Reportage

"Retour à Cherbourg" : Un nouvel espace de La Cité de la Mer fait revivre le Titanic !

Il y a tout juste 100 ans, le plus beau paquebot du monde heurtait l’iceberg fatal. C’est à la pointe du Cotentin qu’il fit son ultime escale continentale avant de sombrer dans les abysses.

Par Catherine Gary



Quand le Titanic appareillait à Cherbourg

Au départ de Southampton, un migrant, salle à manger 1ère Classe.
Au départ de Southampton, un migrant, salle à manger 1ère Classe.
Il est exactement 17h30 ce 10 avril 1912. Les habitants se sont massé sur les rives de la baie et le long des quais de Cherbourg pour assister à l’arrivée spectaculaire du RMS (Royal Mail Steamer) Titanic, ce mastodonte de 269 mètres de long. C’est le voyage inaugural de ce paquebot réputé insubmersible, orgueil justifié de la marine anglaise. Un événement dont tous les journaux ont parlé.  Cherbourg est sa dernière escale continentale. Après un prochain arrêt à Queenstown en Irlande, vent sur le grand large en direction de New York ! On espère le voir franchir la passe de l’Ouest, mais il est en retard : en quittant Southampton, il a frôlé une collision avec le New York, un autre paquebot amarré dans le port anglais. Rien de grave à signaler. Il a pu continuer sa route. Enfin, sa fine silhouette se profile à 18h30 à l’entrée du port. Les deux transbordeurs, le Nomadic et le Traffic, se dirigent vers lui avec, à leur bord, 274 passagers arrivés le matin même par le train de Paris. Dans un premier temps, les voyageurs de troisième classe franchissent la passerelle, puis c’est au tour des deuxième et première classe. On procède ensuite à la descente d’une vingtaine d’heureux passagers qui n’ont pas prévu la traversée… L’opération étant terminée, le paquebot lève l’ancre. Il est 20 heures, la nuit est tombée, les spectateurs qui sont restés sur les quais ne distinguent plus alors que les milliers de hublots allumés et les quatre immenses cheminées légèrement inclinées du steamer des mers prêt à affronter les plus périlleuses traversées. N’est-il pas insubmersible…

La Cité de la Mer immortalise la dernière escale continentale du Titanic dans sa rade.

Départ (dessin J.Mignot), sur le pont 1ère Classe (copyright Beveridge), Cabine 1ère Classe
Départ (dessin J.Mignot), sur le pont 1ère Classe (copyright Beveridge), Cabine 1ère Classe
 Bernard Cauvin . est un homme heureux. Président et “père“  de la Cité de la Mer (c’est le titre  que lui vaut son implication constante dans le succès de ce musée sous-marin qui ne cesse de s’agrandir), il s’est aussi attaché à la reconversion du Redoutable, le plus grand sous-marin visitable au monde, en musée maritime. Cela fait plus de 10 ans qu’il méditait son projet d’un musée vivant dédié au Titanic. L’inauguration vient d’avoir lieu mardi 10 avril à 18h30, heure à laquelle le paquebot franchissait la passe de l’Ouest. Pour commémorer les 100 ans de l’événement, un orchestre a fait revivre dans la Salle des Pas Perdus de la gare maritime, l’ambiance musicale qui régnait à bord lors des premiers jours de traversée. Massenet, Bizet, Verdi. L’orchestre à bord joua dans les bons moments et, si vite alors, pour prévenir les effets de panique lors de la collision avec l’iceberg.
 N’oublions pas néanmoins que si  le Titanic et sa mémoire occupent en ce moment le devant de la scène,  la visite à la Cité de la Mer est aussi l’occasion de faire revivre l’histoire des 150 années d’épopée transatlantique de ce port de Cherbourg providentiellement situé à la pointe de la presqu’île de La Hague qui possède la rade artificielle la plus grande du monde ! Il est possible d’en faire le tour en bateau pour admirer cette œuvre monumentale qui a demandé des dizaines d’années de travail. Commencée en 1783  sous Louis XVI, elle sera fortement encouragée par Napoléon dans sa lutte contre l’hégémonie de l’empire britannique. La digue centrale mesure 3 640 mètres de long et se dresse à 4 km de la côte. Achevée en 1853 elle est séparée des deux autres digues qui rejoignent la terre par deux passes : ce qui forme un ensemble de 6 kilomètres protégeant une rade de 1 500 hectares ! D’où l’importance du port de Cherbourg pour le trafic transatlantique. Même après que le gouvernement eut désigné Le Havre comme tête de ligne des relations franco-américaines en 1867, les compagnies allemandes et anglaises continuèrent à en faire leur port d’attache.

Embarquez sur le Titanic !

Salon 1ère Classe, Salle de Gymnastique,Salon  Café de Paris
Salon 1ère Classe, Salle de Gymnastique,Salon Café de Paris
Suivez d’abord la Galerie des croisiéristes, face à la rade, et observez au sol les destinations vers lesquelles partaient les bateaux lors de leurs routes autour du monde : Rio de Janeiro, Buenos Aires, Montréal, New York… Pénétrez ensuite dans une immense halle Art Déco, la Salle des Bagages, auparavant fermée au public. Sur des écrans géants, un film sur 3 écrans, “Parcours d’Emigrants“, fait revivre des visages d’hommes, de femmes et d’enfants. Des anonymes qui  espèrent que le nouveau monde leur porte chance. Ils se préparent, échangent des propos, attendent une visite médicale, sourient à l’objectif… Le rêve américain soutient leurs efforts et leur tristesse de migrants. Sur les “murs dynamiques“, des images s’affichent au gré de vos manipulations : contenus de valises, papiers d’émigration, objets de culte, documents d’archives, listes des 281 passagers embarqués à Cherbourg… Puis c’est la descente dans l’Espace Titanic le long d’une coque reconstituée avec tous ses rivets. Vous voici sur le pont avant. Devant vous, l’horizon et ses lumières changeantes selon l’heure du jour. Sur cet écran de 24 mètres de long est projeté un film, “Horizon“, qui laisse monter la dramaturgie jusqu’au choc et au naufrage final…. La visite se poursuit à travers le prisme de personnages qui ont embarqué : leurs photos, les témoignages authentiques de rescapés. Libre à vous ensuite de vous déplacer à travers les cabines, les salons, les cuisines des premières, secondes et troisièmes classes. Du luxe certes, mais aussi du confort : le Titanic ne négligeait pas ses passagers. Ici, le menu affiché des repas de gala ou plus simplement, celui des buffets. Au Bureau de Poste, des tas de cartes sont déjà postées, ainsi que des messages d’espoir ou d’émerveillement prêts à être envoyés… Les postiers sont débordés. Dans la Capitainerie, le moral est au beau fixe pour commencer. Puis le ton change, l’inquiétude et l’angoisse s’installent : l’équipage se confronte au naufrage. Dans la dernière salle, vous prenez connaissance de l’enquête qui a suivi et  du bilan catastrophique de 1 490 morts. Vous y trouvez aussi de quoi poursuivre l’enquête après la découverte de l’épave le  1er Septembre 1985 par Robert Duane Ballard dans le cadre d'une mission secrète pour la marine américaine. Ainsi que durant les nombreuses expéditions qui s'ensuivent de 1986 à 2005.

Photos "Retour à Cherbourg"
Photos "Retour à Cherbourg"
Pratique
- Office du Tourisme de Cherbourg :
www.cherbourgtourisme.com
- Cité de la Mer
www.citedelamer.com
- Titanic, Retour à Cherbourg
www.cherbourg-titanic.com
Horaires : 9h30-10h – 18h30 selon les mois
Tarifs : 18 euros à partir d’avril tout compris par adulte, enfants : 13 euros (gratuit moins de 5 ans).
Animations :
- Vendredis  à 19h : Cap sur le Titanic : visite de la rade (1h30 : 15 euros)
- Vendredis : Sur les traces du Titanic : visite commentée des lieux témoins de l’épopée transatlantique à Cherbourg (gratuit). Co
- Les 3 et 4 août : Les Nuits du Titanic par la Compagnie Pandora.
Ecrans d’eau, fontaines, pyrotechnie et musique. Gratuit.
Hébergement :
- 1 nuit achetée / 1 entrée gratuite :
15 hôtels de la ville offrent une entrée pour une nuit achetée;
Contact Office de Tourisme.

Retour à Cherbourg (copyright Benoît Sanson)
Retour à Cherbourg (copyright Benoît Sanson)


15/04/2012
Catherine Gary





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