Culture

« Un Italien à Paris » s’invite avec éclat « Chez Maxim’s »

Génial ! Magnifico ! À nouveau, Gérard Chambre soulève une salve d’applaudissements avec sa compagnie « Opéra ma non troppo » et son spectacle « Un Italien à Paris » qu’il propose tous les lundis soirs au cœur de la capitale, et ce, dans l’établissement prestigieux de la rue Royale « Chez Maxim’s ou plutôt dans le cadre du « Théâtre Maxim’s ». Une étonnante et très belle découverte…

Par Bertrand Munier



Tous les lundis soirs, « Chez Maxim’s » ouvre son théâtre pour accueillir Gérard Chambre et sa compagnie « Opéra ma non troppo ». ©Alexandre Marchi

« Chez Maxim’s », une adresse prestigieuse qui brille au cœur de Paris. ©Alexandre Marchi
 De la gastronomie au théâtre


Le nom de « Chez Maxim’s » claque dans les esprits comme un drapeau dans le vent avec une carte revisitant les grands classiques de la cuisine française.



Pourtant ! Cette enseigne mythique de la gastronomique parisienne renferme un théâtre intimiste que Gérard Chambre s’est approprié depuis l’automne dernier avec sa pièce « Un Italien à Paris », écrite et mise en scène par lui-même.

Certes, l’espace est restreint mais l’environnement est à couper le souffle du sol au plafond. De facto, en pénétrant dans ces lieux historiques, le spectateur est pratiquement en apnée face à une décoration majestueuse.

Le célèbre couturier Pierre Cardin, maître de céans depuis 1981 souligne en permanence : «Gravures, meubles, peintures, céramiques, tous ces objets dans un registre décoratif témoignent de l’art de vivre à la Belle Époque
 
 

Du sol au plafond, les décors intérieurs s’inspirent de la faune, de la flore et du charme au féminin. ©Alexandre Marchi
Longtemps, Maxim’s a été l’un des premiers trois étoiles de l’Hexagone au niveau de la gastronomie. Tout le gotha mondial s’y pressait fiévreusement pour y être vu.


Malgré tout, cet empressement s’estompe au sortir des années fastes de l’après-guerre sans pour autant que l’établissement perde de son charme séculaire. Sur place, la lumière, le verre et la couleur à dominante rouge, se fondent avec le style Art nouveau mâtiné de faune et de flore, grâce au talent entre autres d’Émile Gallé et de Louis Majorelle, chefs de file de l’illustre École de Nancy.

Profitant de l’aura de cette adresse et de son cadre hors du commun, Gérard Chambre a eu rapidement quitus de Pierre Cardin pour mener à bien ses projets artistiques. D’autant plus que les deux hommes ont vite appris à se connaître et à s’apprécier aux détours des éditions estivales du festival d’art lyrique et de théâtre (Lacoste) basé dans le Lubéron. Un évènement qui a pour scène les sublimes carrières du château du marquis de Sade. Là, « Le petit groom de Chez Maxim’s » remporte un franc succès. Aussi est-ce concevable que ce spectacle musical gagne la capitale et les murs légendaires de « Chez Maxim’s » pour une longue et méritée carrière.

Le public attend impatiemment le lever du rideau dans un lieu historique. ©Alexandre Marchi

Au curriculum vitae artistique impressionnant, Gérard Chambre est la pierre angulaire du « Théâtre Maxim’s » tout comme du Festival Lacoste situé dans le Lubéron. ©Alexandre Marchi
Gérard Chambre en homme-orchestre
 



Préalablement connu du grand public pour ses interprétations du répertoire de Jacques Brel, ses rôles au cinéma, au théâtre et à la télévision, détenteur également d’une licence et maîtrise en psychologie française, Gérard Chambre a pourtant plus d’une corde vocale à son registre professionnel.


Et il le prouve depuis plusieurs années notamment « Chez Maxim’s ».  « Le restaurant étant fermé le lundi, commente-t-il, nous avons toute latitude de Monsieur Cardin avec ma troupe pour transformer une partie des lieux au rez-de-chaussée, en salle de spectacle style cabaret. Une aubaine mais également une fierté. »

Acteur, chanteur, compositeur, metteur en scène, il est revenu au 3 rue Royale avec « Un Italien à Paris », entraînant dans son élan Lucy Fabry, Véronique Fourcaud, Fabrice Coccitto, Matthieu Gambier et Marion Villaneau.

Le départ de « Gigi » pour Paris s’organise avec ses amis chez lui en Italie autour d’agapes aux spaghettis. ©Alexandre Marchi

Artiste-interprète, chanteuse et pianiste, Marion Villaneau apporte tout son talent musical à la réussite de ce spectacle. ©Alexandre Marchi
Un voyage de Naples… à Paris
 



« Cette pièce, souligne Gérard Chambre, suit le jeune Gianni, surnommé Gigi l’Amoroso, quittant son sol napolitain pour gagner Paris. »



Mais du rêve à la réalité, il y a un hiatus considérable. Hélas ! Ses désirs de conquête de la plus belle ville du monde vont partir en fumée comme celles qui embrument son volcan natal du Vésuve.

D’emblée, le spectateur est happé par le surnom du personnage principal interprété avec maestria par Fabrice Coccitto et attend que la chanson de Dalida donne la « note » de la soirée. Ce qui est le cas !

La suite est un voyage d’environ vingt-cinq chansons françaises et italiennes (Dany Brillant, Désireless, Eddy Mitchell, Adriano Celentano, Luciano Pavarotti, Eros Ramazzotti…)  que le public, connaissant parfaitement, reprend de temps à autres sur le bout des lèvres. Évidemment, Gérard Chambre a modifié les paroles pour être en adéquation avec son histoire. Qui plus est, l’ensemble est rehaussé magistralement par la prestation musicale au piano synthétiseur de Marion Villaneau. Sans déflorer totalement l’ensemble de la représentation, l’aventura de Gigi tournera court. Somme toute, ce spectacle musical réjouissant est à ne manquer sans aucun prétexte !

Bertrand Munier
 

 

Un voyage d’environ vingt-cinq chansons françaises et italiennes est proposé au public. ©Alexandre Marchi

« Un Italien à Paris » ! ©Théâtre Maxim’s; Annick, l’accueil et le sourire permanent du « Théâtre Maxim’s ». ©Alexandre Marchi
Plus d’Infos
 


« Chez Maxim’s »
Théâtre Maxim’s
Un Italien à Paris
Mise en scène : Gérard Chambre
3 rue Royale (Métro Concorde)
75008 Paris
 


Mél :
gerardolivierchambre@gmail.com
Site : https://maxims-de-paris.com/fr/
 


Tous les lundis à 20H30
Réservation : 01 42 64 37 33
Prix : 35 euros


30/05/2019
Bertrand Munier




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