrick Cros



Fête des lanternes à Taïwan
Alors que la nuit tombe, des milliers de lumières s’allument à travers le pays. Taïwan a su conserver nombre de ses légendes, héritage de coutumes venues du fond des temps.
Dans la Chine ancienne, les hommes croyaient que l’on pouvait voir voler les esprits du ciel à la lumière de la première pleine lune de la nouvelle année. Ils utilisaient des flambeaux pour tenter de mieux les apercevoir dans la semi obscurité, donnant naissance à la Fête des Lanternes, toujours célébrée aujourd’hui.

A Maoli, point d’orgue de l’événement cette année, les danses et musiques se sont succédé comme le veut la tradition locale. Avec une intensité supplémentaire cette année : le centième anniversaire de la fondation de la République de Chine, plus connue sous le nom de Taiwan.

Montagnes bordant la mer de Chine et l'océan Pacifique
Une île reliée par son passé à la Chine continentale

Entre Chine et Japon, l’île sait surprendre les voyageurs. Par sa qualité de vie d’abord, aux accents mandarins, par sa culture aux différentes influences asiatiques, par ses paysages montagneux que bordent la mer de Chine et l’océan Pacifique, enfin par son histoire. Son passé est lié à celui de la Chine continentale. À la fin de la guerre civile chinoise, le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine est proclamée à Pékin après la victoire des communistes sur les nationalistes chinois.
Menés par Chiang Kai Shek, les dirigeants de la République de Chine se replient alors à Taiwan et Hainan, accompagnés de deux millions de personnes, scellant à jamais l’avenir de l’île. Depuis, les « deux Chine » ont appris à s’accepter, même si les tensions politiques persistent.

Marché de nuit à Taïwan
Des marchés nocturnes

Taipei est devenue la capitale, mais aussi la plus grande ville du pays avec ses 2,6 millions d’habitants. Porte d’entrée naturelle de cette terre du Pacifique, elle offre aux voyageurs un premier contact vibrant avec Taïwan. Il suffit de monter au 101ème étage de la tour Taipei 101, considérée comme la deuxième plus haute tour du monde avec ses 509 mètres de haut, pour apprécier l’étendue de cette cité, ou de se balader le long de ses avenues aux échoppes bardées de panneaux en chinois pour s’immerger dans un Taïwan moderne et pittoresque. La nuit, la ville s’illumine, proposant de nombreux marchés nocturnes animés et colorés où il fait bon se perdre. Aux commerces classiques, s’ajoutent des vendeurs bien plus insolites qui proposent des « douceurs » culinaires locales, aux parfums étranges, mélanges sucrés salés originaux. Avant de découvrir le reste de l’île, la visite du Musée National du Palais s’impose. Construit en 1965 dans les collines du nord de Taipei, ce site exceptionnel abrite quelques 665 000 pièces d'art chinois, dont l’une des plus grandes collections d'objets artisanaux chinois du monde avec des calligraphies, peintures, ouvrages anciens, archives de la dynastie Qing, bronzes, jades, céramiques et autres objets rares.

sculptures de la mer à Yehliu sur le côte nord
Les sculptures de la mer

A moins d’une heure de route de la capitale, Taiwan se transforme, dévoilant une nature où se côtoient forêts subtropicales, plantations de thé ou de riz et autres cultures ou élevages, parcourus de petite routes ou sentiers sinueux. Sur la côte nord, à Yehliu, se dressent des « sculptures de la mer », superbes formations rocheuses aux formes expressives, façonnées par la nature au fil des millénaires. A Beitou, ce sont des sources d’eau chaude qui font la réputation des lieux. C’est l’occasion de se baigner dans une eau à plus de 30°c, puis de profiter d’un massage dans l’un des resorts qui se sont installés.
En descendant vers le Sud de l’île, la température s’adoucit un peu plus. Les palmiers, fougères arborescentes et autres plantes subtropicales, deviennent de plus en plus nombreux. Au Sun Moon Lake la nature semble sublimer avec des collines couvertes de forêts qui s’échouent sur les berges du lac, autrefois lieu de promenade apprécié de Chiang Kai Shek. Plusieurs plantations, comme la Hugo Assam Tea Farm, ont élu domicile dans la région, produisant un thé noir réputé qui s’est même imposé à la célèbre Tea Auction House de Londres.

maître-artisan de Lugang, âgé de 80 ans
Le maître des lanternes

Les traditions et légendes sont restées bien vivantes à Taiwan, traversant les tumultes de l’histoire. Des artisans perpétuent un savoir-faire séculaire, comme ce maître artisan de Lugang qui, malgré ses 80 ans, continue à peindre avec raffinement des lanternes de papier. Ou ce sculpteur sur bois de Sanyi qui façonne avec un extraordinaire souci du détail des oeuvres à la gloire de Bouddha. A BeiPu, ce sont les Hakkas, descendants de Chinois han, qui ont donné leur empreinte au village. On continue à y boire un thé original, où se mélangent thé, graines de sésame et cacahuètes pilés. Toute la richesse culturelle de Taïwan se retrouve dans ce village posé sur une colline verdoyante, dans la sérénité d’un pays qui a su se créer une âme.

P.C.

cueillette du thé
Comment y aller ?



Vol direct Paris-Taipei avec Eva Air
www.evaair.com


Cathay Pacific propose également depuis le 29 mars 2011 deux vols quotidiens Paris-Taipei via Hong-Kong.
www.cathaypacific.com/fr


Port de pêche à Taïwan


13/09/2011
Patrick Cros




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