Reportage

Norvège, Archipel des Lofoten : un petit air de Polynésie arctique !

Il est un archipel de sept grandes îles au nord du Cercle polaire où l’air est doux, l’agneau délicieux et la mer poissonneuse. Bienvenue aux Lofoten…

Par David Raynal



L’archipel des Lofoten, formé de sept grandes îles, compte 24 000 habitants (Crédit photo Tourism Norway)
L’archipel des Lofoten, formé de sept grandes îles, compte 24 000 habitants (Crédit photo Tourism Norway)
Pays du soleil de minuit l’été et des aurores boréales l’hiver, les Lofoten forment un archipel au large de la côte ouest de la Norvège, au nord du Cercle polaire entre les 67e et  68e parallèles dont les sept îles principales portent les doux noms de Austvågøy, Gimsøy, Vestvågøy, Flakstadøy, Moskenesøy, Værøy et Røst.

Ces îles septentrionales du nord de l’Europe aux eaux turquoise et cristallines sont réputées pour leur pêche abondante, la beauté de leur paysage naturel et leurs petits villages croquignolets. De fin mai à début août, le soleil ne se couche jamais sur les plages blanches aux eaux vertes et claires de cette mer nourricière et poissonneuse.  Les montagnes imposantes aux sommets escarpés reflètent alors l'éclat rougeâtre du soleil de minuit.

Les Lofoten ont commencé à être habitées il y a environ 6 000 ans.

Des vestiges d’une habitation de chef Viking ont notamment été trouvés à Borg sur l’île Vestvågøy. Elle renferme la plus grande salle des fêtes jamais mise au jour.Une réplique du bâtiment a été construite, et le Musée Viking Lofotr à Borg a été inauguré en juin 1995. De son côté, Vågar, près de Kabelvåg, est la seule ville médiévale des régions septentrionales.(Crédit photo Lofotr-Viking-Museum-Northern-Norway)
Des vestiges d’une habitation de chef Viking ont notamment été trouvés à Borg sur l’île Vestvågøy. Elle renferme la plus grande salle des fêtes jamais mise au jour.Une réplique du bâtiment a été construite, et le Musée Viking Lofotr à Borg a été inauguré en juin 1995. De son côté, Vågar, près de Kabelvåg, est la seule ville médiévale des régions septentrionales.(Crédit photo Lofotr-Viking-Museum-Northern-Norway)
 A l’âge de pierre, leurs habitants vivaient de la pêche et de la chasse dans une région qui offrait déjà à cette époque de bonnes conditions de vie.

Tout l’archipel était alors recouvert de forêts de pins et de bouleaux. La faune était abondante : cervidés, ours, rennes sauvages, lynx et castors, sans compter les poissons, phoques et baleines.  L’agriculture s’est rapidement développée, et du blé était déjà récolté aux Lofoten il y a 4 000 ans. L’époque des Vikings a vu l’émergence de plusieurs grands clans. Des vestiges d’une habitation de chef Viking ont notamment été trouvés à Borg sur l’île Vestvågøy. Elle renferme la plus grande salle des fêtes jamais mise au jour. Le bâtiment mesurait 8,5 mètres de large et 83 mètres de long ! Une réplique du bâtiment a été construite, et le Musée Viking Lofotr à Borg a été inauguré en juin 1995. De son côté, Vågar, près de Kabelvåg, est la seule ville médiévale des régions septentrionales.

Le skrei, un poisson miracle

Aujourd’hui encore, les captures de skrei se font à la ligne, au chalut de fond ou au chalut pélagique, à des heures précises, selon des volumes autorisés et rapidement avant que le poisson ne regagne l’océan (Crédit photo Tourism Norway).
Aujourd’hui encore, les captures de skrei se font à la ligne, au chalut de fond ou au chalut pélagique, à des heures précises, selon des volumes autorisés et rapidement avant que le poisson ne regagne l’océan (Crédit photo Tourism Norway).
Depuis plus de 1000 ans, la pêche au  skrei , nom donné au cabillaud durant la période du frai (reproduction), fait  la richesse des Lofoten.

Au Moyen-Age, le roi Øystein considérait cette pêche à la morue tellement essentielle pour le pays qu’il construisit en  1103 une église à Vågan, qui était à l’époque le centre des pêcheries de l’archipel. Le stockfish ou poisson séché à l’air libre préparé à partir de cabillaud en frai, constituait l’essentiel de l’alimentation et était vendu dans presque toute l’Europe. Véritable prince de l’Arctique, le skrei est différent du cabillaud côtier en raison de sa plus grande taille, de sa forme plus pointue et  de sa peau nacrée  et légèrement plus colorée. Chaque année, de janvier à mars, ce poisson charnu de 4 à 5 kg arrivé au bout de 7 à 8 ans à maturité part frayer dans les fjords de l’archipel des îles Lofoten, situées au-delà du Cercle polaire. Il parcourt alors de longues distances pour rejoindre les eaux froides et agitées de ces latitudes extrêmes où il séjourne durant sa période de croissance en se nourrissant surtout de capelan (petit tacaud) et de krill (petit crustacé invertébré).

Le port dans l'archipel des Lofoten où s'amarrent les chalutiers avant de reprendre la pêche du skrei (Crédit photo Tourism Norway)
Le port dans l'archipel des Lofoten où s'amarrent les chalutiers avant de reprendre la pêche du skrei (Crédit photo Tourism Norway)
Au cours de ce rude périple de 2 000 km, son environnement et son alimentation se modifient et on le surnomme alors le « poisson miracle », car seuls les plus robustes d’entre eux arrivent à bon port.

La chair de ce cabillaud haut de gamme, vendue fraiche ou séchée est très ferme, blanche et d’une finesse reconnue par les plus grands chefs. Pour obtenir un poisson séché parfait, il faut que le corps de l'animal frais éviscéré soit exempt de blessures. Même un petit trou d'hameçon risque de perturber son évolution. Lavés soigneusement à l'eau de mer, les poissons sont ensuite joints par deux au niveau de la nageoire caudale, de manière à pouvoir les suspendre à cheval sur des claies de bois. Puis, durant plusieurs semaines encore, il achève de s’affiner à l’intérieur d’une cave sèche et bien ventilée. Après ces traitements, la morue perd 70 % de son poids en eau, mais conserve ses principaux éléments nutritifs : protéines, vitamines, fer et calcium. Aujourd’hui encore, les captures de skrei se font à la ligne, au chalut de fond ou au chalut pélagique, à des heures précises, selon des volumes autorisés et rapidement avant que le poisson ne regagne l’océan. En important, les deux tiers de la production norvégienne,  l’Italie reste le principal marché pour l’excellent stockfish ou stoccafisso des Lofoten.

Influence du Gulf Stream

La pêche à la morue constitue encore l'activité principale des îles Lofoten. Chaque hiver, de nombreux pêcheurs viennent de tout le nord de la Norvège pour pêcher d'énormes quantités de poissons qui seront ensuite salés et séchés à l'air libre (Crédit photo Tourism Norway)
La pêche à la morue constitue encore l'activité principale des îles Lofoten. Chaque hiver, de nombreux pêcheurs viennent de tout le nord de la Norvège pour pêcher d'énormes quantités de poissons qui seront ensuite salés et séchés à l'air libre (Crédit photo Tourism Norway)
Grâce au courant chaud du Gulf Stream, les îles des Lofoten jouissent d’un climat beaucoup plus doux que d’autres parties du monde situées à la même latitude (68 ° nord), telles que l’Alaska et le Groenland. Les Lofoten bénéficient en fait d’un climat océanique.

Les hivers sont doux avec une température moyenne de -1°C et les étés avec  12 °C de moyenne relativement frais. Côté loisir, une partie de golf au Lofoten Links sous le soleil de minuit, constituera, à n’en pas douter, une expérience inoubliable. Mais surtout, il est possible durant la saison estivale de faire du golf 24 h sur 24 et de jouer, si vous parvenez à vous tenir éveillé, 144 trous en un seul tour d’horloge ! La proximité de l’océan, les sommets escarpés des Lofoten et la lumière arctique en constante métamorphose ajoutent une dimension supplémentaire aux parties de golf. Peu de terrains sont situés dans un cadre naturel aussi époustouflant. Avec ses 166 kilomètres, la route nationale touristique est un émerveillement permanent qui passe aussi par des paysages grandioses et spectaculaires. Montagnes majestueuses que l’on croirait sorties des premiers matins du monde, prés verts, plages de sable blanc, bateaux de pêche en bois et cabanes de pêcheurs toutes rouges. Le long de cette route sinueuse et pittoresque, un large choix d’hébergement s’offre aux visiteurs. Campings, hôtels, auberges de jeunesse ou traditionnelles maisons de pêcheur ; il y en a  vraiment pour tous les goûts et bien sûr pour toutes les bourses. Aux Lofoten, les beaux jours promettent d’être hauts en couleur…

Plus d'infos

L'été est la saison propice aux randonnées sous le soleil de minuit (Crédit photo Tourism Norway)
L'été est la saison propice aux randonnées sous le soleil de minuit (Crédit photo Tourism Norway)
Office de tourisme de Norvège 
www.visitnorway.com/France

Un guide pour voyager en Norvège sur :
https://www.jenreviews.com/best-things-to-do-in-norway/

Lofoten 
www.lofoten.info/?id=1847223262
Comment se rendre aux Lofoten ?

Aéroport Evenes de Harstad/Narvik
Il y a des vols quotidiens toute l’année entre l’aéroport d’Oslo Gardermoen et l’aéroport Evenes de Harstad/Narvik. Prendre contact avec SAS ou Norwegian pour réserver ou recevoir les horaires actuels. La durée de vol est d’environ 1 heure et demie.
Vous pouvez aussi prendre le train de Stockholm/Göteborg jusqu’à Narvik. Départs tous les jours de l’année. Réservation et horaires disponibles auprès de Connex.
Entre Narvik et les Lofoten
LOFAST permet de relier sans bateau la Norvège continentale et les Lofoten. La route LOFAST est ouverte depuis le 1er décembre 2007. En voiture, il faut désormais moins de 2 heures et demie pour aller d’Evenes à Svolvær.
Des autocars publics relient tous les jours Narvik (à côté d’Evenes) et Svolvær, et d’autres lieux des Lofoten.

Ces îles septentrionales du nord de l’Europe aux eaux turquoise et cristallines sont réputées pour leur pêche abondante, la beauté de leur paysage naturel et leurs petits villages croquignolets (Crédit photos Tourism Norway)
Ces îles septentrionales du nord de l’Europe aux eaux turquoise et cristallines sont réputées pour leur pêche abondante, la beauté de leur paysage naturel et leurs petits villages croquignolets (Crédit photos Tourism Norway)
Se rendre à Bodø

Il existe des vols quotidiens toute l’année entre l’aéroport d’Oslo et l’aéroport de Bodø. Durée de vol : environ 1 heure et demie. Contacter SAS et Norwegian pour de plus amples information ou encore réserver.

En train, vous pouvez vous rendre à Bodø en partant d’Oslo, Trondheim et Fauske. Liaisons quotidiennes toute l’année. Pour en savoir plus ou pour réserver en ligne, contacter la société des Chemins de fer de Norvège (NSB).


Entre Bodø et les Lofoten

Des vols quotidiens relient Bodø et les Lofoten toute l’année. La durée de vol est de 20-30 minutes. Vous pouvez faire Bodø - Værøy en hélicoptère et Bodø - Leknes, Bodø - Svolvær, Bodø - Røst et Røst - Leknes avec Widerøe.
Les autocars publics fonctionnent tous les jours de l’année entre Bodø (par Fauske) et Svolvær, et assurent d’autres liaisons dans les Lofoten.

Si vous êtes en voiture, vous pouvez prendre le car-ferry de Bodø jusqu’à Moskenes, Værøy ou Røst. Ou bien vous rendre plus au nord de Bodø, à Skutvik, et prendre le car-ferry Torghatten Nord (Tél : +47 90 62 07 00) pour Skrova ou Svolvær.

Des navires à passagers express circulent tous les jours de l’année entre Bodø et Skrova/Svolvær.

Hurtigruten, l’Express côtier de Norvège
Aux Lofoten : Stamsund et Svolvær sont desservis tous les jours par l’Express côtier, à la fois dans le sens nord-sud et dans le sens sud-nord. L'été vous pouvez également faire escale à Raftsundet et Trollfjorden, si vous voyagez avec Hurtigruten de Stokmarknes à Svolvær.

Location de voiture
Il est enfin possible de louer une voiture pour venir aux Lofoten ou en repartir. Pour connaître les compagnies présentes dans les Lofoten, veuillez-vous rendre à l’office du tourisme sur place ou le consulter avant votre départ.

Partez dans l'achipel des Lofoten faire une cure de luminothérapie (Crédit photo Tourism Norway).
Partez dans l'achipel des Lofoten faire une cure de luminothérapie (Crédit photo Tourism Norway).

 


04/06/2014
David Raynal





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