Reportage

Nicaragua, Honduras, Salvador, des destinations passionnantes !

Villes coloniales animées, lacs et lagunes cernés de cratères encore fumants, haciendas où se font les meilleurs cafés… Ajoutez à cela les charmes très particuliers de ces trois pays dont le calme revenu permet un voyage enchanteur.

Par Catherine Gary



Volcan Concepcion sur l'île d'Ometepe. @ C.Gary
Volcan Concepcion sur l'île d'Ometepe. @ C.Gary
NICARAGUA.

Quand les villes coloniales défient les volcans  !


 

Masaya, accessible jusqu’à son cratère dans les vapeurs sulfureuses ou le lunaire Cerro Negro dont les cendres charbonneuses se prêtent aux intrépides sandsurfers. @ C.G.
Masaya, accessible jusqu’à son cratère dans les vapeurs sulfureuses ou le lunaire Cerro Negro dont les cendres charbonneuses se prêtent aux intrépides sandsurfers. @ C.G.
Au pays des cracheurs de feu
 
L’isthme étroit du plus grand pays d’Amérique centrale s’étire entre côte Pacifique et Caraïbe avec au beau milieu une étonnante mer d’eau douce, ses vagues, ses tempêtes et son île, Ometepe, chapeautée de deux volcans aux cônes parfaits.

On y grimpe le long des sentiers escarpés pour une balade dans la nature tropicale avec oiseaux multicolores, orchidées… Côté volcans, le pays s’y connaît car une bonne partie de la ceinture de feu égrène ici ses sommets.

Au pied de ces géants et à leurs risques et périls les villes ont jadis fondé leur prospérité. Certaines ont dû se reconstruire de fond en comble.

Parmi ces sommets, le lunaire Cerro Negro dont les cendres charbonneuses se prêtent aux intrépides sandsurfers. Ou le Masaya, accessible jusqu’à son cratère dans les vapeurs sulfureuses qui ne crachent plus de feu depuis quelques années.... Du nord au sud, ces paysages teintés de tellurisme sont un vrai bonheur d’écotourisme.

Granada La cathédrale, imposante et colorée .@
Granada La cathédrale, imposante et colorée .@

De gauche à droite :  Une rue tranquille de Léon et une rue de Granada . @ C.Gary
De gauche à droite : Une rue tranquille de Léon et une rue de Granada . @ C.Gary
Granada la belle, l’emblème colonial 
Granada la conservatrice et Léon la libérale furent tour à tour capitales rivales du pays. Si bien que pour en finir Managua fut élue capitale à son tour à mi-chemin des deux, en 1858.

Granada richement dotée en bordure du lac Nicaragua est “la“ ville coloniale par excellence avec ses rues en damier aux toits de tuiles glissant en douceur vers les façades colorées le long de hautes arcades ombragées. Sa prospérité attira souvent la convoitise des corsaires mais elle arbore toujours de beaux restes avec sa jolie gare aujourd’hui désaffectée, ses rues pavées où résonnent le sabot des chevaux qui tirent de blanches calèches pour les touristes qui se font chaque année plus nombreux. Il faut se dépêcher si on veut encore en apprécier l’authenticité ! Ses places animées, ses églises dont le campanile de la Merced où il faut grimper pour une vue magique sur le volcan Mombacho s’animent le soir. En particulier la fraîcheur de la calle Real où il est bien agréable de se poser en terrasse pour écouter la musique locale.

De gauche à droite :Granada La cathédrale, imposante et colorée et à Léon les fresques rappellent les combats contre Somoza @ C.Gary
De gauche à droite :Granada La cathédrale, imposante et colorée et à Léon les fresques rappellent les combats contre Somoza @ C.Gary
Léon, la culturelle et rebelle

Changement d’ambiance dans cette autre ville coloniale, riche en contrastes.

D’un côté, des couvents, des églises (seize plus baroques les unes que les autres dans leur profusion de retables dorés) au milieu desquelles se distingue la plus grande cathédrale d’Amérique centrale avec ses murs et coupoles immaculées. De l’autre, la deuxième université du pays, turbulente et animée, qui n’hésite pas donner de la voix. Pas surprenant qu’à Léon se soit fomentée la Révolution sandiniste pour renverser le dictateur Somoza dans les années 60. Les fresques sur les murs en rappellent ces nombreux et violents combats. On se balade au hasard des façades parfois délavées et des patios ombragés. L’effervescence brouillonne des marchés, des restaurants, des cafés réserve aussi la surprise de musées discrets mais passionnants comme celui dédié à Ruben Dario, ce grand poète vénéré dans tout le pays. Sur la grand place, on déguste en terrasse un cocktail aux fruits ou, mieux, cet excellent Flor de Cana, le rhum national avant de se régaler d’une grillade, parillada, dont on a ici le secret.  

La Ceiba @ CG
La Ceiba @ CG
HONDURAS.

Une cité précolombienne, des parcs naturels protégés,
des coraux de toute beauté…


 

Les pyramides de Copan @ C.G.
Les pyramides de Copan @ C.G.
Copan, perle maya aux mille pierres sculptées
 

Plus discrète que sa voisine Tikal qui dresse ses temples millénaires au- dessus de la canopée guatémaltèque, Copan n’en est pas moins l’un des plus beaux témoignages de la civilisation maya. 



On la découvre à travers un labyrinthe de temples qui donnent une idée de sa prospérité du IIIè au Xè siècle.

Les fêtes rituelles n’excluaient pas alors les sacrifices humains et attiraient du monde au centre de l’Acropole dont la pyramide s’orne toujours d’un escalier monumental sculpté de 1800 glyphes témoins des hautes connaissances des Mayas en mathématiques et en astronomie.

De remarquables stèles gardent gravées la mémoire du grand roi Dix-Huit Lapin, affublé d’un curieux sobriquet pour le visiteur contemporain.

On se dirige ensuite vers le musée, autre incontournable pour l’excellence de ses présentations, avant de se poser pour la nuit dans le charmant village du même nom…

De gauche à droite : Plage de West Bay et Village de pêcheurs de Oak Ridge @ C.G.
De gauche à droite : Plage de West Bay et Village de pêcheurs de Oak Ridge @ C.G.
Roatan, un paradis pour les plongeurs sous-marins
 
Plus tranquille que son voisin le Nicaragua côté secousses telluriques, le Honduras se prête à merveille à l’écotourisme dans l’intérieur des terres.

Mais ses côtes, sur le Pacifique et surtout sur la mer Caraïbe, ont aussi un charme fou. Elles sont jalonnées de plages de sable immaculé face à la mer turquoise ainsi que de quelques îles au large qui attirent les plaisanciers. La plus belle, Roatan, est cernée par la deuxième plus grande barrière de corail du récif méso-américain, 700 km jusqu’au Mexique. Les bateaux débarquent au port de Coxen Hole pour profiter d’avril à juin de son caractère authentique et de tous les attraits des sports nautiques à proximité des villages aux maisons en bois peint. On se pose à West Bay, la plus belle plage de l’île face à l’eau limpide. Là où les bateaux à fond de verre proposent leurs balades à la découverte des coraux et d’innombrables bancs de poissons qui vous frôlent en gracieuses formations. Masque et tuba suffisent déjà pour un éblouissement garanti. Le village de pêcheurs d’Oak Ridge et ses maisons multicolores sur pilotis au bord de l’eau mérite le détour avec, tout près, la mangrove, le temps d’une immersion en barque dans l’enchevêtrement de ses racines aériennes où vivent de tout petits crabes d’un rouge éclatant.

Roatan La côte Caraïbe et ses maisons sur pilotis @ C.G.
Roatan La côte Caraïbe et ses maisons sur pilotis @ C.G.

De gauche à droite. Les surprises d'une balade dans le parc naturel du lac Yojoa ;et  le matin sur la lac Yojoa @ C.G.
De gauche à droite. Les surprises d'une balade dans le parc naturel du lac Yojoa ;et le matin sur la lac Yojoa @ C.G.
Pico Bonito et lac Yojoa: la luxuriance d’une nature tropicale indemne
     
Le Parc National de Pico Bonito, 2 436 mètres sur la côte nord du pays est une merveille de biodiversité.

Il abrite une flore remarquable et une faune de paresseux, de tapirs, de jaguars et d’oiseaux qui raviront les randonneurs. Les sentiers démarrent au niveau de la mer à travers une forêt tropicale humide pour évoluer en bois de pins en même temps que l’air se fait plus sec. Les accès y sont nombreux et les lieux se prêtent au rafting dans les eaux torrentielles du Rio Cangrejal avant de se poser, un conseil, à la Villa de Soledad, un hôtel de charme en pleine forêt. Trois heures de route plus tard à travers les plantations de palmiers à huile et de bananiers voici Yojoa, le plus grand lac du pays et ses 500 espèces d’oiseaux. On y surprend dans le silence matinal les aigrettes, les gobe-mouche, les hérons tigrés, les perroquets, les toucans et on profite de la proximité du Parc écologique et archéologique de Los Naranjos pour suivre les traces des Lencas, une population précolombienne plus ancienne encore que les Mayas et ont les tumuli et le musée livrent quelques beaux secrets.

Au Salvador la côte est du Pacifique est un paradis pour surfers . @ C.G.
Au Salvador la côte est du Pacifique est un paradis pour surfers . @ C.G.
BIENVENUE A L' EST DU SALVADOR !

Spots de surf, sites archéologiques,
villages fleuris au pied des cratères. 

Puro Surf, proposant des initiations dès l’âge de 5 ans ! Forte de son succès, la côte voit se multiplier les hôtels de charme ou de standing, en particulier autour du joli village de El Tunco,@ C.G.
Puro Surf, proposant des initiations dès l’âge de 5 ans ! Forte de son succès, la côte voit se multiplier les hôtels de charme ou de standing, en particulier autour du joli village de El Tunco,@ C.G.
La côte Pacifique paradis des surfers
 

Avec plus de 300 kms de côtes rocheuses, de falaises et de plages de sable noir, le Salvador a de quoi accueillir ces passionnés d’autant qu’une trentaine de kilomètres à peine séparent la capitale des sites les plus prisés.

L’occasion de joyeuses ambiances de La Libertad à El Zonte auxquelles se mêlent des sportifs internationaux qui viennent se mesurer aux vagues écumantes dépassant les 10 mètres.

Une Surf City américaine est en train d’investir plusieurs kilomètres de cette côte sauvage avec, déjà ouvert, un vaste hôtel design, Puro Surf, proposant des initiations dès l’âge de 5 ans ! Forte de son succès, la côte voit se multiplier les hôtels de charme ou de standing, en particulier autour du joli village de El Tunco, porte d’entrée à El Sunzal ou El Zonte.

Parmi eux, le Boca Ola et ses bassins sous la verdure ou le très contemporain Acantilados. Le port de La Libertad a gardé, lui, ses fortes traditions locales qu’on apprécie le matin au marché aux poissons à l’arrivée des pêcheurs dont les barques sont treuillées sur la digue à proximité des étals où ils disposent les produits de leurs pêches quasi miraculeuses

De gauche à droite :  Joya de Céren. Unesco. La “Pompéi d'Amérique“ @ C.G. et. Joya de Céren. Unesco. Des maisons mayas découvertes  sous les cendres. @C.G.
De gauche à droite : Joya de Céren. Unesco. La “Pompéi d'Amérique“ @ C.G. et. Joya de Céren. Unesco. Des maisons mayas découvertes sous les cendres. @C.G.
La “Pompéi d’Amérique“ à Joya de Ceren,

 
L’appellation surprend mais elle témoigne, toutes proportions gardées, du même phénomène : une éruption volcanique en 590ap J-C, qui a enseveli un village entier, le pétrifiant sous 4 à 6 mètres de cendres.

Découvert en 1976 et inscrit au Patrimoine mondial par l’Unesco en 1993, la dizaine de structures excavées ne témoignent pas cette fois des rites sacrés au cœur de temples élevés mais du mode du vie tout simple des villageois mayas.

Un village typique @ DR
Un village typique @ DR

Village sur la Route des fleurs; @ C.G.
Village sur la Route des fleurs; @ C.G.
Une Route des fleurs qui serpente entre lacs et volcans…

 
Entre Concepcion de Ataco et Sonsonate, l’une des plus jolies routes du pays délivre à l’automne ses couleurs luxuriantes à travers les paysages uniques formés par la chaîne des volcans. Haies piquées de fleurs jaune vif s’y mêlent à la floraison immaculée des plantations de café.

Car ici le café c’est le trésor, pour la majorité exporté, qu’il faut savoir déguster à la façon locale, très dilué, après avoir visité un des domaines ancestraux locaux. Comme celui d’El Carmen à Sonsonate qui vous dit tout depuis la cueillette de cette pépite noire jusqu’à sa torréfaction. Chaque village a son charme authentique et son sens de l’accueil avec au centre la place animée à l’ombre des arbres, la petite église baroque et les rues pavées qui épousent les courbes de la montagne. Parmi eux, Apaneca d’où partent de jolis sentiers de randonnée le long des cascades et à la découverte des oiseaux. Ou Nahuizalco, l’un des plus anciens villages Pipils dont un petit musée compte l’histoire souvent douloureuse au temps des Espagnols, “pour que la mémoire prenne la parole“… Le marché matinal y est très coloré tandis que celui du soir s’illumine de bougies ; et on y croise encore des femmes en habit traditionnel.

La dernière éruption de l'Izalco date de 1966... @ C.G.
La dernière éruption de l'Izalco date de 1966... @ C.G.
La somptueuse concentration des volcans !
 
Avec 25 volcans le pays a de quoi narguer le Nicaragua voisin, bien placés qu’ils sont tous deux sur la Ceinture de feu du Pacifique.

Trois volcans se taillent la part du lion à une heure seulement de la capitale. Izalco (1950 m), Santa Ana (2365 m) et Cerro Verde (2035m). Proches les uns des autres ils offrent une étonnante diversité de biodiversité, le dernier étant un Parc national avec forêt nuageuse, steppe d’altitude et lave volcanique où s’épanouissent pâturages et plantations de café. Un vrai bonheur pour les randonneurs ! On en profite pour déguster à quelques kilomètres un repas de poisson dans l’un des restaurants en surplomb du lac de Coatepeque qui s’étale sur 25km2 au centre du cratère d’un volcan éteint, à 700 mètres d’altitude…

La chaîne des volcans au Nicaragua et poupées en costumes traditionnels. @ Lindigomag/Pixabay
La chaîne des volcans au Nicaragua et poupées en costumes traditionnels. @ Lindigomag/Pixabay
Plus d'infos

Quelques bonnes adresses 


Au Nicaragua

 A Leon. Hôtel La Perla. Ses lions de pierre vous accueillent dans un beau bâtiment néo-classique avec patio. Ses 15 chambres ont gardé leur ambiance coloniale.
Iglesia La Merced. 1 Celnorte

www.laperlaleon.com

A Leon. Musée Ruben Dario. Dans cette belle maison coloniale du XIXè siècle le poète passa son enfance. Nombreux meubles, objets et documents autour d’un patio arboré.

Au Honduras

Ile de Roatan. Accès en avion ou par bateau depuis La Ceiba.

Hacienda San Lucas à Copan Ruinas, le village à 4km du site maya. Grand confort dans un cadre colonial de toute beauté. Produits bios et dîner romantique aux bougies…
​ 
www.haciendasanlucas.com
Le Mayan Princess. Un bel hôtel dont les différents pavillons sont ouverts sur la plus belle plage de l’île. Chambres vastes et confortables. Formule séjour tout compris.
West Bay Beach

www.mayanprincess.com

En haut de gauche à droite : Marché matinal à Nahuizalco  et .l'hôtel Acantilados sur la côte Pacifique  @C.G.. en bas de gauche à droite :   Village de Suchitoto et l' Hôtel Los Almendros à Suchitoto @ DR
En haut de gauche à droite : Marché matinal à Nahuizalco et .l'hôtel Acantilados sur la côte Pacifique @C.G.. en bas de gauche à droite : Village de Suchitoto et l' Hôtel Los Almendros à Suchitoto @ DR
Dans le parc naturel de Pico Bonito, à 9km de La Ceiba, l’hôtel La Villa de Soledad est ouvert sur la forêt tropicale et l’accueil est attentif. Parfait pour les amateurs de randonnée, de rafting, d’observation de la flore et faune.
​ 
www.lavilladesoledad.com
Nic-14 Leon
Tél. : +505 2311 2388
A Granada. Le Plaza Colon. Boutique-hôtel face à la cathédrale. Un charme fou et un accueil chaleureux. 
www.hotelplazacolon.com

Au Salvador

A El Tunco, face à l’océan, l’hôtel Roca Sunzal possède 11 chambres et 7 suites avec balcons. Le délicieux restaurant de poissons, en terrasse sur la plage, permet d’observer les surfeurs qui affrontent les vagues.

www.rocasunzal.com
Un détour indispensable pour découvrir le très joli village colonial de Suchitoto, au bord d’un grand lac. Merveilleux hôtel de Los Almendros de San Lorenzo et ses 12 chambres dont 4 suites dans une ancienne hacienda et son enfilade de patios. Exquis raffinement du mobilier et du décor, riche bibliothèque et propriétaires particulièrement accueillants.
4a Calle Poniente

www.losalmendrosdesanlorenzo.com


Au pied du volcan Santa Ana, le Campo Bello propose des igloos privés et confortables dans un esprit glamping (camping glamour) pour voir le ciel étoilé avant de partir grimper au matin jusqu’au cratère du volcan…
Cerro Verde. Canton Las Lomas

www.campobello.com.sv
 


09/11/2019
Catherine Gary





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