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Reportage

Balades toniques à Lisbonne inspirées par l’art et le patrimoine

Empreintes d’un charme un peu mélancolique les rues de Lisbonne n’en finissent pas de descendre et de monter avec des vues plongeantes sur le Tage, des trésors dans les musées, quelques grands noms du Street art sur les murs et le long des rives, le souvenir des grands navigateurs.

Par Catherine Gary



Sur les hauteurs de Graça © Catherine Gary.
Sur les hauteurs de Graça © Catherine Gary.
Poussez les portes du Musée national des arts anciens, emblème de la ville...

Ce palais, le MNAA, appartint jadis au marquis de Pombal, celui qui reconstruisit le cœur de Lisbonne après le tremblement de terre qui terrassa la ville en 1755. Acquis plus tard par l’Etat, il abrite derrière ses hautes façades blanches et ocres des collections à la mesure de la grande épopée coloniale du Portugal à travers l’Asie et le Nouveau Monde. Comptez deux heures pour ce parcours riche de 2 200 œuvres allant du XIVè au XIXe siècle. Avec pour commencer de remarquables peintures portugaises dont la star, le polyptyque de l’Adoration de Saint Vincent en cours de restauration voisine dignement avec les chefs d’œuvre des autres maître européens.
 

Jardin du MNAA et figurines en vermeil du Frrançais Ambroise Cousinet. XVIIIè siècle © Catherine Gary
Jardin du MNAA et figurines en vermeil du Frrançais Ambroise Cousinet. XVIIIè siècle © Catherine Gary

Des trésors à découvrir

Étonnante Tentation de Saint-Antoine de Jérôme Bosch dont la minutie et l’imagination quasi surréaliste dans le rendu des travers humains fascine depuis toujours les visiteurs. Citons aussi une Vierge de Hans Memling, un Saint Jérôme en prière d’Albrecht Dürer, le Saint Augustin de Piero della Francesca, une Salomé de Lucas Cranach, une Infante de Velasquez, Saint Pierre en larmes de Zurbaran, le Mariage Mystique de Sainte Catherine de Murillo... la liste serait longue pour être exhaustive. Viennent ensuite les comptoirs lointains avec des œuvres et objets exotiques de Goa, de Ceylan, de Chine, du Japon tels que céramiques ou paravents. Sont également exposés des merveilles d’art sacré dont les églises baroques aux retables couverts d’or du Nouveau Monde accompagnaient les rites chrétiens.
 
MNAA Centre du triptyque de Jérôme Bosch, La Tentation de Saint Antoine © Catherine Gary
MNAA Centre du triptyque de Jérôme Bosch, La Tentation de Saint Antoine © Catherine Gary

Prendre de la hauteur au Palais royal de Queluz

Palais royal de Queluz côté jardins et les jardins à la française  © Catherine Gary
Palais royal de Queluz côté jardins et les jardins à la française © Catherine Gary
On le qualifie de petit Versailles portugais et il est vrai qu’il a de l’allure dans son aura de majesté même si ses dimensions sont plus raisonnables. Vous le découvrirez à une dizaine de kilomètres de la capitale après quelques lacets qui grimpent entre campagne verdoyante et forêt le temps d’une échappée dans une nature sereine. Queluz ne fut à l’origine qu’une simple ferme jusqu’à ce que le roi consort Pierre II de Bragance, mari de la reine Marie I, décide en 1747 d’en faire son palais. Il restera résidence royale jusqu’à la fuite de la famille au Brésil quand en 1807 Junot occupe la place avec l’arrivée des armées napoléoniennes... Le tremblement de terre huit ans après le début des travaux modifie les plans des architectes qui optent pour des bâtiments stables, longs et plus bas que prévus. Résultat, un ensemble aux lignes pures et légères dont les façades bleutées se reflètent dans les bassins au cœur du merveilleux jardin à la française avec parterres de buis, fontaines, statues et petit canal de navigation entre parois d’azulejos.
 

Toutes les richesses du Brésil

L’intérieur reflète l’abondance du pays après la découverte de l’or brésilien et vous en met plein les yeux car les artistes et architectes locaux ou étrangers, français en particulier, n’ont pas été avares en ornementations foisonnantes, d’ors, de lustres, de miroirs, de peintures, de mobiliers.  Salles de bal, du trône, des Ambassadeurs, salon de musique, salle à manger, appartements privés, chapelle... le tout forme une succession de décors raffinés
 
 
Palais Royal de Queluz. Salle de bal. La salle à manger © Catherine Gary
Palais Royal de Queluz. Salle de bal. La salle à manger © Catherine Gary

S’aventurer dans l’une des plus grandes collections privées du monde

Dans son architecture aux lignes épurées inspirées de l’architecte Frank Lloyd Wright le musée Calouste Gulbenkian est un voyage de 5000 ans à travers l’art et la culture. Les œuvres choisies et acquises par ce riche collectionneur avec le soutien de spécialistes du monde entier ont une valeur unique tant pour l’Egypte, la Grèce, le Moyen Orient islamique, la Mésopotamie, la Chine ou le Japon et s’illustrent ici par des chefs d’œuvre représentatifs du summum de l’art. Même qualité pour les maîtres de la peinture européenne depuis les Primitifs italiens et flamands jusqu’au artistes du XIXe siècle.
 
Musée Gulbenkian. Céramique de Perse du 13e siècle et tapis de Perse du 18e siècle © Catherine Gary
Musée Gulbenkian. Céramique de Perse du 13e siècle et tapis de Perse du 18e siècle © Catherine Gary

Inestimable collection française du XVIIIe siècle

Une Sainte famille de Carpaccio, la Fuite en Egypte de Rubens, un Vieil Homme de Rembrandt, un Paysage de Ruisdael précèdent les Monet, Manet, Degas, Rodin, Turner, Guardi... Les Arts décoratifs sont également présents s’illustrent en particulier pour le mobilier et l’orfèvrerie avec une inestimable collection française du XVIIIe siècle et des pièces acquises au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg après la révolution de 1917. Le tout se termine dans la grâce de 200 bijoux Art Nouveau de René Lalique grand ami de Gulbenkian.
 
Musée Gulbenkian. Carpaccio. La Sainte Famille et René Lalique. @ Catherine Gary
Musée Gulbenkian. Carpaccio. La Sainte Famille et René Lalique. @ Catherine Gary

Se balader en bord de Tage en humant l’air du large

La Tour de Bélem oucverte sur l'océan à l'embouchure du Tage depuis le XVIè siècle © Catherine Gary
La Tour de Bélem oucverte sur l'océan à l'embouchure du Tage depuis le XVIè siècle © Catherine Gary
Depuis l’embouchure du fleuve jusqu’au musée du MAAT (Musée d’Art, d’Architecture et de Technologie) Belém, le faubourg à l’ouest de la ville, reste imprégné de l’épopée héroïque des Grandes Découvertes. La Tour de Belém en est la vigie et le phare toujours dressé à l’embouchure du Tage depuis sa construction en 1515 par le roi Manuel et la beauté de son architecture militaire brave encore les assauts de l’océan. De là partirent les premiers grands navigateurs à la conquête de mondes inconnus en Afrique, au Brésil et plus loin encore en Asie... Là arrivaient les galions chargés d’épices, de porcelaines, de soies, d’émeraudes et de topazes. Mieux vaut visiter cet emblème national en début de matinée car il est très fréquenté des touristes.

Le monument des découvertes

A quelques centaines de mètres le Monument des Découvertes élevé en 1960 par Salazar pour commémorer le 500e anniversaire de la mort de Henri le Navigateur, d’où les controverses qu’il soulève. Il s’avance comme une proue de navire avec sur ses flancs les grandes figures des grandes épopées maritimes portugaises et en son centre l’inventaire des équipées fabuleuses dont le franchissement du cap de Bonne Espérance....
 
Le Monumen des Découvertes  à Belem © TurismoLisboa
Le Monumen des Découvertes à Belem © TurismoLisboa

S’immerger dans l’ambiance contemporaine du MAAT

1 MAAT. Exposition Joana Vasconcelos/ 2 Le Pont du 25 Avril à Belem 3/ MAAT. Conçu comme une vague tournée vers le fleuve © Catherine Gary
1 MAAT. Exposition Joana Vasconcelos/ 2 Le Pont du 25 Avril à Belem 3/ MAAT. Conçu comme une vague tournée vers le fleuve © Catherine Gary
D’un blanc immaculé et conçu comme une aile nouvelle à l’ancienne centrale électrique devenue elle-même lieu d’expositions, ce musée dédié à l’art, à l’architecture et à la technologie projette depuis 2016 sa silhouette vers le fleuve comme une vague rappelant le lien historique de la ville avec son estuaire. Une aile qui couvre de son ombre les berges très exposées au soleil en été. Les deux bâtiments accueillent en ce moment “Plug-in“, une exposition de l’artiste portugaise Joana Vasconcelos connue pour ses sculptures monumentales et ses installations immersives dans un ensemble luxuriant d’œuvres qui dialoguent entre patrimoine populaire et haute culture, entre technologie et arts visuels. Encore quelques centaines de mètres et voici le Pont du 25 de Avril qui tire son nom du début de la Révolution des Œillets en 1974 et rappelle avec ses 2277 mètres de long le Golden Gate Bridge de San Francisco.
 

Découvrir le Street Art des quartiers Alfama, Graça ou Moscavide

Voilà une jolie façon de s’immerger dans ces quartiers de charme à l’écart du centre qui sont très prisés des bobos lisboètes et dont les prix immobiliers ont grimpé ces dernières années comme les rues où il faut crapahuter avec de bonnes chaussures et de la force dans les mollets. A la clé, de jolies découvertes à ciel ouvert car depuis des années la capitale portugaise est devenue elle aussi un fer de lance du Street Art. La preuve en est la présence de certaines signatures internationales comme Shepard Fairey, connu en France pour sa Marianne stylisée présentée à l’Élysée et à Graça pour sa combattante au béret, fleur à la main, symbole de la Révolution des œillets. La vedette ici c’est Bordallo II avec ses “Big Trash Animals“ de grandes œuvres créées dans toute la ville avec les déchets ramassés dans la rue, une façon de dénoncer la pollution et la saleté de certains quartiers. Beaucoup d’œuvres sont éphémères, les murs squattés faisant souvent place à des constructions nouvelles mais ce n’est pas le cas dans la cité de Moscavide où des façades entières de Street art embellissent la monotonie des barres d’immeubles tout en pointant la violence et les inégalités. Mieux vaut quoi qu’il en soit faire une recherche sur le web avant de vous lancer pour dénicher les œuvres en cours. A moins que vous ne préfériez les surprises inattendues dans les quartiers de Graça et Alfama qui méritent à eux seuls la balade au hasard de leurs rues dominant le Tage.
 
 
1,2,4 Quartier Moscavide Street art 3/L'une des œuvres de Bordalo II faite de matériaux de récupération © Catherine Gary
1,2,4 Quartier Moscavide Street art 3/L'une des œuvres de Bordalo II faite de matériaux de récupération © Catherine Gary

Pour en savoir plus :

- Y aller en avion :

TAP Air Portugal, première compagnie aérienne du Portugal propose désormais “Ponte Aerea“ soit 8 vols quotidiens entre Paris et Lisbonne et idem retour pour répondre à la demande croissante des voyageurs avec une souplesse optimale. De plus, en fonction de leurs agendas les clients peuvent anticiper leur départ le jour même et embarquer en fonction des places disponibles sur un vol précédent leur vol d’origine sans payer aucun supplément. Le changement le jour même avec une réservation confirmée est également possible moyennant des conditions de changement avantageuses. Cette nouvelle offre est conçue pour répondre aux besoins des voyageurs fréquents. Ponte Aerea c’est : 

- 8 vols allers et 8 vols retours quotidiens entre Paris et Lisbonne 
- Changement gratuit le même jour sur un vol précédent, en fonction des places disponibles. 

- Enregistrement disponible jusqu'à 45 minutes avant le départ du vol 
- Accès privilégié à Paris et Fast Track à Lisbonne, un service permettant de faciliter le passage aux contrôles de sécurité 

Ponte Aerea est également possible entre Lisbonne et Porto, Funchal et Madrid.

https://www.flytap.com/fr
 
- Visiter

. Le MNAA
Rua das Janelas Verdes

https://www.visitlisboa.com/fr/des-entroits/musee-national-d-art-ancien

. Le MAAT
Avenida Brasilia Belém

https://lisbonne.net/maat-lisbonne

. Le Musée Calouste Gulbenkian
Av. De Berna 45A
https://gulbenkian.pt/museu/en/bienvenue/

- Visiter aussi...

. La Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva. Dans ce musée contemporain sont exposées les œuvres de ce couple de peintres qui fit partie de la seconde Ecole de Paris et participa aux mouvements artistiques et intellectuels de l’avant-garde européenne.
Alto de Sao Francisco,3

www.fasvs.pt

. Maison/musée Fernando Pessoa. Pour en savoir plus sur l’œuvre de ce grand poète lisboète a passé ici les 15 dernières années de sa vie. Son œuvre mélancolique imprègne la capitale de façon très littéraire.
Rua dio Arsenal, 2

https://www.visitlisboa.com/fr/des-entroits/maison-fernando-pessoa
 
Musée Fernado Pessoa, Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva, vols de la TAP © Catherine Gary et David Raynal
Musée Fernado Pessoa, Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva, vols de la TAP © Catherine Gary et David Raynal

Se régaler

Le nouveau guide Michelin 2024 confirme la croissance gastronomique du pays avec 8 restaurants de 2 Etoiles (dont 1 nouveau), 31 restaurants 1Etoile (dont 4 nouveaux), 5 restaurants Etoile Verte (dont 2 nouveaux), 2 restaurants Bib Gourmand (dont 8 nouveaux) et96 restaurants recommandés (dont 21 nouveaux).

Nous avons testé avec délices les restaurants suivants à Lisbonne :

. Restaurant Via Graça. Vue magnifique sur le Tage. Cuisine raffinée et service attentif. Prix assez élevés.
R. Damasceno Monteiro 9 b 

https://restauranteviagraca.pt/en/

. La MAAT Kitchen à Bélem
Très belle carte de poissons et de fruits de mer dans de bons rapports qualité/prix et une vue directe sur le Tage. Tout est délicieux et l’accueil est chaleureux.

Museu MAAT. Av. Brasília

https://mercantina.pt/en/restaurantes/maat-cafe-kitchen/

. Terraço Editorial
Au rooftop d’un grand magasin ce restaurant riche d’une bonne cave vous propose de savoureux accords mets et vins. Le chef privilégie les petits producteurs locaux. Les poissons sont excellents dont un filet de maigre doré et des croquettes de calamar fondantes et parfumées.
R. dos Fanqueiros 276 piso 8

https://terracoeditorial.pt

. Le Sauvage
 Cuisine inventive qui cultive la fraicheur dans un décor tropical avec un menu qui mélange les influences des diverses régions du monde. Excellente burrata, tartare de thon au caviar de yuzu, crabe servi dans un “bolo do caco“ à la tomate... 
Av. António Serpa 9

https://sauvage.pt/pt/

- Dormir.
Le Lumen Hôtel 4 étoiles supérieur est le premier hôtel du Portugal à proposer un spectacle de vidéo-mapping chaque soir sur les murs de sa cour extérieure. Joli spectacle derrière les baies vitrées durant le dîner de son restaurant, le Clorifila. Hôtel central, élégant, avec piscine au sommet et salle de sport.
Rua Sousa Martins, 20

https://www.lumenhotel.pt/fr

 
 

 
1/ Filet de maigre doré aux légumes et oignons confits. Restaurant Terraço Editorial Lisbonne 2/ Tartare de thon au caviar de yuzu servi dans une huître. Restaurant Sauvage Lisbonne 3/ Poulpe accompagné de légumes à l'ancienne. Restaurant Via Graça. Lisbonne 4 et 5 Le 27 février, pour la première dans l’histoire du guide Michelin, une sélection exlusivement portugaise a été présentée lors d’une cérémonie dédiée qui s'est tenue à Guia, dans la région d’Algarve. Le Portugal vit un moment de maturité culinaire, illustré par de nouvelles ouvertures ainsi que l’éclosion de propositions gastronomiques particulièrement intéressantes  © Catherine Gary et David Raynal
1/ Filet de maigre doré aux légumes et oignons confits. Restaurant Terraço Editorial Lisbonne 2/ Tartare de thon au caviar de yuzu servi dans une huître. Restaurant Sauvage Lisbonne 3/ Poulpe accompagné de légumes à l'ancienne. Restaurant Via Graça. Lisbonne 4 et 5 Le 27 février, pour la première dans l’histoire du guide Michelin, une sélection exlusivement portugaise a été présentée lors d’une cérémonie dédiée qui s'est tenue à Guia, dans la région d’Algarve. Le Portugal vit un moment de maturité culinaire, illustré par de nouvelles ouvertures ainsi que l’éclosion de propositions gastronomiques particulièrement intéressantes © Catherine Gary et David Raynal


08/03/2024
Catherine Gary





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