Reportage

L'appel des femmes du désert

En juin 2009 treize millions de Marocains étaient appelés aux urnes pour voter aux élections locales, avec pour la première fois, un quota minimum de sièges réservé aux femmes. Quelques semaines auparavant, le festival international de M’Hamid el Ghizlane avait ouvert le débat en prenant pour thème le rôle essentiel de la femme dans la société nomade. Reportage aux portes du désert.

Par David RAYNAL (texte et photos)



Crédit photo/David Raynal
Crédit photo/David Raynal
Créé en 2004 à l’initiative de l'association Nomades du monde, le festival international des nomades de M’Hamid el Ghizlane se déroule chaque année au mois de mars dans le sud-est marocain, à l’endroit précis où les eaux du Drâa ont la délicatesse de s’évanouir dans les sables du désert. Sous l’impulsion de son président, Noureddine Bougrab, cette manifestation populaire, conviviale et citoyenne, entend faire découvrir à ses visiteurs les mystères de la culture nomade. L’enseignant qui porte sur son sourire et défend dans ses actes, les valeurs ancestrales de l’hospitalité saharienne, s’est fait le porte parole des difficultés et des espoirs de tout un peuple.

« Ce n'est pas facile d'organiser un événement dans une région aussi éloignée en plein désert. Nous faisons de notre mieux pour faire face aux différents obstacles, notamment naturels et financier. Ceux qui nous aident sont de véritables militants. Le nomadisme a été jusqu’au néolithique le premier mode de vie de l’humanité. C’est pour cela que nous devons à tout prix le préserver » explique le président de l’association.

Crédit photo : David Raynal
Crédit photo : David Raynal
Durant quatre jours, le festival s’intéresse avec une grande liberté de ton aux réalités de la vie nomade au 21e siècle. Une existence aujourd’hui menacée par la semi-sédentarisation, la disparition progressive des activités traditionnelles et le développement croissant d’un tourisme qui se doit d’être maitrisé.

« Le but de ce festival est de présenter la société nomade sous tous ses aspects, climatiques, botaniques, géographiques, historiques et bien sûr humains. Ce rendez-vous annuel nous permet de retrouver nos racines et de mettre l’accent sur la préservation et le développement de l’élevage camelin. Dans cette optique, nous organisons par exemple le prix du meilleur éleveur de dromadaires » explique avec enthousiasme Noureddine Bougrab.

Rôle primordial de la femme nomade

Crédit photo  : David Raynal
Crédit photo : David Raynal
Contrairement à ce qu’il se passe dans les autres sociétés musulmanes, les femmes sahraouies sont ici les dépositaires des valeurs sociales. En plus de s’occuper de l’éducation des enfants et des tâches ménagères, elles restent, selon la tradition, propriétaires de leurs tentes, et du mobilier qu’elles apportent en dot. Pendant longtemps, les hommes s’occupaient principalement de l’élevage et du gardiennage des bêtes ainsi que de la protection de la famille. Ils ne pouvaient fonder seul un foyer et perdaient de fait, en cas de divorce, leur abri. D’où ce relatif vent de liberté qui souffle dans le cœur et sur les têtes des femmes du désert dont certaines rechignent parfois à porter le voile islamique.

«La création d’associations locales permettent aux femmes de s’émanciper. Nous donnons des cours d’hygiène, de préparation à l’accouchement. Nous faisons du soutien scolaire et organisons des ateliers de fabrication de tapis. Il est important qu’elles puissent se remettre au travail puisqu’elles ont perdu leur rôle avec la sédentarisation. Il faut enfin qu’elles soient associées comme les hommes aux prises de décisions » rappelle Sfia Aminotrasse, présidente de l’association Sidi Hssain pour le développement rural.

De nos jours, la sédentarisation forcée de la population dans les villes et les villages fragilise le statut des femmes et favorise parfois leur répudiation. Cette coutume légale a toutefois cessé d’être le droit exclusif du mari. Elle est désormais soumise à l’autorisation préalable du juge.

Pour la première fois aux dernières élections communales un quota de 12 % de sièges était réservé aux femmes. Après la réforme du code familial (Moudawana) initié par le roi Mohamed VI en 2004, ces nouvelles dispositions électorales permettront peut-être aux femmes nomades de reconquérir par les urnes leur indépendance. Une aspiration légitime qui a été jusqu’ici trop souvent battue en brèche par l’analphabétisme, l’absence d’accès aux soins et le manque de perspectives professionnelles.

Crédit photo : David Raynal
Crédit photo : David Raynal
Site du festival
[www.nomadsfestival.com]url:http://www.nomadsfestival.com/

Où loger ?

Hôtel Kasbah Azalay
M’Hamid el Ghizlane – Zagora -Maroc
Tél: 00212 (0) 24 84 80 96 - 00212 (0) 24 84 80 98
Fax : 00212 (0) 24 84 80 98
GSM : 00212 (0) 61 68 62 74
info@azalay.com
[www.azalay.com]url:http://www.azalay.com/

Dans les environs

Eden Andalou
Km 9 route d'Amezmiz
Marrakech Maroc
Tél : +212 524 45 94 00 Fax : +212 524 37 57 52 /
E-mail : resa@edenandalou.com
[www.edenandalou.com]url:http://www.www.edenandalou.com/

Riad Salam Hôtel Zagora
Bd Mohamed V
BP 60 45 900 Zagora
Tél : 212 24 84 74 00
Fax: 212 24 84 75 51
riadzag@menara.ma
[www.mahdsalam.com]url:http://www.mahdsalam.com/

Tamnougalt
Auberge “Chez Yacoub”
Tamnougalt – CR Mezguita – Cercle de Agdez
Province Zagora Maroc
Tél/Fax : 00 212 (0) 28 84 33 94
Mobile : 00 212 (0) 66 10 43 05

Produits à base d’extrait de dattes
ROB –Oasis du sud SARL
Centre M’Hamid el Ghizlane – Zagora - Maroc
Tél : 024 84 85 80
GSM : (+212) 076 52 29 43 – 069 93 25 32

Crédit photo : David Raynal
Crédit photo : David Raynal


17/07/2011
Par David Raynal





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